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Publié par Ftouh Souhail le 14 février 2018

Alors que la Turquie s’enlise en Syrie après 25 jours d’offensive meurtrière dans le nord de ce pays et le débarquement de l’armée d’occupation turque à Afrine, le dictateur d’Ankara semble vouloir ouvrir un nouveau front, cette fois contre deux de ces voisins chrétiens.

Recep Tayyip Erdogan a, selon la presse truque, mis en garde très durement la Grèce et la partie grecque de Chypre en mers Egée et Méditerranée.

Le dictateur islamiste s’est exprimé, mardi 12 février 2018, lors de la réunion de groupe au Parlement turc du Parti de la justice et du développement (AK Parti) dont il est aussi le président. Il a tout particulièrement menacé les Grecs et les Chypriotes.

« Il faut savoir une chose : la Turquie n’est pas un État à prendre à la légère. Notre tradition étatique date de plusieurs siècles. Nous agirons donc en fonction de cela. Nous surveillons tout ce qu’il se passe dans la région», a-t-il déclaré.

Le sultan turc a voulu aussi transmettre un double message menaçant pour la Grèce et la partie grecque de Chypre au sujet d’îlots et rochers se trouvant en méditerranéenne et en Mer Egée. Les autorités turcs ont multiplié ces derniers temps les provocations dans les eaux territoriales de ces deux pays.

Dans le même temps, les autorités turcs continuent de provoquer les Grecs de Chypre-Sud qui mènent des sondages de gaz naturel en Méditerranée, malgré les avertissements de Recep Tayyip Erdogan qui s’oppose à toute exploration qui violerait les droits de la soi-disant République turque de Chypre Nord.

C’est bien cette même entité coloniale turque que Recep Tayyip Erdogan défend aujourd’hui.

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Cet État autoproclamé est seulement reconnu par Ankara. Le 20 juillet 1974, l’aviation turque bombarda le nord de l’île de Chypre pendant que l’infanterie l’envahissait. L’objectif  était de faire de la partie nord de l’île un État exclusivement turc et de religion musulmane. L’armée turque, forte de 30 000 soldats appuyés par l’aviation, commença à appliquer une sévère politique d’épuration ethnique contre  180 000 Chypriotes grecs qui habitaient la zone nord de l’île.

Pourtant, en tant qu’État succédant à l’Empire ottoman, la Turquie avait renoncé par le traité de Lausanne de 1923 à toutes ses revendications sur l’île de Chypre. Malgré ce traité, les différents gouvernements turcs qui se sont succédé ont commencé dans les années cinquante à revendiquer la portion nord de l’île de Chypre. Dans les années 1960, ces revendications sont devenues des menaces et des actes d’agression contre Chypre.

Une menace d’agression contre deux membres de l’Union Européenne 

Recep Tayyip Erdogan a même voulu faire le lien avec les agissements de son pays dans le nord de la Syrie et avec la Grèce et la partie grecque de Chypre en Mer Egée et autour de l’île méditerranéenne.

«Il ne faut pas croire que nous n’avons pas vu les initiatives opportunistes concernant le gaz naturel autour de Chypre et concernant des îlots en mer Egée. Nous avertissons ceux qui cherchent à profiter de nos opérations au Sud (Afrin/Syrie) pour dépasser les limites à Chypre et en mer Egée. De la même manière que nous avons déjoué les plans des opportunistes à nos frontières du Sud, avec les opérations Bouclier de l’Euphrate et Rameau d’olivier, et très bientôt à Manbij et les autres régions, nous le ferons aussi avec eux à Chypre et en mer Egée», a-t-il averti.

Le dictateur turc Erdogan a ensuite appelé les sociétés étrangères qui prennent part à ces recherches autour de Chypre à ne pas collaborer avec les autorités grecques de l’île.

«Je conseille aux société étrangères de ne pas se fier aux autorités grecques de Chypre du Sud pour entreprendre des choses qui les dépassent. Car leur courage disparaît quand nos navires, nos avions et notre armée arrivent. Les accords concernant ces sondages n’ont aucune valeur», a-t-il souligné.

Erdogan a affirmé que la Turquie est déterminée à protéger «ses droits conférés par l’Histoire, les accords et le droit international». «Pour nous, nos droits en mer Egée et à Chypre sont les mêmes qu’à Afrine», a-t-il martelé.

Toutes ces menaces sont proférées ouvertement et clairement contre deux pays européens alors qu’aucune capitale européenne n’ose dire un mot jusqu’à l’écriture de ces lignes. Pouvez vous imaginez, un seul instant, la réaction des chancelleries européennes et des médias si c’était un digérant juif israélien qui lançait ces avertissements ?

L’aviation turque viole l’espace aérien de la Grèce

Les médias grecs rapportent que des chasseurs de l’aviation turque ont violé l’espace aérien grec le 7 février dernier.

Selon un communiqué du ministère grec de la Défense, des avions de combat turcs avaient violé, ce jour là et à neuf reprises, l’espace aérien de la Grèce.

« Des F-16 de l’armée de l’air turque sont entrés à plusieurs reprises dans l’espace aérien grec en mer Égée mais ils se sont heurtés à la réaction rapide et à temps des chasseurs grecs et ont fini par s’en retirer », a souligné le ministère grec de la Défense.

Selon le communiqué ministériel, toutes ces violations de l’espace aérien grec ont été réalisées par des avions de guerre turcs au-dessus des îles de la mer Égée.

La tension est montée d’un cran entre les deux pays suite aux violations incessantes de ces derniers mois de l’espace aérien de la Grèce par le régime turc.

D’après les médias grecs, en l’espace d’un seul mois, les chasseurs de l’armée turque sont entrés à 353 reprises dans l’espace aérien grec et à chaque fois, ils ont été forcés de quitter le territoire grec grâce à la réaction rapide de l’aviation du pays.

Récemment les intrusions se sont intensifiées, ce qui est source d’inquiétude. Les bâtiments de guerre turcs étaient aussi entrés dans les eaux grecques avant d’être alertés et repoussés par la force maritime grecque.

La Turquie ne cesse de mettre en question le traité de Lausanne régissant le tracé des frontières entre les deux pays et demande la révision de la démarcation de ces frontières. De son côté, la Grèce a, plus d’une fois, déclaré ses frontières « frontières de l’UE » et a demandé aux dirigeants de cette union de ne pas rester silencieux face aux agissements provocateurs d’Ankara.

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L’Égypte met en garde la Turquie

Le porte-parole du ministère égyptien des affaires étrangères, Ahmad Abu Zeyd, a mis en garde contre « tout effort pour enfreindre le droit de souveraineté de l’Égypte sur la zone économique exclusive à l’est de la mer Méditerranée».

Abu Zeyd a réagi la semaine dernière aux déclarations du ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavusoglu, concernant le refus de reconnaître l’accord signé entre l’Égypte et Chypre en 2013 définissant leurs frontières maritimes.

« Personne ne peut remettre en cause l’accord de 2013 qui démarque les frontières maritimes entre l’Égypte et Chypre. Cet accord est en harmonie avec les lois internationales et a été présenté à l’ONU en tant qu’un accord international », a-t-il affirmé.

L’accord entre l’Égypte et Chypre porte sur la gestion et l’exploitation des ressources naturelles de la zone économique exclusive des deux pays dans l’est de la mer Méditerranée.

L’accord de 2013 entre l’Égypte et Chypre porte sur la gestion et l’exploitation des ressources naturelles de la zone économique exclusive des deux pays, dans l’est de la mer Méditerranée.

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