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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 18 avril 2018

Il y a exactement un an, le député Républicain de Californie Dana Rohrabacher a affirmé que le régime Assad était « le protecteur des chrétiens » en Syrie, lors d’une réunion de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des Représentants. 

« Les chrétiens sont souvent dépeints comme des partisans du régime syrien, » explique le Dr Georges Fahmi, Professeur associé au programme Moyen-Orient et Afrique du Nord du Royal Institute of International Affairs (5).

« Il y a deux raisons principales à cela : la plupart des régions chrétiennes n’ont pas été témoins de manifestations contre le régime, et de nombreux dirigeants ecclésiastiques ont déclaré leur soutien au président syrien Bachar al-Assad. Le régime et certains groupes islamiques ont encouragé cette perception – elle sert leurs objectifs d’étiqueter la guerre civile en Syrie de guerre ethnique.

Cependant, un examen plus attentif du paysage chrétien montre une image bien différente. »

On pense que les chrétiens ont constitué environ 30% de la population syrienne jusque dans les années 1920, et qu’ils représentent aujourd’hui environ 10% des 22 millions d’habitants de la Syrie. Mais le 15 avril 2014, le Patriarche Grégoire a mis en garde dans une déclaration envoyée à une organisation caritative catholique : « Il n’y a plus de lieu sûr [pour les Chrétiens] en Syrie ».

En tant que chrétiens syriens qui ont grandi en Syrie, Bahnan Yamin, Samira Moubayed, Mirna Barq, et George Stif ont réagi dans un article publié sur The Hill (1) pour dire qu’ils n’étaient pas d’accord avec ce cliché trop souvent présenté sans jamais être examiné de près.

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C’est tout à fait le genre de sujets qui sont soigneusement occultés par les grands médias. Et que Dreuz devait exposer. Car Dreuz s’est fixé une difficile mission : ne pas céder au politiquement correct – et il existe des deux côtés du spectre politique, et apporter à nos lecteurs notre honnête analyse sans compromis, sans chercher à séduire les uns ou les autres, et proposer des éléments de réflexion, et un peu de clarté dans le contexte de confusion totale où Bashar al-Assad est présenté comme un homme bon, et la perte de repères que nous observons lorsqu’il est comparé à un élément de stabilité attaqué par des forces étrangères.

L’Association Syriens Chrétiens pour la paix approuve les frappes contre Assad

Certains Français de droite pensent mieux connaître la situation sur le terrain que les principaux intéressés. Il me paraît important de leur apporter des éléments de réflexion supplémentaire.

  • Le 15 avril 2018, la branche française de l’Association Syriens Chrétiens pour la paix [JPG : à ne pas confondre avec chrétiens de Syrie pour la paix, une association pro-Assad dont plusieurs membres soutiennent le Hezbollah et brouille les cartes avec un nom proche, un peu comme l’UJFP, l’union juive française pour la Paix, qui n’a de juif que le nom, et soutient le Hamas et le boycott d’Israël. Ainsi, le père Elias Zahlawi, membre de chrétiens de Syrie pour la paix, déclarait en 2006  : «Moi, prêtre arabe, je prie nuit et jour pour que le Hezbollah tienne bon.»] dont vous trouverez l’email* à la fin de cet article si vous souhaitez en savoir plus) a approuvé les frappes américaines contre trois infrastructures syriennes, et condamné la position des patriarches des trois églises, celle d’Antioche et du reste des orthodoxes de Grèce orientale, des orthodoxes syriens et des catholiques melkites, qui ont dénoncé une « agression tripartite », c’est-à-dire la réponse militaire qui visait certains sites appartenant au régime d’Assad et à ses alliés.

Voici le communiqué publié par Syriens Chrétiens pour la paix :

  • La souveraineté de l’État syrien n’existe plus, à cause du régime de Bachar al Assad. La Syrie est occupée par l’Iran et la Russie avec le consentement et la participation du régime Assad pour le maintenir au pouvoir.
  • Les Patriarches n’ont jamais condamné l’utilisation de barils remplis d’explosifs, de bombes à fragmentation, de phosphore, l’utilisation de gaz sarin interdit au niveau international contre les civils, ni même montré le moindre signe de sympathie pour les enfants de Ghouta.
  • Ainsi, nous affirmons que l’existence du régime d’Assad avec l’appui des milices sectaires iraniennes constitue la plus grande menace pour la vie du peuple syrien, ce qui a été confirmé par les gouvernements et les organisations de la communauté internationale.
  • Par conséquent, sauver la Syrie et protéger son peuple de la destruction et des massacres qui lui sont infligés est conditionné par le départ de ce régime, la pression pour une transition politique pacifique, la sortie de toutes les milices armées de Syrie, et la construction d’un État moderne où les religieux sont tenus à l’écart de la politique.
  • C’est ce que nous demandons et en quoi nous croyons dans l’intérêt de la sécurité de notre peuple et de notre patrie.

