Publié par Guy Millière le 28 janvier 2018

 

La presse francophone a, bien sûr, apprécié le discours d’Emmanuel Macron à Davos. Elle a adoré sa façon de parler de «flexibilité» tout en soutenant la nécessité de «règles» planétaires, et de compétitivité tout en rejetant la concurrence fiscale («dumping»).

La presse française a été en extase devant des formules telles que «la France est de retour», même si ce ne sont que des formules, sans la moindre substance. Certains journalistes français ont même songé que la France allait devenir le leader du monde occidental ! C’est dire. L’intervention de Donald Trump, deux jours plus tard a été reçue par la même presse francophone avec scepticisme et ironie. Elle a été qualifiée de «ratée» par un journal de Suisse romande.

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Revenons un instant à la réalité, et remettons les pieds sur terre.

  • Emmanuel Macron parle et se fait parfois mégalomane. Il a un auditoire tout acquis avec les journalistes français et européens et, de façon générale, avec les journalistes de gauche. Il dispose de monuments à faire visiter, tel le palais de Versailles, qui renvoient à une splendeur passée. Il n’empêche : comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, les décisions prises depuis huit mois en France ne permettent en aucune façon un retour effectif à la compétitivité pour l’économie française. La croissance se situe toujours alentour de 1,2 pour cent, et le chômage alentour de dix pour cent. Le nombre de pauvres et de zones de non-droit est inchangé. Les prélèvements obligatoires français restent peu ou prou les plus élevés du monde développé.
  • Macron se montre toujours séduit par le «modèle allemand» et soutient Angela Merkel comme le borgne soutient la paralytique. Il n’en reste pas moins borgne et incapable de regarder le monde avec ses deux yeux, et Angela Merkel reste paralysée par ses propres échecs et par le déclin de l’Allemagne qu’elle a largement provoqué, et qui va se poursuivre, avec ses prix d’énergie exorbitants, sa cohorte de travailleurs pauvres, sa dénatalité cataclysmique, ses immigrés inassimilables.
  • Macron veut relancer l’Europe avec Angela Merkel et fait comme s’il ne voyait pas que l’Europe est en train de se fracturer, entre Europe de l’Ouest, qui sombre, et Europe centrale, qui ne veut pas sombrer. Il voudrait que le monde s’encombre de règles façon Union Européenne et ne voit pas que la mondialisation dont il rêve ne fait rêver personne, sinon lui, Angela Merkel, quelques technocrates à Bruxelles, et des pays tels que la Chine, dont les dirigeants sont très heureux de voir des positions telles que celles de Macron, parce qu’elles signifient que des pays qui ne s’encombreront pas de règles (la Chine, par exemple) pourront continuer à avancer sur la surface du monde tandis que d’autres s’effaceront.
  • Trump incarne autre chose, et il est logique que l’autre chose qu’il incarne ne séduise pas du tout la presse francophone, qui passe depuis dix-huit mois son temps à l’insulter et qui semble tellement atteinte d’un dérangement mental anti-Trump qu’elle en perd la raison et la capacité de comprendre quoi que ce soit. Il est logique aussi que ce que Trump incarne ne séduise pas la presse francophone dès lors qu’elle comprend des journalistes qui ne comprennent, pour la plupart, strictement rien à l’économie, et ne savent pas que Marx est mort en 1883 et John Maynard Keynes en 1946.

Trump a été mal reçu par les journalistes à qui il a dit qu’ils étaient des falsificateurs (étonnant, non ?), mais il a été extrêmement bien reçu par les entrepreneurs.

Il n’a pas eu à dire que l’Amérique était de retour, c’est visible, sauf pour les aveugles. Il n’a pas tracé de plans sur la comète planétaire, façon Macron : il n’est pas mégalomane. Et il s’est contenté de donner, de manière précise et concrète, une leçon d’économie très pertinente.

Sa leçon a tenu en quelques formules simples : «L’Amérique est de nouveau compétitive». Et il a pu citer, lui, des chiffres de croissance remarquables et supérieurs à 3 pour cent, des chiffres de chômage qui indiquent une situation de plein emploi (4,1 pour cent), des créations d’emploi sans précédent aux Etats-Unis (2,4 millions d’emplois supplémentaires créés depuis son élection), une création de richesse supplémentaire de 7000 milliards de dollars en un an.

Trump a parlé de concurrence fiscale, de la baisse des impôts sur les entreprises et les individus qu’il a fait voter, et de la rapatriation des capitaux détenus par des entreprises américaines à l’étranger, du fait que tout cela avait permis croissance, plein emploi, et augmentations de salaire. Il a ajouté que la déréglementation qu’il a menée à bien avait joué un rôle très fécond, et souligné que la réglementation est un fardeau fiscal qui ne dit pas son nom, et dont il faut se défaire. Il a repris sa formule «l’Amérique d’abord», en rappelant à l’attention des ignorants qu’elle ne signifie pas l’Amérique seule, mais que les Etats-Unis négociaient des accords en pensant aux intérêts de l’Amérique et du peuple américain. Et il a incité les autres dirigeants du monde à penser aux intérêts de leur propre pays et de leurs propres peuples, plutôt qu’à se situer dans la stratosphère (message pour Macron ?). Il a redit qu’il n’était pas protectionniste (ce qui est absolument exact, mais continue visiblement à tomber dans l’oreille de sourds). Ila rappelé, enfin, que le meilleur programme de lutte contre la pauvreté était la création d’emplois bien rémunérés.

La presse francophone a dit que «deux visions du monde» s’étaient affrontées ; c’est exact. Macron a incarné une vision technocratique, détachée des peuples, celle-là même qui fait que l’Europe de l’Ouest sombre. Trump a incarné une vision entrepreneuriale, respectueuse des peuples, celle qui est en train de rendre effectivement sa grandeur à l’Amérique.

La presse francophone préfère la vision qui fait que l’Europe de l’Ouest sombre.

Elle qualifie Macron de génie et Trump de crétin.

Dois-je dire que je préfère infiniment le «crétin», et que j’aimerais qu’il y ait davantage de «crétins» comme Trump sur terre. Le monde se porterait infiniment mieux.

Je vis au pays du «crétin», et j’en suis heureux.

C’est étrange, mais je n’ai aucune envie de revenir au pays du génie.

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© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

PS J’aurais pu parler de politique étrangère, car il en a été question à Davos. La vision de Macron reste pro-islamique, pro-«palestinienne» et méprise les droits les plus élémentaires des êtres humains, puisqu’il soutient Mahmoud Abbas et Ali Khamenei. La vision de Trump est anti-islamique, anti-terroriste et respecte les droits des êtres humains. Cela doit vouloir dire que Macron est génial aussi en politique étrangère.

J’aurais pu aussi parler d’environnement, car il en a été question à Davos. Il a été question précisément de réchauffement climatique. Sous deux mètres de neige. Mais c’est bien connu, la météo n’est pas le climat, et s’il fait de plus en plus froid, c’est qu’il fait de plus en plus chaud. Et vice versa sans doute. La vérité c’est le mensonge, est-il dit dans le 1984 de George Orwell.

Macron semble persuadé que la terre se réchauffe. Quand on trace des plans sur la comète planétaires, c’est bien le moins, et cela permet des milliers de réglementations asphyxiantes qui multiplient les pauvres.

Macron aime les réglementations asphyxiantes. Il est fondamentalement socialiste, et comme je l’ai écrit plusieurs fois, les socialistes aiment tellement les pauvres qu’ils les multiplient. La France est un pays où on aime les pauvres et où on les multiplie.

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