Publié par Sidney Touati le 26 janvier 2018

La grève des gardiens de prison, en raison de sa durée, de sa violence, de l’incompréhension totale des pouvoirs publics à l’égard du malaise profond éprouvé par le personnel pénitencier, est l’expression non d’un banal conflit du travail, mais d’une véritable crise de l’institution carcérale et partant, de l’Etat.

On pense ordinairement que l’URSS et l’empire soviétique se sont effondrés d’un coup.

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L’examen de l’histoire du bloc communiste montre que cette chute était le résultat d’un long processus de décomposition. La façade communiste s’est effondrée parce que les graves manquements qui affectaient le système dans son ensemble, sont demeurés, en dépit de nombreuses crises, invisibles.

Les dirigeants ne voulaient ni voir, ni entendre, ni comprendre. Enfermés dans leurs croyances dogmatiques, ils poursuivaient dans la même direction, jusqu’à l’effondrement final du système. L’aveuglement était à l’Est et à l’Ouest. Nul n’a vu venir la chute de la deuxième puissance mondiale.

Il semble que nous vivons en Europe et principalement en France, une situation semblable. Tout observateur dont le regard n’est pas obstrué par un dogmatisme idéologique ne peut que faire un bien terrible constat : jour après jour, le pays dégringole ; placé dans les premières places au début du XXe siècle, il caracole aujourd’hui dans le peloton de queue. Partout des fissures béantes menacent la structure : la grande crise qui a secoué la police n’a pas été réglée et le malaise est intact chez les policiers ; même constat chez les pompiers ; idem dans l’Education nationale, les médecins… aujourd’hui ce sont les gardiens de prison qui expriment leur colère, leur ras-le-bol.

Le discours officiel est incapable de prendre en compte les réalités tout simplement parce qu’il ne les voit pas. Sa grille de lecture est sélective. Elle ne peut appréhender les phénomènes que sous un jour particulier. Le langage dominant est entièrement formaté par les catégories forgées dans les années 60-70. La France roule vers le futur, l’œil fixé sur le rétroviseur. Voyez ce qui se dit à Sciences Pô, à l’ENA… le nouveau n’est qu’un badigeon passé sur l’ancienne chape de plomb issue de la vulgate marxiste. Ne cherchez pas la liberté. Il y a longtemps qu’elle a déserté ces hauts lieux où règne la dictature du politiquement correct.

La prison ? Sa perception est dominée par le travail de fond réalisé jadis par l’équipe qui a travaillé avec le philosophe Michel Foucault. En partant de l’unique point de vue du prisonnier, c’est-à-dire de l’agresseur, de l’assassin, maquillé en victime d’un ordre social injuste, une problématique délirante a été mise au point. Foucault décrit la prison ou l’asile psychiatrique, ou l’école… ou la justice… ou le droit… comme autant d’appareils de coercition, de machines destinées au dressage des hommes…

Au plan politique, en bon élève de son maître Foucault, Robert Badinter et ses successeurs ont formulé de nouvelles règles, toutes fondées sur des a priori idéologiques. La ministre Taubira n’a fait qu’achever le tableau avec ses réformes axées sur le souci obsessionnel du bien-être du «délinquant», de son improbable réinsertion…

Au terme de ses travaux sur la «Prison républicaine» (éd. Fayard, 1992) Robert Badinter conclut : «La prison est un mal, une école du crime qu’il convient d’épargner, autant que possible, aux délinquants qui en sont menacés.» (page 390).

La protection d’une société menacée et agressée par ces mêmes délinquants ne semble pas être au nombre des préoccupations de l’honorable avocat et ministre.

Etrange renversement des valeurs. Celui qui menace, agresse ou tue, c’est-à-dire le délinquant ou le criminel, est présenté ici comme un être fragile menacé, corrompu par une institution injuste. Résurgence de vieilles croyances obscures ? Jadis, dans les campagnes lointaines, le médecin n’était-il pas jugé responsable des maladies qu’il diagnostiquait ?

Dans un tel contexte, le «renfermement carcéral» est un crime commis contre les «pauvres prisonniers-victimes» ; se libérer de l’injustice, se révolter contre l’ordre qui les asservit et les abîme devient légitime ; agresser les «gardiens» devient un sport, une forme de lutte de libération. Les plaintes des personnels victimes d’agressions ne sont-elles pas, la plupart du temps classées sans suite par le Procureur ?

Le système ne tient plus, n’a plus de cohérence. La morale officielle est globalement du côté des voyous. Allez assister aux audiences en correctionnelle et vous serez sidérés !

