Publié par Hélios d'Alexandrie le 4 février 2018
Peter Strzok et Lisa Page

Dans vingt ou trente ans, les historiens et les penseurs désigneront l’Obamagate comme l’évènement déclencheur d’une remise en question profonde sur le plan moral.

Quand la poussière retombera et que la cacophonie cessera, les sociétés occidentales se retrouveront face à elles-mêmes à s’interroger, non seulement sur le pourquoi et le comment de ce scandale qui frappe les élites et les institutions, mais principalement sur le Tchernobyl moral qui l’a rendu possible.

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Le camp du bien

L’Obamagate est juché sur une montagne de fausses valeurs et de mensonges. À la base se trouve la conviction d’appartenir au camp du bien, celui qui est appelé à décider de l’avenir du pays, voire de l’Occident. Rien ne doit entraver sa mission salvatrice, et rien ne doit empêcher ses chefs et leurs lieutenants d’opérer en toute liberté. C’est pourquoi il leur était important de se saisir du pouvoir moral et de le garder, ce pouvoir est celui de désigner ce qui est bon et ce qui est mauvais pour la société, et il autorise d’élever ceux qui sont vertueux et de rabaisser ceux qui à leurs yeux ne le sont pas.

 

Parce que le camp du bien incarne la vertu, rien ni personne ne doit l’ébranler. Certes il ne s’appuie pas sur une philosophie ou sur un dogme religieux, car étant lui-même sa propre norme, il ne peut être autre chose que ce qu’il pense et dit de lui-même. Cependant l’autorité morale qu’il revendique ne s’impose pas d’elle-même, il lui faut les moyens puissants que procurent les médias, l’enseignement ou plutôt l’endoctrinement et la censure. Formater les esprits et éliminer la concurrence sont de nature à asseoir solidement son pouvoir moral.

 

Du moment que le camp du bien se manifeste dans un lieu ou dans un pays, il fait valoir son autorité morale pour attirer des adhérents; cependant pour mériter d’en faire partie il convient en premier lieu de se départir de son esprit critique, le reste se fera sans effort. Les nouveaux convertis ne tardent pas à entrer dans l’enclos, désormais rien ne pourra les amener à regarder ailleurs. Parti-pris et intolérance vont de pair, ils permettent au sentiment de supériorité morale de s’exprimer et à l’esprit de corps de se manifester partout et à chaque fois que la cause commune rencontre un obstacle.

 

Il est gratifiant et rassurant d’appartenir au camp du bien, assurance et confort moral vont de pair avec tout un catalogue de certitudes et de fausses valeurs. Il en résulte un dualisme qui divise arbitrairement la société et qui ordonne le silence aux réfractaires: ceux qui s’opposent ouvertement à la pensée unique, comme ceux qui cèdent à l’intimidation.

 

Totalitarisme et perversion morale

Il suffit d’appartenir au camp du bien pour que tout péché soit absout d’avance. Distinction est faite entre la morale et la pratique, en fait la supériorité morale accorde un blanc-seing qui autorise de prendre les moyens nécessaires y compris les plus contestables:

Selon divers besoins, il est une science

D’étendre les liens de notre conscience,

Et de rectifier le mal de l’action

Avec la pureté de notre intention. (Molière, le Tartuffe acte IV, scène 5)

Comme on peut le constater il ne s’agit nullement d’une nouveauté. Ce qui est nouveau par contre est l’aspect systématique de la chose et la corruption des esprits qu’elle génère. Le camp du bien engendre la pensée unique et s’attribue la suprématie morale, pour imposer sa dictature sur les esprits, et se mettre au-dessus des lois.

 

Le camp du bien se doit de pervertir la démocratie et de la mettre à son service, tout en faisant croire aux électeurs que leur volonté s’exprime et que leur choix s’impose. La machine médiatique joue le rôle du chien-berger, elle rabat le troupeau et le conduit à l’enclos. L’art de la propagande a beaucoup évolué, il a gagné en subtilité sans rien perdre de sa puissance; les idées et les opinions ne sont plus imposées par en haut, elles découlent naturellement de la désinformation. Les faits sont présentés de telle façon que les conclusions logiques ne peuvent être tirées:

… Et je l’ai mis au point de voir tout, sans rien croire. (Molière, le Tartuffe acte IV, scène 5)

 

La calomnie et la destruction systématique des valeurs

De la même façon que la démocratie est pervertie, les acquis de la civilisation occidentale sont systématiquement attaqués: la liberté de pensée, l’esprit critique, la liberté d’expression, la responsabilité individuelle, la valorisation de l’excellence, la sacralité de la vie, la famille et la communauté, le judaïsme et le christianisme, les traditions et les coutumes, l’art, la culture, la fierté et l’identité nationale, le patriotisme, le sens de l’honneur et du devoir, la loyauté et le courage, le respect de soi-même et des autres, la décence et la bienséance etc. L’objectif est d’en arriver à une société éclatée et sans repères facile à manipuler et à conduire.

