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Publié par Gaia - Dreuz le 14 février 2018

À la surprise générale, la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris a relaxé le «logeur de Daech» mais a déclaré coupables les deux autres prévenus.

«On m’a demandé de rendre service, j’ai rendu service.» Le 18 novembre 2015, cette petite phrase prononcée sur BFMTV a suffi à faire de Jawad Bendaoud la risée du Web. Un peu plus de deux ans plus tard, à son procès, il s’est illustré par ses «punchlines» abondamment reprises qui ont fait de lui la risée des prétoires. Les victimes des attentats du 13 novembre, leurs proches et les anciens habitants du 48 rue de la République à Saint-Denis, eux, n’ont pas ri. La présidente de la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris et ses assesseurs non plus.

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Pourtant, à la surprise générale, le tribunal a annoncé ce mercredi, vers 16h30, qu’il relaxait Jawad Bendaoud. Un jugement accueilli avec jubilation par le prévenu, qui est allé jusqu’à embrasser le crâne de son avocat Me Xavier Nogueras. Poursuivi pour «recel de malfaiteurs terroristes», le «logeur de Daech» risquait jusqu’à six ans de prison. Le substitut du procureur avait réclamé quatre ans d’emprisonnement à son encontre.

Sur le cas de Mohamed Soumah, l’intermédiaire entre Jawad Bendaoud et Hasna Aït Boulahcen, le tribunal s’est montré plus ferme que le procureur lui-même. Le représentant du ministère public avait estimé que le prévenu ne savait pas que les «locataires» étaient terroristes, et avait donc réclamé quatre ans de prison. La présidente a au contraire assuré que Mohamed Soumah «ne pouvait ignorer que les fugitifs étaient des terroristes» et a donc condamné «Mouss» à cinq ans de prison ferme.

Enfin, le procureur avait réclamé une peine de cinq ans de prison assortie d’un mandat de dépôt à l’encontre de Youssef Aït Boulahcen, frère d’Hasna, jugé pour «non-dénonciation de crime terroriste . «On a affaire à un personnage qui fait froid dans le dos, [au] profil vraiment inquiétant», avait-il souligné. La présidente Isabelle Prévost-Desprez et ses assesseurs ont finalement choisi de condamner Youssef Aït Boulahcen à quatre ans de prison, dont un an avec sursis, sans mandat de dépôt. «Vous saviez que votre cousin était impliqué dans un nouveau projet d’attentat», a insisté la magistrate.

«J’ai envie de faire justice moi-même»

Dès l’annonce du jugement, les réactions ont fusé, tant au Palais de justice que sur les réseaux sociaux. «Je ne m’y attendais pas», a ainsi déclaré au Figaro le père d’une des victimes du Bataclan, sous le choc de la relaxe de Jawad Bendaoud. «Je n’ai jamais vu ça, c’est un scandale. Jawad a embobiné tout le monde. Je suis révolté, j’ai envie de faire justice moi-même.»

Un procès, deux semaines, trois prévenus…

Rarement un procès en correctionnelle aura pris une telle ampleur. Pendant deux semaines, le Palais de justice de Paris a mobilisé trois salles pour accueillir les 3 prévenus, 120 avocats, 150 journalistes accrédités et 687 parties civiles, même si nombre de ces dernières n’ont pas pu, ou pas voulu, assister aux audiences. Des dizaines d’avocats de victimes se sont réunis dans un collectif pour organiser plus efficacement leur travail avant et pendant le procès.

Face à une présidente imposant le respect, chacun des trois prévenus a vite démontré sa personnalité – ou son rôle: un Youssef Aït Boulahcen discret et policé au premier rang, un Mohamed Soumah la plupart du temps calme mais sombrant parfois dans la vulgarité, et un Jawad Bendaoud énervé et volubile dans le box. Le public a eu droit à quelques surprises: les menaces du «logeur de Daech» envers un avocat, la dispute entre plusieurs avocats, la violente altercation entre Jawad Bendaoud et Mohamed Soumah dans leur box, l’intervention de la ministre de la Justice, les réquisitions du procureur jugées peu sévères,…

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Outre les sorties rocambolesques de Jawad Bendaoud, la 16e chambre aura aussi été le théâtre de quelques moments d’émotion – ainsi des auditions de certaines victimes et de la lecture des 687 prénoms des parties civiles par quatre avocates – et de nombreux débats techniques portant sur les qualifications retenues contre les détenus. Voici à quoi aura ressemblé le premier procès lié aux attentats du 13 novembre 2015. Avant, peut-être, un procès en appel.

Source : Lefigaro.fr

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