Publié par Ftouh Souhail le 6 mars 2018

 

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian était en visite à Téhéran ce lundi 5 mars pour demander à l’Iran des gages sur son programme balistique et ses ambitions régionales. Sur ces deux questions, il a plutôt reçu une fin de non-recevoir. 

Après avoir reporté à plusieurs reprises sa visite, Le Drian s’est rendu à Téhéran dans le but de parvenir à une “solution médiane“. Il a souhaité, d’une part, faire de sorte que le Plan global d’action conjoint (accord sur le nucléaire iranien, PGAC) soit maintenu et d’autre part, il a espéré transmettre le message du président américain Donald Trump qui a conditionné le maintien US dans l’accord nucléaire à ce que le texte soit modifié.

À Téhéran, Le Drian a reçu une réponse négative dans la mesure où les Iraniens étaient déterminés à préserver leurs capacités balistiques. Ils prétendent que leur programme est uniquement défensif. Ici, c’est une illustration de la dissimulation (takiya). Cet élément est essentiel dans l’art de la négociation à l’iranienne.

Les dirigeants iraniens savent qu’ ils n’ont pas en face un responsable européen fort.

Les Iraniens attachent beaucoup d’importance à la force de l’adversaire. Ce qui compte, c’est votre discours face à eux. Si vous montrez l’une de vos faiblesses, vous échouez devant votre adversaire iranien.

Recevant ce lundi Le Drian, le président iranien Hassan Rohani a menacé qu’une annulation de l’accord nucléaire sera regrettée par toutes les parties.

« Nous serons prêts à agir face à toute incommodité », a précisé le président Rohani.

Face à cette intransigeance, le misérable chef de la diplomatie française a affirmé que son pays tenait absolument à respecter et préserver l’accord nucléaire.

« Les rapports de l’AIEA confirment le total respect iranien envers ses engagements dans le cadre du PGAC ; Paris déploiera tous ses efforts afin de préserver l’accord nucléaire », a ajouté le ministre français.

Devant cette impuissance dans la négociation pour limiter les capacités balistiques iraniennes, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a annoncé aussi, lors d’une rencontre ce lundi à Téhéran, devant son homologue français Jean-Yves Le Drian, que la question des missiles iraniens est une question en dehors du Plan global d’action conjoint (accord sur le nucléaire iranien) et de la résolution 2231.

Alors que Téhéran continue, au mépris du droit international, le transfert de missiles aux pays ou aux entités non étatiques, le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranienne, le contre-amiral Ali Chamkhani, a mis en garde le chef du Quai d’Orsay contre une marche arrière de l’Europe face aux USA.

Lors de cette rencontre, Chamkhani a adressé un message ferme à Jean-Yves Le Drian mettant en garde Paris que le programme balistique iranien est non négociable.

Bien différents du ton menaçant affiché par Ali Chamkhani, les remerciements du ministre Français sont allés à l’adresse de l’Iran pour « son attitude dynamique et logique envers le Plan global d’action conjointe (PGAC) »

M. Le Drian a tenu à exprimer sa joie pour cette visite en Iran et précisé : « Nous sommes bien conscients du poids et de l’Histoire de l’Iran. »

Alors qu’aucun jour ne passe sans que l’Iran ne menace l’État Israël d’une action militaire, le général Massoud Jazayeri, a réitéré que l’Iran continue à promouvoir sa puissance défensive et ce n’est pas aux ennemis de décider à la place de la nation.

« Les ennemis n’ont pas le droit de s’ingérer dans ce domaine qui reste un domaine national », a fait remarquer le général Jazayeri, réagissant aux déclarations de certains responsables américains et européens au sujet du programme balistique de l’Iran.

La condition des négociations sur le programme balistique de l’Iran est la destruction des armes nucléaires et des missiles à longue portée des États-Unis et de l’Europe a dit le général iranien Jazayeri.

« L’Iran continue à renforcer sa puissance défensive au grand dam des ennemis et personne ne peut décider à la place de la nation », a ajouté ce général qui est aussi le haut porte-parole du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI).

« Dans les circonstances actuelles où les régimes arrogants procèdent sans cesse à des intimidations et menaces contre la RII, commettant, en même temps, des crimes de guerre dans la région (via des guerres par procuration qu’ils y ont déclenchées, nda) il incombe, plus que jamais, aux forces armées iraniennes de promouvoir les capacités défensives du pays dans tous les domaines dont et surtout dans celui des systèmes balistiques », a souligné ce porte-parole.

En absence de toute fermeté et de vigueur européenne, les responsables iraniens ont aussi rejeté tout changement dans leur politique régionale, en particulier en Syrie.

Le président Hassan Rohani a déclaré lors de sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères français que le seul moyen de régler la crise syrienne est de renforcer le gouvernement du dictateur sanguinaire Bachar al-Assad.