 

L’arme redoutable du dénigrement et de la calomnie sert à culpabiliser les gens et à faire taire la dissidence. Réécriture de l’Histoire, dénigrement du passé, culpabilisation systématique, repentance etc. le but est de faire en sorte que les gens aient honte d’eux-mêmes et se résignent à expier les fautes imaginaires qu’on leur attribue. Le but est également de les contraindre à subir sans résistance une immigration de masse qui les rendra étrangers dans leur propre pays. Et pour qui ose s’élever contre cette entreprise d’effacement national et de fragmentation de la société, l’arme de la calomnie est aussitôt mise à contribution: accusations sans fondement, procès d’intention, condamnations sans jugement ni preuves, attaques vicieuses et injures, assassinat de caractère, poursuites judiciaires et j’en passe; le but étant de détruire moralement le dissident et d’intimider tous ceux qui seraient tentés de l’imiter.

 

Donald Trump ou l’abcès de fixation

Les élections américaines de 2016 ont élevé au pouvoir l’antithèse par excellence du camp du bien, un homme bien décidé de mettre fin à cette entreprise perverse de transformation radicale de la société. Ceux qui l’ont élu sentaient confusément le besoin de mettre un terme à la déchéance et à l’hypocrisie, c’est pourquoi ils se sont reconnus en lui et ont applaudi à son rejet de la rectitude politique et à son intention d’inverser le cours des évènements pour rendre à la nation sa grandeur et son unité.

 

Dès l’annonce de sa candidature le système immunitaire du camp du bien s’est mis en marche pour le détruire, tout a été mis à contribution et rien n’a été négligé. La quasi unanimité qui s’est constituée contre lui est un indice qui ne trompe pas de la largeur et de la profondeur des assises du camp du bien, capable en cela de mobiliser la totalité de la gauche, les médias, les élites et une partie non négligeable de la droite. Mais malgré son ampleur et sa diversité, ce mouvement de résistance souffrait d’une tare fondamentale, soit le peu de crédit qu’il détenait auprès de la majorité silencieuse.

 

Malgré l’élection de Trump le camp du bien a refusé de jeter la serviette, alors qu’il feignait de respecter les règles et les conventions du jeu démocratique, il avait même avant les élections, entrepris des manœuvres à la fois immorales et illégales. À cet effet l’État profond, son bras armé, a été instrumentalisé mais sans succès. Ayant échoué dans son entreprise, le seul choix qui s’est offert à lui fut le coup d’État. Les haut-fonctionnaires, responsables de la justice et de la répression du crime, se sont placés au-dessus de la loi dont ils étaient pourtant les principaux garants. Confiants de leur « bon droit » et sûrs de leur impunité, ils ont  usé de calomnies avérées et abusé de leur pouvoir pour espionner et prendre en faute le nouveau président. Ils n’auraient sans doute jamais pris de tels risques s’ils n’étaient soutenus par le camp du bien. Pris en flagrant délit de complicité criminelle avec le parti opposé, ils risquent de jouer le rôle peu enviable de boucs émissaires.

 

En se portant candidat à la présidence Trump a attiré à lui tous les coups, son élection toutefois aurait dû mettre un terme aux attaques mais celles-ci ont redoublé. Toute l’énergie du camp du bien a été mobilisée pour faire échec à sa présidence. Un véritable abcès de fixation s’est formé, c’est comme si la survie du camp du bien ne dépendait que de la chute de Trump. L’abcès finira bien par crever et le président semble en bonne position pour en drainer tout le pus.

 

Le point tournant de l’Obamagate

Avec L’Obamagate le camp du bien à joué son va tout. L’enjeu était d’importance autrement il n’aurait pas eu recours à la dissimulation, à la calomnie, à l’abus de pouvoir et au coup d’État, aux fins d’invalider le processus démocratique et destituer un président légitime.

 

Trump sans le vouloir a forcé le camp du bien à jeter le masque et à se montrer dans toute sa laideur. Mais au lieu de garder le silence, faire son examen de conscience et tirer les leçons de l’évènement, le camp du bien a choisi la fuite en avant, refusant d’admettre ses égarements, persistant dans ses attaques vicieuses et faisant flèche de tout bois. En tentant par tous les moyens de cacher ses crimes derrière des écrans de fumée, il aggrave son cas et achève de perdre toute crédibilité.

 

Il y a un avant l’Obamagate et il y aura sans doute un après. L’avant malgré les zones d’ombre est bien connu, mais les contours de l’après sont flous et il est encore tôt pour prédire ce qui va se passer en Amérique et ailleurs en Occident suite à ce scandale. D’ailleurs seul le premier voile vient d’être levé et l’essentiel reste à venir; mais quelles que soient ses ramifications, son impact sur nos sociétés restera le même. C’est comme si le sortilège des imposteurs et des hypocrites était en train de s’évaporer, mais nos sociétés ne seront pas pour autant tirées d’affaire, le mal dont elles souffrent ne s’éliminera pas comme par enchantement et seul l’avenir dira si elles n’en garderont pas des séquelles permanentes.

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