Publié par Dreuz Info le 27 février 2018

Déclaration des communautés juives de la République de Pologne

Les mots prononcés le 17 février par le ministre Mateusz Morawiecki à Munich au sujet de la Shoah – « Il y a eu des assassins polonais tout comme il y a eu des assassins juifs, russes, ukrainiens, et pas seulement allemands » – signifient un dépassement de limite, lequel ne relève plus que d’une divagation.

Les assassins polonais n’étaient pas « tout comme » les assassins allemands : La Shoah était le crime de l’état allemand à laquelle ont pris part, hélas, aussi des Polonais, suffisamment nombreux pour qu’on ne puisse pas désigner leur participation comme étant des « cas individuels ». Cela dit, ceci n’autorise personne, et surtout pas le premier ministre du gouvernement polonais, à les mettre sur le même plan que les assassins allemands. Il y eut aussi des tueurs ukrainiens, nombreux – ayant agi autrement que les Polonais – organisés en groupes, jouissant du soutien d’une partie de la société ukrainienne, ce qui ajoute à leurs crimes une charge supplémentaire.

Il y eut aussi des assassins juifs, employés de la police du ghetto ou de certains Judenrat, ainsi que des traîtres individuels. À la différence  des assassins ukrainiens, polonais ou allemands, ils agissaient sous la pression immédiate de la terreur, dans une situation semblable à celle des prisonniers des camps de concentration. Contrairement aux policiers du ghetto dont la famille était menacée de la peine de mort s’ils refusaient de livrer des Juifs aux mains des Allemands, le policier polonais ne subissait pas cette menace. Les énumérer – tandis qu’ils agissaient sous une pression terrible – sur la même liste que les assassins polonais, ukrainiens ou allemands, lesquels pouvaient refuser de participer au crime, est la preuve d’un aveuglement immoral.

Et enfin, contrairement aux termes du Premier ministre, les historiens ne mentionnent pas d’exemples significatifs d’une participation des Russes à la Shoah. Si le Premier ministre entendait par là « autres crimes », effectivement commis par les Russes, cela signifierait que la Shoah fut un crime comme un autre. Dans les deux cas, nous ferions face à une ignorance historique phénoménale.

Nous faisons appel au Ministre, ainsi qu’à d’autres dirigeants politiques, à la retenue lors de nouvelles affirmations irréfléchies, contraires à la vérité historique, les compromettant personnellement ainsi que leurs institutions.

Varsovie, le 18 février 2018

Reproduction autorisée avec la mention suivante : Traduction du polonais Irena Elster pour Dreuz.info.

Oświadczenie Związku Gmin Żydowskich po słowach premiera Morawieckiego w Monachium

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