Le chef de la diplomatie française est rentré très déçu et il a déclaré à la fin de sa visite que beaucoup de travail restait à faire sur le programme balistique de l’Iran et sa politique régionale.

Un article paru dans le quotidien Les Échos, écrit par Aliza Bin-Noun, l’ambassadrice d’Israël en France, appelle la France à ne pas laisser l’Iran imposer son hégémonie au Proche-Orient. Les Iraniens eux estiment qu’aucun pays hormis l’Iran n’est apte à maintenir la stabilité dans la région, comme il l’affirmé récemment Ali Akbar Velayati, le haut conseiller du Leader de la Révolution islamique.

Le régime iranien a persisté dans son arrogance durant la visite de Jean-Yves Le Drian.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Qassemi, a affirmé que « ces fanfaronnades ne mènent nulle part», en réaction aux informations selon lesquelles les Israéliens pourraient mettre les autorités européennes et américaines sous pression afin qu’elles imposent des restrictions sur les activités balistiques iraniennes y compris une réduction de la portée des missiles iraniens.

« Durant des années, ils ont essayé d’imposer leurs revendications arbitraires au peuple opprimé palestinien et à toute la région », a ajouté le diplomate, cité par la presse iranienne.

La France et le rôle iranien déstabilisant au Moyen-Orient

Le président français a téléphoné à son homologue iranien quelques heures avant l’arrivée à Téhéran de son ministre des Affaires étrangères. Il a « réaffirmé l’attachement de la France à l’accord de Vienne du 14 juillet 2015 ».

Il a demandé à M. Rohani de prendre en compte les préoccupations de Paris au sujet des questions qui ne relèvent pas du cadre de l’accord telles que le programme balistique iranien et la sécurité du Moyen-Orient.

M. Macron a souhaité « une contribution constructive » de l’Iran « à la désescalade régionale et à la résolution des crises au Moyen-Orient ».

Lors de cette discussion téléphonique, Macron a demandé à M. Rohani d’exercer les pressions nécessaires sur le gouvernement syrien afin qu’il mette un terme aux « attaques indiscriminées contre la population assiégée de la Ghouta orientale ».

M. Macron a souligné « la responsabilité particulière qui incombait à l’Iran, du fait de ses liens avec Damas, dans la mise en œuvre de la trêve humanitaire prévue par la résolution 2401 du Conseil de sécurité de l’ONU », selon le communiqué.

En visite, le 27 février, en Russie, Jean-Yves Le Drian a qualifié le programme balistique iranien de “très inquiétant” et de “contraire aux résolutions de l’ONU”. Il a même promis de restreindre les activités balistiques de l’Iran pour qu’il ne devienne pas “une menace pour les acteurs régionaux”.

En réaction à ce discours hostile selon le regime iranien, Ali Akbar Velayati, le haut conseiller du Leader de la Révolution islamique pour les affaires internationales, a souligné qu’aucun pays ne pouvait décider à la place de l’Iran pour sa défense nationale.

M. Velayati a réitéré que la défense était non négociable. ” Il ressort du droit de toute nation de renforcer sa puissance défensive. Aucun pays y compris la France ne peut nous dicter quelles sortes de missiles ou d’armes nous pouvons détenir“, avait-il affirmé.

Velayati a conseillé au ministre français des Affaires étrangères d’éviter de prendre de telles positions négatives s’il voulait renforcer les relations de son pays avec l’Iran.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Qassemi avait, lui aussi, réagi contre la France en disant que la République islamique d’Iran ne permettrait à aucun pays d’affaiblir sa puissance défensive, surtout aux pays qui fournissent eux-mêmes des armes mortelles aux pays de la région.

Le nombre et la qualité croissants des missiles balistiques iraniens sont une source de préoccupation pour les États-Unis, selon le général Joseph Votel, commandant du CENTCOM (commandement central des États-Unis).

En parlant de l’Iran et de ses missiles, Joseph Votel s’est dit préoccupé quant au nombre et à la qualité croissants des missiles balistiques iraniens, affirmant que l’Iran aurait exporté ses missiles vers d’autres régions du Moyen-Orient.

Lors d’une audience au Comité des services armés de la Chambre des représentants des États-Unis, tenue le 27 février 2018, le général américain a accusé l’Iran d’avoir fourni des missiles de croisière aux forces chiites d’Ansarallah au Yémen.

« Pour contrer les menaces provenant de l’Iran, nous avons un plan reposant sur l’aide et l’assistance de l’armée saoudienne. Que ferons-nous ? Nous travaillons avec l’Arabie saoudite et nos autres alliés régionaux en vue de nous assurer que leurs capacités militaires soient suffisantes pour nous défendre », a déclaré le général Votel.

Autant donc faire appel à Riyad et les pays du Golfe sunnites pour contrer l’Iran, au lieu de compter sur la lâcheté de Paris et des autres européennes.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Ftouh Souhail pour Dreuz.info.

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