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Publié par Alexandre Del Valle le 13 mars 2018

« Plus l’on tue on nom d’Allah, plus l’Occident combat ‘l’islamophobie’ et plus on parle en bien de l’islam pour ne ‘pas faire l’amalgame’ ».

Tel est le paradoxe de « l’islamiquement correct » selon lequel, loin de déclencher dans nos sociétés culpabilisées une mise à l’index des préceptes sacrés qui justifient la violence au nom de l’islam, la médiatisation des attentats terroristes renforce en fait l’attractivité de cette religion, qui bénéficie en fait d’une publicité dont aucune autre religion ne peut même rêver d’avoir.

Dans « La Stratégie de l’intimidation« *, Alexandre del Valle affirme en effet dans son dernier essai, fort documenté, que la violence jihadiste, loin d’être un simple problème sécuritaire « étranger à l’islam », est devenue le plus efficace outil du prosélytisme islamique.

L’auteur explique ce paradoxe par le constat que la lutte obsessionnelle contre « l’islamophobie », exigée par les pôles de l’islamisme mondial qui feignent de condamner le terrorisme jihadiste tout en niant sa nature islamique, aboutit en fin de compte à faire de l’islam une religion intouchable, au-dessus de toutes les autres.

En s’appuyant sur de nombreux exemples – depuis la fatwa de mort contre Salman Rushdie dans les années 1990 jusqu’aux récents attentats jihadistes en Europe, sans oublier les menaces du néo-sultan ottoman Erdogan -, l’auteur décrit la stratégie de conquête et d’intimidation non seulement des islamo-terroristes – qui font parler de l’islam plus que n’importe qui grâce au double marketing négatif (médiatisation de la terreur) et positif (refus de « l’amalgame ») – mais aussi des pôles « institutionnels » de l’islamisme international : Ligue islamique mondiale, Organisation de la Coopération islamique, ISESCO, Frères musulmans, Turquie « national-islamiste ». Ces derniers prônent en effet la « désassimilation » des musulmans et leur stratégie d’intimidation, plus complémentaire qu’opposée à celle des jihadistes, vise en fait, sous couvert de criminalisation de « l’islamophobie », à soumettre les démocraties occidentales à l’exceptionnalisme musulman. Le résultat de cette stratégie aboutit à faire baisser les gardes face à la progression du totalitarisme islamiste et à discréditer comme « intolérants » ceux qui tentent de tirer la sonnette d’alarme.

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La dangerosité des mythes de la « tolérance d’Al-Andalous » et de la « dette occidentale vis-à-vis de la science musulmane

 De cet exceptionnalisme islamique inhérent au mythe de l’âge d’or des califats arabo-musulmans du passé découle également le postulat de la supposée « supériorité » morale, philosophique et scientifique de l’islam (Al-Andalus, « science arabo-musulmane »), envers lequel l’Occident serait « redevable ». En vertu de cette forme théocratique de suprémacisme, les musulmans sont présentés comme l’équivalent d’un peuple « sans tâche », victime par essence de l’intolérance et de « l’ingratitude » des « mécréants », comme une communauté innocente par nature et « persécuté » par les non-musulmans, en particulier les Occidentaux qui tombent dans le piège mortel de l’intimidation psychologique et de culpabilisation.

En s’appuyant sur les meilleures recherches historiques, Del Valle dégonfle ce lieu commun fondateur de l’islamiquement correct, commun à la fois aux bien-pensants islamophiles et aux adeptes du Califat totalitaire. Ce mythe n’est en effet ni historiquement fondé ni innocent, puisqu’il agit surtout comme un processus mental de justification de l’irrédentisme et de l’impérialisme islamiques. Qu’ils s’agisse des « pôles « institutionnels » de l’islamisme mondial, qui ont pignon sur rue en Occident, ou des jihadistes adeptes du nouveau Califat universel, qui semblent opposés en tous points au premiers, l’appartenance passé de l’Espagne, du Portugal, de la Sicile ou des Balkans aux empires musulmans glorieux justifierait l’islamisation de l’Europe sommée d’expier ses « fautes » coloniales passées en acceptant elle-même sa propre conquête par l’islamisme revanchard.

En démontrant la complicité entre les « coupeurs de têtes » (islamo-terroristes) et les « coupeurs de langues » (lobbies islamophiles et ligues de vertu anti-islamophobes ), Del Valle réalise une démonstration jamais produite à ce jour, apportant la preuve que les protagonistes du jihadisme et les acteurs de l’islamiquement correct fonctionnent de concert : l’hyper-médiatisation de la violence jihadiste sidérante par les sociétés « mécréantes » sommées de refuser l’amalgame en vantant les mérites de l’islam et en plaignant les musulmans « stigmatisés » procure en effet aux requêtes des pôles prosélytes islamistes plus « respectables » un incroyable pouvoir  de persuasion ».

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