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Publié par Danièle Lopez le 8 mars 2018

Je suis née en Algérie où j’ai vécu jusqu’à mes 20 ans.

J’ai, donc, fréquenté depuis mon plus jeune âge les musulmanes qui allaient en classe avec moi. Plus tard, celles et ceux qui ont travaillé avec moi.

A cette époque, je puis vous assurer qu’aucune de ces enfants, jeunes filles ou femmes ne portaient de voile. Elles étaient habillées à l’occidentale. Elles se maquillaient. Elles fréquentaient les garçons comme n’importe quelle adolescente européenne. Rien ne les différenciait de nous.

Bien sûr, il y avait des femmes plus âgées, ou en charge de famille, qui mettaient le drap (en Algérie, elles portaient le drap blanc) quand elles sortaient dans la rue pour faire leurs courses, par exemple. Un peu comme nos mères qui ne « sortaient pas en cheveux » parce que ce n’était pas correct. Mais, quand elles balayaient le devant de leur porte qui donnait sur la rue, elles ne s’encombraient pas du voile. Pas plus quand le voisin européen rentrait du travail et qu’elle le croisait dans le couloir.

En ce qui concerne le ramadan, les enfants ne le faisaient pas. Ils étaient les seuls à avoir droit à la cantine scolaire en primaire et les repas leur étaient servis tous les midis. Pas plus que les adolescentes, d’ailleurs, comme les demi-pensionnaires lorsque nous étions au Lycée. Les vieux – et encore pas tous, certains – respectaient cette tradition religieuse.

Mais, tous, fêtaient l’Aïd.

Je n’ai pourtant jamais vu de mouton égorgé devant nos portes ni devant les leurs. Ils faisaient leurs achats dans les mêmes épiceries et boucheries que nous.

Et, puisque nous parlons de mouton, parlons du halal.

Pas de boucherie halal dans nos quartiers. Tous les arabes qui y vivaient achetaient chez les bouchers ! C’était plus simple que ce que vous pensez.

Dans mon quartier, le boucher ne vendait pas de porc. Il vendait toutes les autres viandes. Et il y avait les boucheries-charcuteries qui, elles, vendaient toute les cochonnailles, de la viande à la charcuterie. Dans ces commerces, il n’y avait jamais d’arabes. C’est tout à fait logique. Quant à nous, si nous voulions acheter du bœuf ou du mouton ou du poulet nous allions chez le même boucher où les arabes achetaient. Jamais au grand jamais je n’ai entendu parler de halal. Même après l’indépendance, pendant un an et demi où j’ai encore vécu là-bas, je n’ai vu ni connu de boucherie halal.

Quant à la mixité, les femmes et les hommes, musulmans, juifs ou chrétiens, tous, travaillaient ensemble sans qu’elles aient été obligées de se couvrir ou être séparées d’eux. Personne ne s’en est jamais offusqué.

On travaillait tous les jours de la semaine ou presque. Le dimanche était le jour de repos pour tout le monde. Il n’y avait pas de prière pendant les heures de travail, pas de vendredi à la mosquée, la religion était l’affaire de chacun et elle n’intervenait pas dans la vie en communauté. Cependant, je ne doute pas une seule seconde que les arabes étaient de bons musulmans comme les Juifs étaient de bons israélites et pour les chrétiens, pareillement.

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Nous arrivons en France, en 1962.

Il y avait déjà des musulmans, d’autres nous ont suivis.

Il n’existait aucune ségrégation. Les arabes vivaient dans les mêmes bâtiments que nous, nos enfants se sont élevés ensemble, sont allés en classe ensemble et, là encore, la religion restait cantonnée dans la sphère familiale. Ces musulmans vivaient absolument comme nous.

Jusque vers la fin des années 70. C’est là que tout a commencé. C’est pendant cette période que tout a changé.

C’étaient des Arabes venus du Moyen-Orient, je pense, en tout cas habillés comme des prophètes de l’ère de Mohamed, qui ont sillonné les chemins de France. Ces gens, nous les avons vus s’adresser aux musulmans, passant dans les ateliers, les commerces, les cités, les chantiers des bâtiments et travaux publics, partout…

Ce qu’ils se sont dit ? Nous ne le savons pas. Mais, toujours est-il que les musulmans ont changé subitement d’habitude et d’attitude. Ceux qui aimaient bien boire leur vin le midi, ne burent plus que de l’eau. Ils rentraient directement à la maison au lieu d’aller boire l’apéro avec leurs copains. Ils se sont mis à manger halal et les boucheries arabes halal se sont multipliées.

