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Publié par Gaia - Dreuz le 19 février 2018

Mélina Boughedir est visée par un mandat de recherche en France.

La Cour pénale centrale de Bagdad (Irak) a remis lundi en liberté une djihadiste française qu’elle venait de condamner à sept mois de prison pour « entrée illégale en Irak », car sa peine était couverte par sa détention préventive. Son expulsion a été ordonnée, elle restera en prison quelques jours le temps que ses documents de sortie soient établis. La peine tranche avec la sévérité avec laquelle, hier dimanche, des femmes arrêtées à Mossoul ont été condamnées.

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Mélina Boughedir, 27 ans, avait été arrêtée par l’armée irakienne le 9 juillet dernier à Mossoul, l’ancien bastion djihadiste dans le nord du pays, avec ses quatre enfants, deux garçons et deux filles alors âgés de 5 mois à 6 ans. Elle était parvenue à survivre recluse pendant trois semaines dans un immeuble de Mossoul avant d’être arrêtée aux dernières heures de la bataille pour reprendre la ville. Les avocats français de la jeune femme avaient appelé la France à les faire rapatrier, au nom d’une « obligation morale » à l’égard d’une famille française.

Originaire de Seine-et-Marne, Mélina et son mari Maximilien, originaire des Yvelines, avaient quitté leur domicile de Nanterre en 2015 pour se joindre à la cause de l’organisation djihadiste, en Syrie d’abord, puis en Irak. En juillet, lors de l’arrestation de Mélina et de ses enfants, RMC avait raconté que la famille disait ne plus soutenir Daech depuis une année et avait demandé à plusieurs reprises à rentrer en France. Mais la question du rapatriement de ressortissants, dont on peut difficilement savoir s’ils ont combattu ou sincèrement tourné le dos à l’organisation islamiste, divise toujours en France. Alors porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner avait estimé que la Française devait être jugée en Irak car elle n’était pas au cœur de la bataille de Mossoul « pour faire du tourisme ».

L’agence Associated Press, citant des sources irakiennes, avait en outre affirmé que Mélina était membre des brigades féminines de la police morale de l’organisation Etat islamique, Diwan al-Hisba.

Devant la cour, ce lundi, la jeune femme a assuré en arabe être entrée en Irak en octobre 2015 à partir de la Syrie, qu’elle était « femme au foyer » et que son mari, un Français dénommé Maximilien, qui était cuisinier, avait été tué lors de la bataille de Mossoul. En juillet, aucune information n’avait été donnée sur le sort du mari.

Maximilien Thibaut est ou était connu de l’antiterrorisme français et de la justice. En juillet 2015, il avait été condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis, dans le procès de Forsane Alizza, un groupuscule islamiste pro-djihad. Dans l’arrêté ministériel de 2012 gelant les avoirs du groupe, Maximilien Thibaut, époux de Mélina Boughedir, apparaissait comme « membre actif de Forsane Alizza ».

Depuis juillet, trois des quatre enfants ont pu rentrer en France. La jeune femme a comparu avec son dernier fils dans les bras, selon l’AFP.

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Le président lui alors demandé si elle regrettait ce qu’elle avait fait. « Oui », a-t-elle répondu en français avant de se reprendre en arabe : « naam ». Il lui a ensuite demandé si elle avait un avocat et, devant sa réponse négative, lui en a commis un d’office. Ce dernier s’est borné à expliquer que l’accusée « était jeune » et qu’elle « n’avait pas participé à des actes de violence ». « Elle restait à la maison », a-t-il dit. Le président de la cour a ensuite pris la parole pour la condamner « en vertu de la loi sur les étrangers de 2017 » car elle était entrée sur le territoire sans visa.

Selon une source proche du dossier, Mélina est « visée par un mandat de recherche diffusé dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en France ».

Source : Leparisien.fr

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