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Publié par Ftouh Souhail le 4 février 2018

Est-il encore besoin de faire un dessin concernant l’imposture du «printemps arabe» ? Apparemment, pour certains qui ont pris du retard, comme Emmanuel Macron, oui !

Les médias n’en parlent pas beaucoup. Mais le président français, Emmanuel Macron, qui était en visite en Tunisie le 1er février 2018, croit encore dans le pseudo «printemps arabe.»

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«Le printemps arabe n’est pas terminé. On a parlé de printemps arabe, on a parlé de révolution, et beaucoup pensent que cette page est tournée», a asséné M. Macron depuis Tunis, où il se trouvait, dans un contexte d’émeutes et de remords du peuple tunisien déçu par les conséquences désastreuses qu’il subit depuis la chute du régime de Ben Ali.

Ce jeune président français islamophile cherche-t-il à faire se soulever à nouveau les peuples de la région en laissant entendre que la France les y aiderait ?

En Tunisie, dès le lendemain du soulèvement de 2011, les gens faisaient déjà part de leurs appréhensions et de leur scepticisme quant à l’avenir qui allait leur être réservé. Alors qu’au début, les Tunisiens avouaient leurs craintes discrètement, aujourd’hui, ils crient haut et fort leur nostalgie des années stables et prospères de Ben Ali.

A cours d’arguments pour défendre l’indéfendable –la situation en Tunisie étant intenable–, le Président français a tenté un dribble en vantant la «révolution culturelle profonde» qui a garanti «l’égalité entre hommes et femmes, inscrite dans la Constitution adoptée début 2014» et les mesures annoncées par Béji Caïd Essebsi pour «mettre fin à des discriminations entre hommes et femmes».

Macron s’emmêle ainsi les pinceaux en attribuant à la «révolution du Jasmin» ces acquis en Tunisie, alors que tout le monde sait que, bien au contraire, ceux-ci ont prévalu sous le règne de Ben Ali et ont été gravement remis en cause depuis l’arrivée des islamistes au pouvoir et la montée de l’extrémisme religieux en 2011.

Pour tenter de convaincre, Emmanuel Macron approche le cas tunisien par opposition à la Libye voisine, en arguant que les Tunisiens ont «réussi à instaurer un État civil là où beaucoup pensaient que c’était impossible» et ont «fait mentir ceux qui disent que les sociétés où l’islam est présent ne sont pas compatibles avec la démocratie.»

Un soutien à peine de voilé à la branche locale des Frères musulmans, Ennahdha, et de l’islamiste Rached Ghennouchi.

«La France sera à vos côtés pour que vous réussissiez ce formidable printemps qui n’a pas fini de bourgeonner», a conclu l’hôte islamophile de la Tunisie, sans expliquer dans quel sens et pour quels objectifs Paris assurera ce soutien, d’autant que, pour le moment, le «printemps arabe» loué par le président islamophile français, a engendré en Tunisie, en Égypte, et en Libye, une montée de l’islam politique mais aussi un désastre économique et social.

Du Caire à Tunis, à Tripoli, les pauvres sont plus pauvres, les classes moyennes laminées, les économies encalminées et la misère sont généralisées. L’espoir a cédé la place à un désastre.

Les conséquences de cette imposture du «printemps arabe» n’en finissent pas, notamment en Méditerranée.

Environ 90 migrants ont disparu, vendredi 2 février 2018, dans le naufrage de leur bateau au large des côtes libyennes, a indiqué l’agence de l’ONU pour les migrants (OIM). «Dix corps ont échoué sur les côtes libyennes», a déclaré aux médias à Genève une porte-parole de l’OIM, Olivia Headon.

«Deux des survivants ont nagé jusqu’à la côte», tandis que le troisième a été «secouru par un pêcheur», a-t-elle expliqué. Selon ces survivants, au moins 90 migrants pourraient avoir perdu la vie lors de cette tragédie. La majorité d’entre eux étaient des Pakistanais.

Depuis le déclenchent du soi-disant «printemps arabe» et l’effondrement de la Libye, ce pays est devenu une zone de passage vers l’Europe.

  • En 2017, 3 138 Pakistanais sont arrivés en Italie après avoir traversé la Méditerranée depuis la Libye, selon l’OIM. Cette année, les chiffres concernant les Pakistanais sont pour l’instant plus élevés, avec environ 240 arrivés en Italie en janvier 2018 contre seulement 9 en janvier de l’an dernier.
  • En 2017, plus de 3 100 migrants sont morts ou disparus en tentant de traverser la Méditerranée pour rejoindre l’Europe, dont plus de 2 800 au large de la Libye, selon un décompte de l’OIM.

Au lieu de défendre le pseudo «printemps arabe», M. Macron ferait mieux de s’occuper de son pays

Il fallait s’y attendre. Lorsque M. Macron ment aux Tunisiens pour camoufler la faillite du «printemps arabe», cela finira par provoquer de graves troubles dans plusieurs pays d’Europe.

Ce qui s’est passé cette semaine au camp de réfugiés de Calais, dans l’extrême nord de la France, a semé un véritable vent de terreur chez les Français, qui accusent leurs responsables politiques d’un grave laxisme vis-à-vis de la question des migrants.

Le 1er février 2018, le jour où M. Macron affabulait autour du pseudo «printemps arabe» à Tunis, des heurts entre réfugiés érythréens et afghans ont fait plusieurs blessés dont certains sont entre la vie et la mort. Cette situation a fait dire au ministre français de l’Intérieur que des mesures devaient être prises pour faire comprendre aux demandeurs d’asile que leur désir de s’établir en Europe est vain.

Les dirigeants français, influencés par des ONG droit-de-l’hommistes zélées, commettent les mêmes erreurs depuis des années, alors que la France fait face à une montée sans précédent de l’extrémisme musulman, qui a débouché déjà sur une vague de terrorisme musulman cette fois d’une ampleur et d’une sauvagerie jamais égalées. Les errements politiques passés sont donc réédités par Emmanuel Macron.

François Hollande fit de même en s’ingérant de manière directe dans la crise syrienne, interférant dans la politique intérieure de ce pays livré à une guerre civile qui a fait plus de 300 000 morts et dans laquelle la France est partie prenante, puisqu’elle a armé et financé les milices sunnites armées baptisées «armée libre syrienne».

Les camps de réfugiés qui ont poussé en Europe au lendemain de ce que Paris a encouragé au Moyen-Orient et au Maghreb, et auxquels il a donné le qualificatif fallacieux de «printemps arabe», sont une véritable bombe à retardement.

Non seulement les cohortes de réfugiés musulmans fuyant la Libye, la Syrie, l’Irak et d’autres pays en guerre ou en difficulté ont entraîné dans leur sillage une grave crise sécuritaire, mais leur présence de plus en plus nombreuse en Europe conduira à une guerre culturelle qui menacera l’identité française et européenne.

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