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Publié par Dreuz Info le 20 janvier 2018

 

Abbas vient de comprendre que le plan de paix proposé par Trump est coordonné et soutenu par les Arabes. Toute sa stratégie s’effondre. A 82 ans, il tente de riposter : avec des mots.

La décision prise par Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, n’était pas une lubie unilatérale de Trump, mais une composante de «l’accord du siècle», que le président américain et ses conseillers ont conçu, durant les derniers mois, avec le président égyptien Abdel-Fatteh El-Sisi, le prince héritier saoudien Muhammed bin Salman, et le dirigeant des Émirats arabes unis Muhammed Bin Ziyad.

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Première difficulté pour Abbas : sa stratégie s’en trouve ruinée et comment l’expliquer à son public ? Durant les 25 dernières années, il a tenté d’instrumentaliser l’opinion mondiale afin d’obtenir une solution insupportable pour Israël. Encore récemment, il se vantait d’être sur le point de réussir. Maintenant, tout s’écrase sous ses yeux. Alors il hurle que «l’accord du siècle» est la «gifle du siècle». Mais c’est un peut court, cela ne suffit pas.

Bien sûr, ici ou là, il pourra trouver des soutiens internationaux à la «cause palestinienne», mais les portes se ferment car les fonds pour les organismes de l’ONU et les ONG se tarissent. Même ceux des Européens qui n’aiment pas Trump et sympathisent avec les Palestiniens, commencent à y réfléchir à deux fois. Cette fois, il ne leur suffit pas de contrer Israël et les États-Unis, il leur faudrait s’opposer aux dirigeants saoudiens et aux émirats riches en pétrole. D’où leurs réticences. C’est un luxe qu’ils peuvent difficilement se permettre en ces temps de profond déclin économique.

Deuxième difficulté pour Abbas : les critiques du plan de paix américano-arabe reposent sur une mauvaise compréhension. Ce plan est une solution à deux États. Il offre aux Palestiniens leur propre État. Tout au plus, son cadre est différent des propositions de paix antérieures. Envolée la fameuse ligne verte, disparues ces soi-disant frontières d’avant 1967 que Mahmoud Abbas voulaient imposer comme condition sine qua non. Selon les éléments divulgués du plan qui reste à finaliser, l’État palestinien s’établira à partir du territoire actuellement gouverné par l’Autorité palestinienne en Judée-Samarie, formé par la chaîne des villes palestiniennes allant de Naplouse au nord jusqu’à Hébron au sud, en passant par Ramallah et Bethléem. Il sera relié à la bande de Gaza et pourrait acquérir des parties du nord du Sinaï, vraisemblablement Rafah et El Arish.

Ce plan ruine l’objectif de la lutte palestinienne vieille de 50 ans, qui aspirait à un État qui engloutirait Israël et éteindrait le projet sioniste. Car la force et de la survie de l’État palestinien envisagé dépendront de l’Égypte, de l’Arabie Saoudite et des Émirats arabes unis, lesquels entendent maintenir des accords sécuritaires et des liens économiques avec Israël.

Tout cela rend Mahmoud Abbas furieux. Il est tellement hors de lui que, dimanche dernier, devant le comité central de l’OLP, il a maudit la maison de Donald Trump. Lequel a répondu, mardi 16 janvier, en réduisant drastiquement la contribution américaine à l’UNWRA, l’aide aux «réfugiés» palestiniens, la faisant passer de 165 à 60 millions de dollars !

Depuis de nombreuses années, l’UNWRA était un puissant sponsor des gangs qui rallient la «lutte» contre Israël. Leurs membres étaient alimentés par les fonds onusiens, plus stables que les salaires de l’Autorité palestinienne souvent à court d’argent.

Couper les fonds à ses opposants était la clé pour lancer le plan de paix américano-arabe. Trump l’a fait. – Mais, fait peu connu, les Saoudiens, les Émiratis et même le Qatar font de même. Depuis quelques semaines ils ont commencé à bloquer leur aide à l’Autorité palestinienne.

L’Autorité palestinienne et Mahmoud Abbas se retrouvent donc coincés par une entente américano-arabe. Ce qui laisse trois options à Abbas :
– Réaliser qu’il est dos au mur et qu’il n’a pas d’autre possibilité que d’accepter «l’accord du siècle».
– Être évincé par la direction palestinienne et remplacé par un successeur prêt à s’entendre avec Washington, Le Caire, Riyad et Abu Dhabi.
– En revenir à la doctrine d’Arafat, la lutte armée –mais cette fois pas seulement contre Israël, contre des cibles américaines aussi.

Mahmoud Abbas prétend avoir choisi le chemin de la guerre. Hier, mercredi17 janvier, au Caire, dans un discours féroce, il a défié le président Trump. Il a crié : «Jérusalem sera une porte pour la paix lorsqu’elle sera la capitale de la Palestine. Sinon, elle sera une porte pour l’instabilité, l’insécurité, la guerre. Trump doit choisir !»

L’ultimatum d’Abbas au président américain s’accompagne d’une rumeur, que ses amis ont commencé à faire circuler, accusant l’administration américaine de comploter pour le renverser comme président de l’Autorité palestinienne.

Cependant, ligoté par le manque de fonds et son âge avancé, à 82 ans Abbas peut aussi choisir une quatrième option : se retirer volontairement et laisser la place à un chef plus jeune.

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Article de Diane Shalem dans DebkaFile du 17 janvier 2017, traduit et adapté par Patrick Valois pour Dreuz.info.

Source : Abbas’ ultimatum to Trump : Choose between a Palestinian Jerusalem or war

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