Publié par Magali Marc le 26 mars 2018

Pendant que les médias américains se répandent en cris d’orfraie concernant les «purges» et le «chaos» à la Maison Blanche, Michael Goodwin, chroniqueur au New York Post, estime qu’avec ces remaniements Trump se libère opportunément.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit cet article publié le 24 mars par le New York Post.


Les remaniements à la Maison Blanche prouvent que Trump met l’Amérique en premier.

Quand ils sont pressés de toute part, les politiciens aiment bien se plaindre qu’ils sont coincés par les circonstances et par leurs conseillers. Si seulement ils pouvaient se débarrasser de leurs chaînes et faire les choses à leur façon, ils réussiraient sûrement.
Le président Trump passe actuellement par un de ces moments et les chaînes qui le retenaient volent en fumée.

Attention, tout le monde – fini les gants blancs !

La décision de Trump d’être plus trumpien se reflète dans une vague de remaniements qui signalent des changements dans ses politiques, y compris dans son comportement envers l’avocat spécial Robert Mueller.

Interrogé sur ce qu’il y avait derrière les remaniements, un initié a décrit l’état d’esprit du président : « J’ai essayé de faire les choses à votre façon, et ça n’a pas marché ».

L’entrevue portait sur la réorganisation de l’équipe juridique de Trump, alors que l’équipe flamboyante composée du couple Joseph DiGenova et Victoria Toensing est arrivée et que le conciliant John Dowd est parti. Ce remaniement juridique n’est toutefois qu’un exemple de la façon dont Trump remodèle sa présidence en vue des combats à venir.

Faisant face à des adversaires sur plusieurs fronts, le président se trouve à un carrefour politique et juridique. Mueller commence à méthodiquement sonder tous les recoins de sa vie privée et certaines femmes resurgissent de son passé et font les manchettes. Ainsi, les élections de mi-mandat se présentent mal pour les Républicains.

En fait, elles se présentent comme une occasion de «vaincre ou mourir» pour Trump.

Sa destitution est presque certaine si les Démocrates prennent la Chambre. Même s’ils ne peuvent pas réaliser le rêve de la gauche de se débarrasser de lui, ils feront tout pour démolir son programme politique. Dans ce cas, le projet de loi sur les dépenses que le président a signé à contrecœur vendredi ne sera qu’un beau souvenir parce qu’il n’en verra jamais un plus proche de ce qu’il souhaite vraiment.

Les blocages subis par Trump couvrent toute la gamme des politiques et des personnes. Le départ de Gary Cohn – toujours insatisfait – de l’équipe économique était opportun et le limogeage de Rex Tillerson comme secrétaire d’État était particulièrement libérateur.

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Ni l’un ni l’autre n’adhéraient pleinement au credo de Trump consistant à mettre l’Amérique en premier, et ils ne se gênaient pas pour le faire savoir aux étrangers. Trump a été plus patient avec les dissidences exprimées publiquement que la plupart des présidents et personne ne lui a accordé le mérite d’avoir fait preuve d’autant de retenue.

Larry Kudlow, le remplaçant de Cohn, est en désaccord avec Trump concernant les tarifs, mais il est un partisan de longue date et défend avec intrépidité les réductions d’impôts et la prospérité économique.

Le remplaçant prévu de Tillerson, le chef de la CIA Mike Pompeo, est sûr d’apporter une voix plus énergique et un accent trumpien à la diplomatie. On peut en dire autant de la décision du président de remplacer le général H.R. McMaster par John Bolton en tant que conseiller à la Sécurité nationale.

Bolton va servir de paratonnerre pour la gauche et les médias démocrates qui ont salué sa nomination en poussant des cris d’effroi, hurlant que Bolton est un « faucon » comme si c’était une faute. En vérité, Bolton est un faucon parce que le monde est plein d’adversaires dangereux ou diaboliques et il croit avec raison qu’il ne sert à rien d’être l’Amérique si c’est pour faire de l’à-plat-ventrisme et renoncer à ce qui fait notre force.

Il y a déjà des rumeurs selon lesquelles la Russie, la Chine et la Corée du Nord ne seront pas contentes que Bolton ait l’oreille du président. C’est bien la preuve que Trump a pris une bonne décision.

Ensuite, il y a l’Iran. Trump a clairement fait savoir qu’il ne re-certifierait pas le très mauvais accord sur le nucléaire cette année sans que des changements majeurs aient été apportés, et il est peu probable qu’il obtienne ces changements parce que les Européens mènent les pourparlers. Tout est dit à ce sujet.

Trump ne tolérera pas non plus les agressions iraniennes dans la région alors que nos alliés les plus importants qui sont aussi les alliés les plus improbables – Israël et l’Arabie Saoudite – sont unis dans leur désir d’arrêter les mollahs. Si ça ce n’est pas une coalition digne du leadership américain, qu’est-ce qui le serait ?

Chacune de ces situations comporte des dangers mais Trump a un nouveau partenaire à la Sécurité qui réalise que le statu quo est plus dangereux si l’Amérique ne fait rien. Bolton, en esprit si ce n’est en mots, a toujours été un défenseur du credo « America First ».

Mais à quoi cela sert-il d’être Trump quand il s’agit de faire face à Robert Mueller ? Concernant le changement d’avocats, je pense que Trump a renoncé à l’idée de Dowd à l’effet que la façon de gérer l’enquête est de coopérer avec chaque demande en restant convaincu qu’à un moment donné, Mueller admettra qu’il n’a rien et fermera boutique.

Au départ, ce n’était pas une mauvaise idée et tout au long de l’année dernière, cela pouvait être une stratégie valable. Mais à cette date tardive, alors que Mueller demande à voir les dossiers des affaires familiales de Trump et presse le président de s’asseoir avec lui pour une entrevue, on est loin de la fermeture du dossier.

La décision de Trump de se battre à sa manière est démontrée lorsqu’il écrit dans un tweet : « Pourquoi l’équipe de Mueller est-elle composée de 13 démocrates endurcis, tous des partisans acharnés d’Hillary la tordue, et de zéro Républicain ? »

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Pourtant, c’est assez doux en comparaison des opinions exprimées par DiGenova et Toensing. Lui est un ancien procureur fédéral, elle a travaillé pour le sénateur Barry Goldwater. Les deux croient que les hauts fonctionnaires du FBI et du ministère de la Justice ont concocté les accusations de collusion contre Trump pour des raisons partisanes.

Je suis fondamentalement d’accord avec eux, mais on ne sait pas comment ils pourront changer la stratégie juridique de Trump si ce dernier accepte d’être interrogé par les procureurs. Dowd a soutenu que ce serait une erreur et un piège afin de l’amener à se parjurer, mais Trump a dit encore la semaine dernière qu’il aimerait rencontrer Mueller.

Il le fera probablement. Après tout, c’est sa tête qui est sur le billot et il croit qu’il est son meilleur défenseur, même quand il ne l’est pas.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Source: nypost.com

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