Fin du communiqué.

Les chrétiens n’ont jamais eu de véritable liberté de religion sous le régime Assad

« Des centaines de chrétiens innocents en quête de liberté ont été torturés à mort dans les prisons d’Assad ou abattus à mort par ses brutes », dénoncent Yamin, Moubayed, Barq et Stif dans The Hill – « y compris l’activiste Bassel Shehadeh, qui a été tué lors d’une manifestation, puis tué en esprit quand les forces d’Assad ont empêché ses amis d’aller à l’église pour prier pour son âme.

L’avocat des droits de l’homme Khalil Maatouk est détenu dans les prisons d’Assad à Damas depuis plus de quatre ans pour le « crime » d’avoir défendu des détenus dans les prisons d’Assad. »

« Ces anecdotes ne sont pas nouvelles et ne sont pas des incidents isolés » ajoutent les auteurs, qui poursuivent :

« Les chrétiens n’ont jamais eu de véritable liberté de religion sous le régime Assad. Pendant des décennies, il a utilisé un mélange d’incitations et de menaces pour contrôler étroitement le clergé chrétien et s’assurer qu’ils n’étaient pas libres de dire ce qu’ils pensaient. Les chrétiens étaient beaucoup plus libres avant l’arrivée au pouvoir d’Assad, lorsque le chrétien protestant Fares al-Khouri a été élu Premier ministre de Syrie lors d’élections démocratiques en 1954. Mais sous Assad, Rohrbacher pourrait être surpris d’apprendre que les chrétiens sont légalement interdits de devenir chef d’Etat. »

« Voilà un étrange protecteur des chrétiens que celui qui nourrit et abrite leurs pires ennemis contre la volonté du monde entier. Assad a fait cela aussi – à partir de 2003, ses services de renseignement ont travaillé en étroite collaboration avec les terroristes fanatiques qui ont fini par former ISIS parce qu’il voulait empêcher l’Amérique de stabiliser l’Irak. » [JPG : en 2003, Assad a permis aux agents d’Al-Qaïda de mettre en place une présence à travers son pays et dans le nord-est de l’Irak. Des centaines de jeunes terroristes, dont beaucoup ont été recrutés en Afrique du Nord, ont pris des vols aériens à destination de Damas et se sont joints à des réseaux prêts à les faire passer en cachette de l’autre côté de la frontière. L’objectif de M. Assad : maintenir l’occupation américaine en déséquilibre en aidant Al-Qaïda à tuer les Américains. Mais la décision d’Assad s’est retournée contre lui, et il a ainsi permis à Al-Qaïda d’établir une base logistique en Syrie qui est maintenant utilisée contre lui. Le Front Al Nusra lié à Al-Qaïda mène une guerre contre le régime d’Assad avec une bande d’environ 6 000 combattants établie par les djihadistes en janvier 2012. Ce groupe veut qu’Assad soit remplacé par un islamiste sunnite. (2)]

Le groupe de chrétiens syriens poursuit :

« La révolution syrienne a commencé il y a six ans en tant que mouvement multiethnique et multiconfessionnel, mais Assad a libéré des dizaines d’extrémistes de ses prisons dans un effort pour donner à la révolution un caractère plus islamiste et présenter le faux choix entre lui et les islamistes radicaux qu’il a nourris. Selon le département du Trésor, Assad continue d’acheter ‘une grande quantité de pétrole’ à ISIS, ce qui représente des millions de dollars. À un moment donné, les ventes de pétrole à Assad représentaient 72 % des revenus d’ISIS, selon des documents découverts lors d’un raid des forces spéciales américaines sur le ministre du Pétrole d’ISIS Abu Sayyaf.

Les chrétiens ne sont pas en sécurité dans la Syrie d’Assad.