A ce moment-là, nous avons vu, même les plus jeunes garçons, ne se saluer qu’en arabe en portant leur main sur le cœur avec respect quand, la veille, ils s’en « tapaient cinq » avec les copains en rigolant comme des bossus. Les femmes se sont mises à porter le foulard. Le foulard simple. Les pères et les frères sont devenus plus rigides avec les filles. Dans les cités ont commencé à fleurir des appartements qui étaient réservés à la prière du vendredi, les premières mosquées.

Les jeunes gens, si insouciants quelques temps avant, se réunissaient entre eux. On n’y voyait plus aucune fille dans leurs groupes. Elles ont changé leurs habitudes vestimentaires. Et surtout, elles craignaient les frères ou les copains des frères parce que c’était devenu l’affaire de tous. Ils s’épiaient, se surveillaient. Les irréductibles étaient vivement réprimandés.

Et ils ont commencé à se regrouper dans les cités. En un mouvement presque synchronisé, les rares européens qui restaient ont été obligés de partir. Ces cités sont devenues majoritairement arabo-musulmanes. Exit l’européen avec qui ils vivaient volontiers peu de temps avant. On est musulman, on reste entre nous.

Vous ne pouvez pas ne pas avoir remarqué ces changements dans votre entourage.

Quel était donc le message qu’ont pu véhiculer ces « prophètes » aux musulmans qui vivaient en France ?

« Vous devez (re) devenir de vrais et bons musulmans en respectant les préceptes du Coran. » Certainement, vu le changement radical qui s’est opéré à partir de leurs visites.

Sous la menace, sans aucun doute possible. Mais quelle menace ? Nous ne le saurons jamais puisque les musulmans vivant en France n’en ont jamais parlé. Par crainte de représailles, sûrement.

Mais la réalité est là. Dans la discrétion la plus totale et silencieuse, ces gens ont imposé, aux musulmans qui étaient en France, l’interdiction de vivre à l’occidentale et l’obligation de vivre selon leur us et coutumes ancestrales, c’est-à-dire selon la religion islamique.

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On peut, sans se tromper, dire que la radicalisation des musulmans a commencé à cette époque.

Et elle s’est amplifiée, durcie même, jusqu’à ce que nous ayons tous les jours des différends avec eux. Pour leurs coutumes vestimentaires. Pour leur exigence d’imposer le halal. Pour leur exigence de construire des mosquées. Et ces mosquées se sont remplies !

Mais ces différends ne cesseront jamais puisqu’à chaque exigence de leur part la démocratie recule et abdique.

Et, bêtement, dangereusement, tous ces gauchistes rancis qui arborent la laïcité comme un drapeau pour les défendre n’ont pas vu et refusent de voir que c’est notre identité que les musulmans annihilent.

L’endoctrinement radical qui s’est multiplié dans toutes les couches de la communauté musulmane en a même fait des terroristes. Nous les avons vus à l’œuvre. Pourtant, les pouvoirs publics ne font rien pour l’enrayer. Au contraire, ils inventent des maux nouveaux. La radicalisation ! L’islam politique ! Le salafisme ! Mais ils ne prennent aucune décision « radicale » pour terrasser ces maux. Ces maux qui nous grignotent comme des cancers.

On continue de leur construire des mosquées où sera enseignée la loi islamique. On subventionne des écoles coraniques quand on sait qu’elles enseignent la loi coranique.

Pourtant personne, aujourd’hui, n’ignore les préceptes du Coran.

Tant que nous continuerons à appliquer nos lois démocratiques, l’islam prendra de l’ampleur jusqu’à nous ensevelir totalement.

Nous n’avons pas affaire avec une religion pieuse et anodine. Nous avons affaire à des « guerriers » qui obéissent à cette religion, la loi du Coran.

Et le Coran exige la suprématie de l’islam dans le monde.

Est-ce que c’est si difficile à comprendre ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Danièle Lopez pour Dreuz.info.

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