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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 24 janvier 2018

Le leader palestinien – on ne peut pas dire président palestinien sans faire une Fake News puisque son mandat de quatre ans s’est terminé en 2008 – a exposé sa vision du peuple juif.

Réécrivant l’histoire sous un angle négationniste qui le conduirait directement devant les tribunaux français, Abbas a prononcé un discours que n’aurait pas renié Faurisson.

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Lors d’une réunion du Conseil central palestinien, le principal organe décisionnel de l’Autorité palestinienne (dont le siège se trouve à Ramallah et pas à Jérusalem), le 14 janvier 2018, Abbas a traité Israël de « projet colonialiste qui n’a rien à voir avec le judaïsme ».

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Le dirigeant palestinien a laissé entendre que les juifs européens ont préféré subir « les meurtres et les massacres » de l’extermination durant l’Holocauste plutôt qu’émigrer vers la Palestine sous mandat britannique, et il a affirmé que le Premier ministre israélien David Ben Gourion avait fait venir des Juifs du Yémen et d’Irak dans le pays contre leur gré.

Abbas a ensuite affirmé que l’État d’Israël a été formé comme « un projet colonial qui n’avait rien à voir avec le judaïsme », dans le but de sauvegarder les intérêts européens.

Le chef de l’AP a fait une démonstration de son interprétation de l’histoire du sionisme, en affirmant que l’État juif avait délibérément provoqué les troubles dans les pays arabes afin de faire partir de force les juifs du Moyen-Orient vers l’État naissant et faiblement peuplé.

Abbas, dans son discours, n’a fait aucune mention de la présence historique des juifs, et des périodes de souveraineté juive en Terre Sainte. Qu’Israël soit le seul endroit sur terre où les juifs ont été souverains, ont eu deux Etats avant la réformation de l’Etat juif en 1948, ne fait pas partie du logiciel d’Abbas.

Son discours de deux heures et demie était essentiellement axé sur la réaction à la décision du président américain Donald Trump de reconnaître que Jérusalem est bien la capitale d’Israël – ce que n’importe quel diplomate qui s’est rendu en Israël aura remarqué.

En réaction au discours, le ministre de la Défense israélienne Avigdor Liberman, a déclaré lundi qu’Abbas avait « perdu la tête ».

« Le colonialisme a créé Israël pour remplir une certaine fonction. C’est un projet colonial qui n’a rien à voir avec le judaïsme, mais qui a plutôt utilisé les juifs comme outils sous le slogan de la Terre Promise », a déclaré Abbas, qui a ajouté qu’il citait l’œuvre de l’intellectuel égyptien Abdel-Wahab El-Messiri. El-Messiri a rédigé une Encyclopédie des juifs, du judaïsme et du sionisme en huit volumes.

« Une fois l’État d’Israël créé, a affirmé M. Abbas, les dirigeants israéliens ont eu du mal à faire immigrer les juifs dans le pays. »

Le dirigeant palestinien a en outre suggéré que les juifs d’Europe – dont six millions ont été exterminés par les nazis – ont choisi cette fin plutôt que d’émigrer.

« Les Juifs ne voulaient pas émigrer, même avec les meurtres et les massacres. Même pendant l’Holocauste, ils n’ont pas émigré. En 1948, le nombre des Juifs en Palestine ne dépassait pas 640 000, la plupart d’entre eux venant d’Europe », a-t-il dit.

La réalité est bien entendu que de 1939 à 1945, les autorités britanniques mandataires ont empêché la quasi-totalité de l’immigration juive en Palestine à la demande des États arabes – conformément au Livre blanc » de Malcolm MacDonald, secrétaire aux colonies, qui a été élaboré à Londres en février 1939.

« Afin de remplir l’état juif naissant, a affirmé Abbas, Ben Gourion a, de mauvaise grâce, commencé à ramener de force les juifs des pays arabes en Israël. »

« Ben Gourion ne voulait pas que les juifs du Moyen-Orient viennent [en Israël]… mais quand il a vu cette terre vaste, il a été contraint de faire venir des juifs du Moyen-Orient… qui ne voulaient pas venir. Du Yémen ils ont fait venir 50 000 Juifs… Mais 50 000 Juifs, ce n’était pas assez. Alors ils sont allés en Irak qui avait de grandes réserves de juifs », a déclaré M. Abbas.