  • Plus de 60 % de toutes les églises syriennes qui ont été détruites pendant la guerre l’ont été par le régime Assad.
  • De nombreux chrétiens ont été tués par les bombes à baril et les attaques aériennes aveugles d’Assad au cours des six dernières années, notamment ceux qui ont été bombardés à mort par des avions de guerre. 
  • Les chrétiens ont été attaqués par le Hezbollah à Yabroud, une ville mixte chrétienne et musulmane le long de la frontière libanaise, qui a été un point clé des relations interreligieuses entre les Syriens après sa libération par Assad en 2012.

Assad considère les chrétiens comme une carte sectaire utilisée pour préserver ses intérêts et préserver son régime.

Alors qu’Assad envoie des délégations de prêtres dans le monde entier, y compris aux États-Unis, pour défendre son régime et le Hezbollah, avons-nous oublié le prêtre chrétien qui a été assassiné et traîné dans les rues par des agents de sécurité syriens pour avoir défié Assad pendant la révolte kurde du milieu des années 2000 ?

Les Syriens, chrétiens et musulmans, sont victimes d’un régime tyrannique d’un côté et de terroristes islamistes radicaux comme ISIS et Al-Qaïda de l’autre

En privé, de nombreux dirigeants chrétiens qui ont défendu le régime d’Assad et le Hezbollah lors de voyages dans les pays occidentaux nous ont rencontré et nous ont envoyé des messages au cours des dernières années nous expliquant comment le régime les avait contraints à le faire.

En tant que dirigeants de Christiens syriens pour la Paix, une organisation chrétienne syrienne internationale ayant des antennes aux États-Unis, dans l’Union européenne et en Turquie, et qui a été mentionnée par le député Louis Frankel en réponse aux mensonges de Rohrabacher, nous avons combattu le faux récit de propagande d’Assad au cours des six dernières années.

Nous avons travaillé, ainsi qu’un réseau de chrétiens à l’intérieur de la Syrie, dans l’opposition pour promouvoir la démocratie laïque et les droits de l’homme pour tous les Syriens. De nombreux chrétiens syriens sont représentés aux plus hauts niveaux de l’opposition syrienne, y compris le Comité supérieur de négociation et la Coalition syrienne, qui ont été reconnus comme les représentants légitimes du peuple syrien par les États-Unis et la communauté internationale.

À l’heure actuelle, les Syriens, chrétiens et musulmans, sont victimes d’un régime tyrannique d’un côté et de terroristes islamistes radicaux comme ISIS et Al-Qaïda et d’autres groupes radicaux de l’autre.

Pourtant, la grande majorité des Syriens à l’intérieur de la Syrie et dans le monde entier veulent simplement un pays démocratique laïque comme celui dont nous jouissons ici aux États-Unis, avec des droits égaux pour tous les citoyens.

Les chrétiens syriens ont vécu en Syrie pendant des siècles avant Assad, mais n’ont atteint les plus hauts niveaux de gouvernement que lorsque la Syrie était démocratique. L’adoption par Rohrbacher du récit sectaire colporté par le régime d’Assad n’aide pas à atteindre l’objectif de la démocratie laïque et ne fait que mettre en danger des chrétiens comme nous.

Si le Congrès américain veut vraiment protéger les chrétiens syriens, il devrait adopter la loi sur la protection civile de César Syrie de 2017, qui imposerait des sanctions à tous ceux qui soutiennent les crimes de guerre du régime. Ces sanctions, qui s’appliqueraient également à la Russie et à l’Iran, donneraient au président Trump un outil important pour faire avancer un règlement négocié qui retire Assad du pouvoir et transforme la Syrie en une démocratie laïque où tous les Syriens peuvent être protégés indépendamment de leur religion ou de leur appartenance ethnique. »

  • Bahnan Yamin est le secrétaire national des chrétiens syriens pour la paix et est basé à Burbank, en Californie.
  • Samira Moubayed est membre du conseil d’administration de Syrian Christians for Peace et chercheur au Muséum national d’Histoire naturelle à Paris, France.
  • Mirna Barq est membre du conseil d’administration de Syrian Christians for Peace et présidente du Syrian American Council. Elle vit à Orlando, en Floride, où elle est ingénieur.
  • George Stifo est membre du conseil d’administration de Syrian Christians for Peace et président de la branche américaine de l’Assyrian Democratic Organization, un parti d’opposition syrien de chrétiens assyriens. Il vit à Boston, MA, et était auparavant membre du Conseil national syrien de l’opposition syrienne.