C’est ce qu’ont parfaitement compris les détenus musulmans radicalisés. Ils s’engouffrent dans la brèche. Jadis c’étaient les détenteurs de l’autorité qui «cognaient». Aujourd’hui, c’est l’inverse. C’est l’enseignant, le policier, le pompier, le médecin… bref tout ce qui symbolise l’autorité, qui est non seulement contesté, mais agressé violemment ou susceptible de l’être. L’insécurité, «l’intranquillité» deviennent la norme.

Ceux qui incarnent l’autorité sur le terrain se sentent coupés de ceux qui représentent l’autorité au sommet de l’Etat. Des décennies de propagande ont produit leurs effets : la sympathie, la compassion, la solidarité nationale va aux prisonniers, non à leurs gardiens.

Ces derniers désarmés sont livrés à leurs bourreaux et doivent subir, comme la plupart des citoyens, la maltraitance liée à leur emploi, à leur condition de vie.

Comme la quasi-totalité des valeurs républicaines, la légitimité de la «prison républicaine» a été sapée à la base. La fonction de gardien de prison est devenue un non-sens.

Dans un remarquable article, «Les gardiens de prison, sacrifiés de la politique pénale en faveur de l’islamisme» (Gatestone institute), Yves Mamou décrit le vécu dramatique des gardiens de prison qui vont au travail la peur au ventre.

Cette peur, la plupart des citoyens l’éprouvent dans leur vie quotidienne ; le danger est devenu la toile de fond de leurs faits et gestes… il peut surgir à tout moment… A côté du djihad violent qui est combattu par la police, existe un djihad silencieux qui ne rencontre aucune opposition et qui se manifeste dans les transports, sur les lieux de travail, dans la rue, dans les immeubles, dans les tribunaux, dans les journaux et grands médias… il devient dangereux d’exprimer une opinion non politiquement-correcte…

Ces réalités, nos dirigeants sont incapables de les appréhender politiquement. La messe est dite. Pour le Président Macron et les castes gouvernantes, l’Islam est compatible avec la République et ne présente aucun danger pour nos institutions. Qu’importe si successivement, elles sont toutes fragilisées, dynamitées par la poussée d’un islam protéiforme, porteur d’un message et de règles politiques incompatibles avec les valeurs de la République.

Au bout de la logique actuelle, ainsi que l’annonçait l’ex-président Hollande, il y a «la partition» généralisée. Pour avoir la paix, on va créer des prisons pour «musulmans» (qu’on prend la précaution de qualifier de «radicalisés»). Ces prisons seront gardées, administrées, dirigées, assistées par un personnel exclusivement musulman.

A quand des tribunaux musulmans ?

Il en sera de même dans les «quartiers sensibles» où tout sera islamisé. Médecins, élus, enseignants, entreprises… deviendront très vite autant de «bande de Gaza»… qu’il faudra faire vivre sous perfusion, prendre en charge, financer, subventionner…

Une telle impasse est-elle évitable ? Oui, si… si nos ministres, Présidents et autres «dirigeants» endossaient ne serait-ce que le temps d’une journée, les habits et les fonctions du citoyen de base, ils prendraient la mesure du gouffre de plus en plus grand qui sépare le discours officiel des réalités quotidiennes vécues par chaque français. Si… si…

Ne rêvons pas. Ils ne changeront jamais de démarche. Réalistes ? Ils ne peuvent le devenir. Le mal est trop profond et ils tirent un trop grand profit de la débâcle. Ils sont aliénés, enfermés, noyés dans une idéologie passéiste, forgée après la Deuxième Guerre mondiale, pendant l’épisode de la Guerre froide. Pour se protéger du monde chaotique qu’ils ont créé, ils fonctionnent dans l’hyper-protection ; massification d’un côté, hyper-élitisme de l’autre… on reçoit les grands de ce monde à Versailles, non en Seine Saint-Denis… ou à Trappes…

Pendant ce temps, qu’importe à nos nouveaux grands seigneurs féodaux qu’une partie du pays soit livrée sans défense à ceux qui ont décidé de le dépecer… La France n’est-elle pas à vendre ? Les enchères sont officiellement ouvertes…

Même si l’édifice «Etat» menace de tomber en ruines, si tous les piliers de la République sont chancelants, l’essentiel est préservé. Le principal tient bon. Ce pilier que tous les gouvernements successifs depuis cinquante ans n’ont cessé de renfoncer, c’est le fisc et ses satellites.

La fin du système ne viendra que de la crise fiscale et de celle des finances publiques.

Pour l’heure, la confiance est là. Les Français paient l’impôt et se soumettent bon gré mal gré à tous les prélèvements, à toutes les taxes, à la mécanique de la spoliation généralisée. Comme disait Göring, «on finira par leur faire bouffer la semelle de leurs godasses.»

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