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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 21 mars 2018

L’emprise de Xi Jinping sur le pouvoir devient de plus en plus préoccupante pour la population croissante des chrétiens chinois.

Plus de 70 millions de Chinois déclarent être chrétiens, soit environ 5 % de la population, et ce chiffre devrait atteindre 247 millions d’ici 2030. Cependant, ce chiffre ne tient pas compte des chrétiens non-déclarés, et le total est plus proche des 100 millions.

Selon le Pew Research Center, il y avait 67 millions de chrétiens déclarés, dont 9 millions de catholiques, en Chine en 2010. Le pays est également le plus grand producteur mondial de Bibles.

Ces chiffres indiquent que le nombre de chrétiens en Chine est supérieur à celui des membres du Parti communiste chinois qui, en 2016, comptait environ 89,5 millions de membres.

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Mais le président Xi, qui a fait modifier la législation par l’organe central du parti pour lui permettre de gouverner indéfiniment, mène une répression sans précédent contre les libertés religieuses, qui ont toujours été rejetées par le communisme, exposant la lune de miel contre nature des communistes et de l’extrême gauche occidentale avec l’islam.

Les églises chinoises sont en train d’être démolies, et de nouvelles lois sont mises en place pour accroître la surveillance des activités religieuses.

Alors que de plus en plus de Chinois se tournent vers le christianisme, le Parti communiste y voit un rival dans une lutte pour les cœurs et les esprits.

Les dernières démolitions d’églises précèdent également une série de nouveaux « règlements religieux » qui sont entrés en vigueur dans toute la Chine le 1er février 2018.

  • Ils augmentent les restrictions sur les églises non enregistrées,
  • interdisent l’enseignement religieux,
  • et augmentent la surveillance des discussions en ligne, du financement et de l’emplacement et de la construction des édifices religieux.
  • Les principes généraux de la réglementation stipulent que la gestion des affaires religieuses doit adhérer aux principes de protection des « activités religieuses légitimes, de limitation et de prévention des pratiques extrêmes et de résistance à l’infiltration ».

Les chrétiens de Chine craignent que cette nouvelle « Réglementation des affaires religieuses » n’aboutisse à un terrible contrôle de l’Etat sur l’Eglise.

Depuis mars 2017, les chrétiens de plusieurs provinces chinoises pauvres doivent enlever les images de Jésus et les remplacer par des photos du président du Parti communiste Xi Jinping s’ils veulent recevoir une aide gouvernementale, dans le cadre d’un plan gouvernemental pour décourager la pratique religieuse.

Des milliers de chrétiens d’une région pauvre du sud-est de la Chine ont déjà retiré des croix et des images de Jésus-Christ de leurs foyers et les ont remplacés par des images du dirigeant chinois, selon un compte-rendu des médias sociaux locaux, participant à un effort du gouvernement pour « transformer les croyants en croyants dans le parti ».

Les efforts du Parti communiste pour lier la réduction de la pauvreté à l’athéisme parrainé par le parti est une des mesures coercitives du gouvernement destiné à contrôler tous les aspects de la société chinoise.

Le parti communiste est officiellement athée, mais il autorise une certaine liberté de religion. Il a été récemment décidé, cependant, qu’aucun membre du parti ne serait autorisé à avoir une affiliation religieuse.

La Chine reconnaît officiellement cinq religions :

  • le bouddhisme,
  • le catholicisme,
  • le taoïsme,
  • l’islam,
  • et le protestantisme.

Celles-ci sont réglementées par l’Administration d’État pour les affaires religieuses (SARA). Une partie du mandat de la SARA est de « soutenir les cercles religieux pour qu’ils fassent de l’auto-éducation sur le patriotisme, le socialisme et la réunification de la patrie ».

Selon Fenggang Yang, directeur du Centre sur la religion et la société chinoise à l’Université de Purdue dans l’Indiana, et expert sur la religion chrétienne en Chine :

« le parti craint le lien entre la religion et l’activisme civil, car les grandes organisations confessionnelles constituent une menace pour le contrôle centralisé du pouvoir politique et social.

C’est ce dont le Parti communiste chinois a peur.

Ils ont perçu, exagéré et craint ce lien depuis l’effondrement du régime soviétique dans les années 1990.

Ces dernières années, l’État-parti a supprimé un grand nombre d’avocats qui ont osé défier les autorités, et une grande proportion d’avocats spécialisés dans les droits civils et les droits de l’homme sont chrétiens. »

Apparition du christianisme en Chine

Le christianisme est arrivé en Chine, non pas dans deux avant-postes européens de la côte sud mais sur le bord du plateau de Loess septentrional à Changan (aujourd’hui Xian). La première mention de la présence chrétienne en Chine a été inscrite en caractères chinois et en alphabet syriaque sur une stèle découverte au début du XVIIe siècle, érigée en 781, qui donne un aperçu des enseignements chrétiens et mentionnait Alopen Abraham, un missionnaire du christianisme nestorien, une branche du christianisme basée au Moyen-Orient qui était en conflit avec l’église de Rome sur des points de doctrine.

Arrivé en 635 à Changan, capitale de l’Empire Tang, Alopen Abraham demanda une audience à l’empereur Taizong, qui lui permit de propager sa religion et de construire des « temples de la croix » en Chine.

Mais un désastre frappa les chrétiens chinois pendant le règne de l’empereur Wuzong (840-846), un taoïste qui se sentait menacé par l’énorme richesse et l’influence de l’establishment bouddhiste en Chine – le bouddhisme étant la plus grande religion étrangère dans le pays.

Pendant son court règne, l’empereur Wuzong lança une persécution systématique des bouddhistes, démolissant les temples et les monastères, et forçant les monastiques à renoncer à leurs vœux. Malheureusement, le christianisme nestorien, ainsi que le zoroastrisme et le manichéisme – également des religions étrangères actives en Chine sous la dynastie Tang – devinrent des dommages collatéraux. Et le christianisme nestorien ne s’en remit pas.

Conclusion

L’environnement religieux actuel en Chine régresse au niveau de l’époque de Mao et de la Révolution culturelle, au cours de laquelle toutes les religions ont été brutalement opprimées.

« Le culte de la personnalité de Xi rattrape celui de Mao. Pendant la révolution culturelle sous Mao, toutes les religions ont été interdites », explique Yang. « Le culte de la personnalité et les campagnes antireligieuses semblent aller de pair car la piété religieuse envers Dieu est considérée comme étant en compétition avec la loyauté politique exigée envers le chef suprême. »

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

Sources :

http://www.newsweek.com/china-christians-jesus-x-jinping-social-services-welfare-711090
http://www.scmp.com/magazines/post-magazine/short-reads/article/2138170/what-happened-chinas-early-christians-and-why
http://www.dw.com/en/in-xi-we-trust-is-china-cracking-down-on-christianity/a-42224752

 

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