Contrairement à la perception donnée par le régime Assad afin de s’attirer la sympathie de l’Ouest, une majorité de chrétiens syriens n’ont pas de position définitive sur le conflit. Certains soutiennent même Assad – relativement.

Ainsi, l’Organisation d’aide chrétienne, Open Doors International, dans son rapport World Watch 2012 (3), déclarait :

« La communauté chrétienne a vécu dans des conditions relativement pacifiques sous le régime séculier du président Bachar al-Assad. Tant que les chrétiens ne troublaient pas l’harmonie communautaire ou ne menaçaient pas le gouvernement, ils étaient tolérés et avaient la liberté de culte ».

Cette déclaration date de 2012. 500 000 morts séparent cette date d’aujourd’hui. Notez également le mot « relativement » car il est important. Relativement à Gaza et à Ramallah, les chrétiens étaient mieux traités en Syrie qu’avec les islamistes du Hamas et de l’Autorité palestinienne. Mais infiniment moins qu’au Liban voisin, et à des années lumières de la façon dont ils vivent en Israël, seul pays du Moyen-Orient où leur nombre augmente.

A l’inverse, je m’abstiens de faire écho au Barnabas Fund, une organisation pro-Assad d’aide à l’église persécutée qui franchi allègrement la ligne rouge de l’antisémitisme (4), et va très loin dans son soutien au dictateur syrien. Il déclarait dans un communiqué :

« Une campagne militaire soutenue par l’Occident en alliance avec les rebelles syriens contre le régime d’Assad semble de plus en plus probable, et cela pourrait être dévastateur pour l’Église en Syrie. »

Les prises de position antisémites du Barnabas Fund ne font pas de lui une organisation honorable. Dans un communiqué et un article publié en mars 2017 (depuis supprimé de leur site internet), dénonçant la persécution des chrétiens d’Erythrée, le Barnabas Fund comparait le sort des chrétiens réservé en Érythrée dans le régime totalitaire communiste à Israël. Il expliquait que l’Erythrée est un régime violent, totalitaire et communiste, avec un bilan épouvantable lorsqu’il s’agit de persécutions religieuses des chrétiens parrainée par l’Etat, et prétendait qu’Israël est également responsable de la persécution de ce groupe (sic).

Des chrétiens pro-Assad et des chrétiens apolitiques

La majorité des chrétiens de Syrie regarde la révolution avec scepticisme, en particulier depuis son islamisation

Georges Fahmi :

« J’ai passé l’année dernière à interviewer des chrétiens syriens, religieux et laïcs, de différentes villes syriennes : Damas, Alep, Homs et Al-Qamishli. Certains d’entre eux sont toujours basés en Syrie, tandis que d’autres ont quitté le pays.

Il y a certainement des chrétiens qui soutiennent le régime, y compris de hauts dignitaires religieux, des représentants de l’État et des gens d’affaires dont les intérêts sont investis dans le régime. Il y a aussi des chrétiens qui ont soutenu la révolution depuis le premier jour.

  • Il y a cinq ans, à Damas, un groupe de chrétiens a commencé à se réunir pour discuter de la manière dont les chrétiens pourraient soutenir la révolution. Ils ont rejeté la position de soutien de la direction de l’Église à l’égard du régime Assad et ont rédigé une lettre soulignant les valeurs de liberté et de dignité pour tous les Syriens, qu’ils ont remise aux dirigeants.Les activistes chrétiens ont travaillé pour sensibiliser leurs compagnons chrétiens à la révolution et à ses objectifs. L’un de ces groupes était Bassel Shehadeh, du nom d’un jeune réalisateur qui s’est rendu à Homs pour documenter la révolution par vidéo ; il a été tué en mai 2012 alors que le régime bombardait la ville. Dans des villes comme Homs, Alep et Al-Qamishli, des militants chrétiens ont participé à des manifestations et à des sit-in. Beaucoup ont été arrêtés, certains d’entre eux plusieurs fois.Avec la militarisation de la révolution, beaucoup de ces chrétiens se sont orientés vers le travail humanitaire. Leurs noms de famille chrétiens leur permettent de franchir plus facilement les points de contrôle du régime pour acheminer l’aide dans les zones assiégées.L’opposition syrienne aujourd’hui, y compris l’armée syrienne libre, comprend plusieurs personnalités chrétiennes, parmi lesquelles George Sabra, négociateur en chef du Haut Comité de négociation, et Abdelahad Steifo, vice-président de la Coalition nationale des forces de la révolution et de l’opposition syrienne.
  • Pourtant, les deux groupes – ceux qui soutiennent le régime et ceux qui soutiennent la révolution – sont une minorité parmi les chrétiens. La majorité n’est ni avec le régime ni avec l’opposition. Ils regardent la révolution avec scepticisme, en particulier depuis son islamisation, mais ils ne soutiennent pas non plus le régime.
  • Un haut dignitaire religieux m’a dit comment les chrétiens de sa région sont prêts à prendre les armes pour défendre leur quartier contre les attaques de groupes islamiques armés – mais cela ne se traduit pas par un soutien au régime. Ils refusent de servir dans l’armée ; ils ne veulent pas se battre pour ce régime. Beaucoup pensent que le régime se soucie peu de leur sécurité.
  • En avril 2013, une semaine avant son enlèvement, l’évêque Yohanna Ibrahim, chef de l’Église syriaque orthodoxe à Alep, a reproché au régime syrien de ne pas avoir su faire face à la crise actuelle.
  • Certains chrétiens qui soutenaient le régime expriment maintenant leur mécontentement à l’égard des services publics médiocres fournis par l’État et accusent le régime de négliger les zones chrétiennes.
  • Il y a quelques mois, un autre évêque syrien a averti le régime de ne pas mettre à l’épreuve la patience des chrétiens de sa région en raison de la détérioration des services publics. »