La réalité est qu’environ 49 000 Juifs yéménites ont été amenés dans l’État d’Israël naissant dans le cadre de l’opération «Tapis Volant» (Opération Magic Carpet), dans les années 1949-1950.

Abbas a aussi affirmé que les Israéliens avaient conclu des accords avec les politiciens irakiens « pour enlever la citoyenneté des juifs et les forcer à émigrer ».

« Cela ne leur a pas suffi et ils ont rassemblé tous les juifs des pays arabes, du Maroc à l’Algérie ainsi que ceux de la Tunisie, de la Libye, de l’Égypte, de la Syrie et du Liban », a déclaré M. Abbas.

La réalité que connaissent tous les juifs nés en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Egypte et dans les autres pays arabes est que la création de l’État juif a entraîné des émeutes violentes, des pillages et des attaques contre les populations juives locales, y compris au Yémen, en Irak, en Syrie et en Égypte.

Pour cette raison, environ 900 000 juifs ont fui ou ont été obligés de fuir leurs pays d’origine, suite à la recréation de l’État d’Israël. En conséquence, la population juive du Moyen-Orient (à l’exception d’Israël) et de l’Afrique du Nord a diminué de 856 000 à seulement 4 400 aujourd’hui.

Dans ses commentaires, Abbas a réitéré sa demande que la Grande-Bretagne présente ses excuses au peuple palestinien – alors que le peuple palestinien est né dans les années 60, pour la déclaration de Balfour de 1917, qui a approuvé l’idée de la création de l’État juif.

Paradoxalement, et toujours selon le dirigeant palestinien, l’histoire judéo-britannique relative à la Palestine remonte en réalité à la gouvernance d’Oliver Cromwell en 1653.

« Il avait pensé à déplacer les juifs d’Europe au Moyen-Orient, dans cette région, car ils voulaient que celle-ci devienne une frontière permettant de protéger les convois et les intérêts venant de l’Europe vers l’Orient », a déclaré Abbas au sujet de Cromwell, dont le projet ne s’est jamais réalisé.

Abbas a ensuite rappelé l’histoire du colonialisme européen en Palestine à partir de Napoléon Bonaparte, qui avait également déclaré que les juifs devraient avoir un État dans leur patrie historique, puis à travers les tentatives américaines d’établir des colonies en 1850, d’abord avec des juifs palestiniens locaux, puis avec des chrétiens américains.

En abordant l’histoire de Theodor Herzl, considéré comme le père du sionisme moderne, Abbas a déclaré que ce dernier s’était intéressé, dès l’abord, à l’établissement d’un foyer juif pour venir au secours des juifs européens – ce qui est exact, ce dernier ayant été choqué par l’antisémitisme autour de l’affaire Dreyfus. Se concentrant sur l’un des premiers slogans sionistes, « une terre sans peuple pour un peuple sans terre », Abbas a affirmé que le père du sionisme a appelé au « génocide de la population arabe locale ».

Il est intéressant de rappeler à ce sujet que le génocide palestinien est le seul dont les victimes sont plus nombreuses après le génocide qu’avant.

Abbas a allégué que lorsque Herzl a visité la Palestine et vu des gens qui y vivaient, le père du sionisme aurait dit: « Nous devons éliminer les Palestiniens de la Palestine pour que la Palestine soit une terre sans peuple pour un peuple sans terre ».

Le leader sioniste n’est guère connu pour avoir préconisé le nettoyage ethnique des Arabes palestiniens, et les Palestiniens de l’époque étaient les juifs, mais peu importe, Abbas n’était pas ce jour-là à un mensonge près, ni un autre jour d’ailleurs, puisque le dirigeant a fait sa thèse, en 1982 sur la négation de l’Holocauste : “The Other Side: the Secret Relationship Between Nazism and Zionism.”

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