Publié par Ftouh Souhail le 25 février 2018

Paris commence à dévoiler son jeu à travers des actions qui la mènent graduellement vers la consolidation de ses relations avec Téhéran. Ce qui n’était, il y a quelques années, que de simples soupçons se confirment aujourd’hui.

La France fait des pas décisifs dans le processus de rapprochement avec l’Iran, au moment où toute la région au Moyen-Orient connaît de grands chamboulements.

Depuis le début de l’année 2018, les observateurs font état de la multiplication des démarches effectuées par de hauts responsables économiques iraniens pour discuter des moyens à mettre en œuvre pour consolider les relations entre les deux pays. Information qui n’a jamais été démentie par Paris. De leurs cotés, les décideurs économiques en France semblent déterminés dans leur coopération avec l’Iran.

La conférence Euro Money 2018, qui s’est tenue à Paris le 8 février 2018 et qui a été organisée conjointement par la Banque centrale iranienne et l’Euromoney Institute, était une occasion pour présenter les opportunités iraniennes d’investissement, particulièrement dans les secteurs du pétrole, du gaz, du tourisme, du transport et de l’assurance dans la République Islamique. C’était également l’occasion de préparer progressivement l’intégration du régime iranien à l’économie mondiale.

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Joffrey Célestin-Urbain, sous-directeur des relations économiques bilatérales à la direction générale du Trésor en France, a déclaré : « Nous encourageons les sociétés commerciales à poursuivre leurs activités en Iran. »

Selon ce responsable de l’administration centrale du ministère de l’économie et des finances, au cours des 11 premiers mois de l’année 2017 les exportations françaises en Iran ont connu une hausse de 120 % pour atteindre 1,29 milliard d’euros, les importations de produits iraniens en France ont elles eu une croissance de 80 % pour atteindre une valeur de 160 millions d’euros.

Le responsable français a aussi indiqué que la priorité à court terme de la France est la sauvegarde des échanges commerciaux avec l’Iran ainsi que la réalisation d’un nouveau projet pour l’année en cours consistant à offrir des crédits en euros aux acheteurs iraniens de produits français.

Le chef de la Banque centrale iranienne, Valiollah Seif, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqtchi, le président du Conseil supérieur des assurances de l’Iran, Abdolnasser Hemmati, le conseiller aux affaires économiques du président iranien, Masoud Nili, et le président du comité de direction de la Banque Saman, Vali Zarrbieh, ont fait un discours lors de cette rencontre parisienne.

Le plus malhonnête dans cette démarche est le manque de transparence des médias français. Après vérification, rares sont les plateformes médiatiques en France qui ont traité le sujet. Pourtant il existe un calendrier spécial de toutes les conférences avec les pays étrangers. Celle du 8 février précisément a été occultée. Mais largement couverte par les médias du coté iranien.

Aussi cette démarche conforte-t-elle une récente information publié par Le Monde, selon laquelle le constructeur français Renault et le secteur agonisant de l’élevage en France « ont besoin du marché iranien » pour « pouvoir poursuivre leur redressement ».

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, s’apprête à se rendre en Iran le 5 mars mais sa visite n’a pas encore été confirmée par les autorités iraniennes. Cette visite sera scrutée attentivement en Arabie Saoudite car certains craignent que l’octroi de plus de confiance aux Iraniens va à l’avenir encourager encore plus les tendances agressives de Téhéran dans la région.

Le boycott de l’Iran est au cœur des revendications des dirigeants saoudiens. Selon les Saoudiens, l’Iran chercherait à former un axe chiite qui s’étendra depuis Téhéran jusqu’à la Méditerranée.

Ali Akbar Velayati, conseiller du Guide suprême pour les affaires internationales, a affirmé le 11 février 2018 que des échanges commerciaux importants existent entre la France et l’Iran :

« Malgré l’annonce par les Américains, avec la loi D’Amato, qu’ils sanctionneraient les entreprises qui investiraient plus de 20 millions de dollars en Iran, Total a néanmoins investi des milliards de dollars dans l’industrie pétrolière iranienne. »

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À cette occasion, Velayati a déclaré, concernant l’éventuel voyage d’Emmanuel Macron en Iran : « Si au cours de sa visite en Iran, Macron aborde des questions liées aux pourparlers sur notre programme balistique, il se verra opposer une fin de non-recevoir de la part de la République islamique d’Iran. »

Riyad conseille aux Européens de réduire leurs relations avec l’Iran

Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, qui se rendra prochainement dans les capitales européennes dont Paris et Londres, se montre plutôt enclin à persuader les Européens de réduire leurs relations avec l’Iran. Pour se faire, il  va essayer d’expliquer aux dirigeants européens- qui sont uniquement obsédés par l’argent- que l’Iran est entrain de modifier gravement  la carte de la région, à travers  son appui au terrorisme et l’incitation au conflit ethno-religieux.

Riyad entend dissuader les Européens de grandes transactions économiques et commerciales avec l’Iran ; or le jeune et inexpérimenté président français Emmanuel Macron est attendu à Téhéran. L’Arabie saoudite a adhéré aux efforts américano-israéliens en faveur d’une attitude plus sévère contre l’Iran.

Tout récemment, Mohammed ben Salmane a demandé au président français, à travers son ambassadeur à Paris, de réduire les relations avec l’Iran. Emmanuel Macron, quant à lui, lui a conseillé de ne pas parler à la France de ce sujet.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Ftouh Souhail pour Dreuz.info.

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