Hind Kabawat apporte un point de vue (6) concomitant sur les chrétiens syriens. Elle est négociatrice au sein du comité de négociation de l’opposition syrienne et directrice des études pour la construction de la paix à l’Université interreligieuse George Mason (USA) :

« Non, Bachar Al Assad n’est pas le protecteur des chrétiens orientaux. La vérité, c’est qu’il est un maître dans la manipulation des minorités. Il a enfermé les chrétiens d’Orient dans une alternative intenable : montrer leur soutien à un régime que beaucoup d’entre eux détestent, ou être livrés à la folie sanglante des jihadistes.

La répression de Bachar sur son peuple n’a jamais épargné les chrétiens.

En libérant les terroristes emprisonnés pour qu’ils aillent grossir les rangs de Daech en Syrie, Bachar a polarisé le conflit syrien et emprisonné les chrétiens dans des alternatives inacceptables. »

Conclusion

Comme pour tant d’autres choses en Syrie, rien n’est tout blanc ou tout noir, il y a beaucoup de zones grises. Là où les groupes islamiques présentent une menace réelle, les chrétiens sont susceptibles de se tourner vers le régime. Moins ils représentent une menace, plus les chrétiens sont susceptibles d’adopter une position neutre ou critique à l’égard du régime.

« Dans les régions où la séparation entre les communautés musulmane et chrétienne est claire, conclut Georges Fahmi, comme c’est le cas dans certains quartiers de Homs et d’Aleppo, les chrétiens sont plus proches du côté du régime car il est plus facile pour Assad de pousser sa propagande en qualifiant les révolutionnaires de « terroristes sunnites » pour massacrer les minorités.

Dans les quartiers mixtes, cependant, il est plus difficile pour les chrétiens de croire que leurs voisins sont des terroristes – car ils les connaissent, et ils sont plus susceptibles de comprendre les raisons de ceux qui ont choisi de se révolter. »

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Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

* L’Association Syriens Chrétiens pour la paix (SCP) est la branche française de l’organisation Syrienne Chrétiens pour la paix.

Voici l’email pour communiquer avec l’organisation : Sychpourlapaix@Gmail.Com

(1) http://thehill.com/blogs/pundits-blog/religion/332938-dont-be-fooled-assad-is-no-friend-of-syrias-christian-minorities
(2) https://www.washingtontimes.com/news/2013/aug/19/al-qaeda-rat-line-from-syria-to-iraq-turns-back-ag/
(3) https://www.quora.com/Why-Christians-in-Syria-like-Bashar-al-Assad-regime
(4) https://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:WN30JK3-0BUJ:https://www.cfi.org.uk/downloads/Open%2520Letter%2520to%2520Barnabas%2520Fund.pdf+&cd=1&hl=en&ct=clnk&gl=au&client=safari
(5) https://www.chathamhouse.org/expert/comment/most-syrian-christians-aren-t-backing-assad-or-rebels
(6) http://diplomatie-humanitaire.org/en/no-bashar-al-assad-is-not-the-shield-of-eastern-christians/

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