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Publié par Ftouh Souhail le 16 février 2018
Dan Coats

Le directeur du renseignement national des Etats-Unis Dan Coats a estimé ce mercredi 14 février 2018 que les opposants n’avaient plus aucune chance de renverser le gouvernement de Bachar al-Assad.

Au cours d’une audience au Comité sénatorial du renseignement du Congrès américain, il a déclaré: « Le rapport de force a changé en Syrie si bien que le terrain a été balisé pour l’Iran et la Russie, deux alliés de la Syrie. »

Après sept années de guerre, a-t-il poursuivi, les opposants syriens ne pourront plus renverser l’ordre syrien en raison des défaites cuisantes qui les ont affaiblis.

Le directeur du renseignement national des États-Unis a également dit que Moscou ne sera pas en mesure de convaincre le président syrien d’opter pour une solution politique car, pour Bachar al-Assad, ce mécanisme affaiblirait son autorité.

« Il se peut que le chef d’État syrien assiste aux négociations de paix mais il ne quittera jamais ses fonctions ou ne fera pas de concessions remarquables à ses opposants », a-t-il expliqué.

Il a également affirmé  que la Russie et l’Iran « envisageaient de maintenir une présence en Syrie dans la durée et d’y créer des bases militaires, afin d’arracher des contrats d’exploitation des champs pétroliers avec le gouvernement« .

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Depuis sept années la Syrie est plongée dans une spirale de conflits générée par la présence des groupes rebelles soutenus par certains pays sunnites de la région.

Washington a dépensé 12 milliards de dollars pour renverser al-Assad

Ben Norton, le journaliste spécialiste du Proche-Orient, a révélé  dans un long article publié cette semaine sur le site d’informations The Real News que les Etats-Unis ont mobilisé, rien que ces cinq dernières années, des milliards de dollars pour renverser le président syrien Bachar Al-Assad.

Le journaliste américain appuie notamment son article sur un témoignage écrit par l’ex-ambassadeur en Syrie, Robert S. Ford, que ce dernier avait préparé, le 6 février 2018, en vue d’une audition par la Commission des Affaires étrangères du Congrès.

L’ancien diplomate américain, qui est actuellement attaché supérieur au Middle East Institute (un think tank très influent à Washington largement financé par les gouvernements des Émirats arabes unis et l’Arabie Saoudite) indique que Washington a déboursé, rien qu’entre 2014 et 2017, au moins 12 milliards de dollars en dépenses militaires et civiles.

Ces 12 milliards, a-t-il précisé, s’ajoutent aux milliards déjà dépensés pour amener un changement de régime en Syrie pendant les trois années précédentes, après l’éclatement de la guerre en 2011. «(…) Si vous additionnez tous ces chiffres, les dépenses militaires et civiles des Etats-Unis en Syrie au cours des quatre dernières années s’élèvent à au moins 12 milliards de dollars», a dit Ford dans son témoignage, tout en suggérant que c’était de la folie d’avoir mis autant d’argent dans un tel plan. Surtout pour un plan qui a fini par tomber et qui n’a pas abouti à la capitulation du dictateur.

Dans le même article, il est rappelé que Joshua Landis, expert universitaire de haut niveau sur la Syrie, suppose que le chiffre de 12 milliards de dollars ne comprend probablement pas les dépenses de la CIA.

Le New York Times a noté que le programme de la CIA en Syrie était «un des efforts les plus coûteux de l’Agence pour armer et entraîner des rebelles depuis son programme d’armement des moudjahidines en Afghanistan dans les années 1980», programme qui a donné naissance à Al-Qaïda et aux Talibans.

Ben Norton indique que, dans tous les cas, «ces chiffres impressionnants jettent un jour nouveau sur les sommes exorbitantes que les Etats-Unis ont dépensées pour tenter de renverser le gouvernement de Damas».

«Ils contredisent aussi formellement les affirmations des soutiens de l’opposition syrienne qui prétendaient que le président Obama “n’avait rien fait” en Syrie ou qu’il n’avait pas tenté d’y provoquer un changement de régime avec assez de ferveur», poursuit le journaliste.

Selon la même source, «le département d’État américain, l’USAID et d’autres agences gouvernementales américaines ont refusé de fournir de l’aide humanitaire aux régions occupées par les forces gouvernementales et ont, en revanche, expressément utilisé leurs fonds pour arroser les infrastructures politiques, civiles et sanitaires des territoires tenus par les rebelles, y compris les régions gouvernées à l’époque par la branche syrienne d’Al-Qaîda, Jabhat Al-Nusra».

Même les Kurdes ont fini par capituler devant al-Assad

A la surprise générale hier, le gouvernement syrien et les miliciens ont convenu que l’armée syrienne sera déployée à dans la ville kurde d’Afrin.

Selon les médias arabes, Damas et les forces des YPG se sont accordés sur le déploiement de l’armée syrienne dans la localité d’Afrin. Le gouvernement de Damas et les Unités de protection du peuple (YPG) avaient trouvé un accord en vertu duquel l’armée syrienne sera déployée à Afrin, où l’armée turque mène actuellement ses opérations.

Selon ces sources, cet accord est intervenu en vue de faire face aux attaques turques dans cette région.

Alors que l’armée turque et les forces qu’elle commande avancent vers Afrin, les miliciens kurdes ont été obligés d’accepter la proposition de Damas de déployer l’armée dans cette localité. Et ce alors que les YPG avaient auparavant prétendu qu’elles étaient capables, à elles seules, de se défendre face aux forces turques.

Depuis le début des opérations militaires de la Turquie à Afrin, l’armée syrienne avait proposé aux Kurdes que les forces syriennes y soient déployées en vue d’empêcher les opérations lancées par la Turquie mais les Kurdes ne l’avaient pas accepté.

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Le 20 janvier 2018, la Turquie a lancé l’opération Rameau d’olivier contre les forces kurdes des YPG, branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), dans l’objectif de chasser ces derniers de la ville et de la région d’Afrin.

Cette expédition a eu lieu après que les Etats-Unis eurent annoncé qu’ils avaient l’intention de créer une force de sécurité de 30 000 Kurdes dans le nord de la Syrie.

Des habitants d’Alep en Syrie se sont rassemblés, ce jeudi 15 février, sur la place Saadollah Jaberi afin d’exprimer leur colère quant à la présence des troupes américaines dans leur pays.

Les manifestants ont scandé des slogans anti-américains, dénonçant le soutien de Washington aux rebelles, clamant l’unité de Syrie et appelant la communauté internationale à mettre un terme aux soi-disant agressions américaines contre la terre et la nation syriennes.

La semaine dernière dans la nuit du 7 au 8 février, l’aviation de la coalition internationale dirigée par Washington a frappé les forces pro-gouvernementales syriennes dans la province de Deir ez-Zor. Depuis ce jour, le bilan des victimes de cette attaque reste vague.

Les médias américains ont fait état de 200 morts parmi les forces pro-gouvernementales, en laissant sous-entendre que des dizaines de soldats ou mercenaires russes font partie des victimes, mais par contre les médias russes disent quant à eux que cinq Russes ont été tués en Syrie lors de cette frappe américaine.

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