Publié par Gaia - Dreuz le 1 mars 2018

Le romancier et journaliste turc Ahmet Altan, déjà condamné à perpétuité pour des liens présumés avec le putsch manqué de juillet 2016, s’est vu infliger aujourd’hui une nouvelle peine de près de six ans de prison, selon l’agence de presse étatique Anadolu. M. Altan, 67 ans, a été condamné par un tribunal d’Istanbul à trois ans d’emprisonnement pour propagande en faveur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) -organisation classée « terroriste » par Ankara- et à deux ans et 11 mois pour insulte faite au président Recep Tayyip Erdogan, écrit Anadolu.

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Incarcéré depuis septembre 2016, ce romancier, qui a également fondé le journal d’opposition Taraf, a déjà été condamné le 17 février à la prison à vie, avec son frère Mehmet et la journaliste Nazli Ilicak, pour « tentative de renversement de l’ordre constitutionnel ». Tous trois journalistes et intellectuels respectés en Turquie, ils étaient notamment accusés d’avoir envoyé des « messages subliminaux » au cours d’une émission retransmise en direct à la télévision à la veille du putsch manqué du 15 juillet 2016. Ils ont toujours nié toute implication et rejeté des accusations « absurdes ».

Dans une tribune parue aujourd »hui dans le New York Times , Ahmet Altan raconte son attente avant le verdict dans le procès à l’issue duquel il a été condamné à perpétuité, déclarant que « trois hommes (les juges) avec leurs cravates dénouées du fait de l’ennui, délibèrent sur mon destin ». Après l’annonce de la décision du juge, « je tends les mains », poursuit-il. « Ils me menottent. Je ne verrai plus jamais le monde. Je ne verrai plus jamais le ciel sans qu’il soit encadré par les murs d’une cour ».

Par ailleurs, 38 lauréats du prix Nobel, dont Svetlana Alexievich et Kazuo Ishiguro, ont signé une lettre ouverte au président Erdogan reproduite aujourd’hui par le quotidien britannique The Guardian appelant à un « acquittement rapide en appel de Mme Ilicak et des frères Altan ».

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Cette affaire a été marquée par un épisode qui a provoqué une levée de boucliers le mois dernier, lorsqu’un tribunal turc a refusé de libérer Mehmet Altan malgré un arrêt de la Cour constitutionnelle estimant que son incarcération était une « violation » de ses droits. La Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement de la liberté de la presse établi par l’ONG Reporters Sans Frontières.

Source : Lefigaro.fr

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