Publié par Ftouh Souhail le 17 février 2018

Peut-on vraiment parler de pays souverain quand ce dernier est incapable de décider seul ce qu’il peut faire pour protéger ses frontières ?

La dictature en Algérie n’est-elle pas en train de l’emporter, après avoir retiré à son petit voisin son autonomie de décision ? La Tunisie a été obligée de refuser une proposition de l’OTAN de sécuriser la frontière avec son grand voisin de l’est. La frontière algéro-tunisienne est le théâtre, depuis la fin de l’année 2012, d’affrontements incessants opposant l’armée tunisienne, qui est peu expérimentée, à des groupuscules djihadistes très actifs.

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Le ministre de la défense tunisien, Abdelkrim Zbidi, a affirmé que son pays a refusé une proposition de l’OTAN portant sur « le contrôle des opérations militaires, l’analyse de l’information sécuritaire dans un centre de contrôle de l’armée tunisienne près de la frontière algérienne

Cette position a été, vraisemblablement, adoptée par la Tunisie sur ordre de l’Algérie.

Selon le journal algérien El-Bilad qui a rapporté l’information, le ministre tunisien a affirmé, lors d’une séance de questions orales au parlement tunisien, que l’OTAN a proposé à son pays « l’organisation d’opérations de contrôle sur sa frontière avec l’Algérie sous la couverture d’une aide logistique et technique pour l’aider dans sa lutte contre le terrorisme, chose que nous avons refusée ».

« L’OTAN nous a proposé d’envoyer des experts permanents au centre militaire de Gabès pour veiller à la planification et au contrôle des opérations militaires, et l’analyse de l’information sécuritaire pour lutter contre le terrorisme, et ce, contre une aide de trois millions d’euros », a ajouté le ministre tunisien.

Un avertissement du président d’Abdelaziz Bouteflika

Le président algérien avait adressé une mise en garde à son homologue tunisien de tout déploiement de l’OTAN aux frontières Est de l’Algérie.

Dans une missive adressée le 8 février dernier, le président Bouteflika a exigé que les menaces «graves» qui visent la sécurité et la stabilité de la région du Maghreb doivent être traitées uniquement par les pays de la région, considérant que la question revient exclusivement aux forces armées nationales.

« Je ne comprends pas pourquoi on demande aux étrangers de régler les menaces sur nos frontières », a-t-il écrit en allusion à la demande de l’OTAN.

Le chef de l’État algérien faisait référence aux menaces terroristes qui se sont accentuées ces dernières années dans la région.

Cette alerte est venue, en fait, confirmer les appréhensions exprimées par des observateurs de la scène régionale quant au redéploiement de l’organisation terroriste Daech dans des pays comme la Libye ou la région du Sahel – limitrophes à la fois de l’Algérie et de la Tunisie – devenus de nouveaux sanctuaires de ce groupe terroriste après sa déconfiture en Syrie et en Irak, venant en appui des groupuscules qui infestent toujours la région.

L’accès à la majorité de la zone frontalière avec l’Algérie et avec la Libye a été interdit pour des raisons de sécurité. C’est ce qu’a annoncé le ministère de la Défense tunisien, dans un communiqué du 19 février 2018.

 

  • Quelque 2 000 soldats appartenant principalement aux forces spéciales algériennes ont été déployés dans les préfectures frontalières d’El-Oued (800 km au sud-est d’Alger), et de Tébessa, immédiatement après l’annonce de la mort de cinq soldats algériens, dont un officier, le 13 février, dans l’explosion d’une bombe près de la frontière tunisienne.
  • Le commandement de l’armée a envoyé trois bataillons des forces spéciales pour participer à une opération de ratissage et traquer un groupe armé affilié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui serait à l’origine de l’attaque.

L’opération a été coordonnée entre les armées algérienne et tunisienne des deux côtés de la frontière, ce qui qui laisse à croire aussi que la position de Tunis a été adoptée sur ordre d’Alger, et que les autorités tunisiennes avaient confié volontairement aux Américains de l’US Defense Threat Reduction Agency, la surveillance électronique de leurs frontières avec la Libye, selon un rapport récent du Conseil européen des relations internationales. La presse locale a même confirmé cette nouvelle mesure.

L’ambassadeur des États-Unis en Algérie John Desrocher avait confirmé, dans une note récente à l’OTAN, les pressions sur les Tunisiens.

Il faut rappeler que les dirigeants tunisiens n’ont jamais été capables de tracer de ligne rouge face aux Algériens. Depuis 1968, Tunis a renoncé à tous ses droits et revendications territoriales avec l’Algérie devenue indépendante. La presse locale se rappelle encore aujourd’hui de cet épisode peu glorieux pour Tunis.

Les dirigeants irakiens plus courageux que les Tunisiens 

Bien que l’Irak soit sous influence iranienne, comme l’allégeance de la Tunisie à l’Algérie, Bagdad a pourtant récemment réussi à obtenir une nouvelle mission de l’OTAN sur son territoire, malgré l’opposition de Téhéran.

L’OTAN a accepté, cette semaine, d’offrir une mission d’entraînement élargie en Irak.

Réunis le 15 février 2018 à Bruxelles, les ministres de la Défense des pays membres de l’OTAN ont dit oui à la demande des États-Unis de créer une mission élargie d’entraînement et de conseil des forces armées irakiennes, dans le but d’empêcher la résurgence du groupe terroriste Daech, après trois ans de guerre acharnée. Les instructeurs et conseillers de l’OTAN entraînent déjà un petit nombre de forces de sécurité irakiennes en Irak et en Jordanie voisine.

Le chef du Pentagone James Mattis avait envoyé, en janvier, une lettre à l’adresse de ses homologues au sein de l’OTAN afin de leur demander d’accepter la création d’une mission d’entraînement élargie en Irak.

Le Premier ministre irakien Haïder al-Abadi avait réclamé cette aide et l’assistance à l’OTAN. Le Premier ministre avait souligné que le pays avait besoin de cette coopération pour éradiquer le terrorisme en Irak. Al-Abadi a reconnu que la reconstruction et l’investissement en Irak, ainsi que le bon fonctionnement des services publics, étaient dépendants du rétablissement de la sécurité dans le pays.

La leçon à tirer de la situation en Irak, c’est qu’il serait dangereux de se retirer trop tôt“, a déclaré aux journalistes le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg, faisant référence au retrait des troupes américaines du pays en 2011.

Pour mémoire, le retrait de l’Irak des forces américaines, ordonné par Hussein Obama, a fortement déstabilisé ce pays pétrolifère du Moyen-Orient, favorisant l’occupation d’une grande partie du territoire par Daech.

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