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Publié par Magali Marc le 22 avril 2018

Afin de souligner le 70e anniversaire d’Israël, j’ai traduit l’article d’Efraim Inbar qui présente un bilan positif des réalisations de l’État juif. D’après lui, en dépit des préoccupations concernant son avenir, Israël réussit économiquement, militairement, et sur la scène internationale.

Cet article est paru en anglais le 18 avril sur le site du Middle East Forum.


L’avenir se présente bien

Introduction

À 70 ans, Israël est en grande forme même si les débats sur sa santé persistent.
La gauche israélienne radicale semble préoccupée par l’avenir du pays et insiste sur l’urgence de résoudre le conflit israélo-falestinien, faute de quoi elle considère que l’État juif est condamné.
Les gauchistes prétendent que le caractère démocratique d’Israël, sa légitimité internationale et sa résilience face à des conflits prolongés sont menacés par l’impasse actuelle.
Il est vrai qu’Israël a fait face à des menaces existentielles de la part de ses voisins depuis sa création. Étant un État de petite taille, son existence est précaire. De plus, les Juifs ayant une conscience historique se souviennent qu’un État juif a été détruit deux fois par de puissants empires. Donc, rien ne peut être pris pour acquis.
Cependant, dans cet article, je souhaite démontrer que le temps travaille pour Israël. Une analyse de l’équilibre des forces entre Israël et ses ennemis, et les caractéristiques internes qui façonnent le pouvoir national d’Israël (son économie, sa cohésion sociale et son système politique) et de la position d’Israël dans la communauté internationale, valide l’évaluation selon laquelle Israël a la main haute sur son avenir.

La question de la sécurité nationale

L’équilibre des forces entre Israël et ses voisins joue un rôle critique dans la quête d’Israël pour sa survie dans une région aussi dangereuse. Tant que le différentiel de pouvoir entre l’État juif et ses ennemis augmente, la capacité d’Israël à surmonter les défis sécuritaires régionaux est assurée.
Israël a construit une puissante machine militaire qui a réussi à résister à de nombreuses attaques, bénéficiant d’une main-d’œuvre qualifiée et motivée ainsi que d’armes perfectionnées. Ses victoires ont montré à ses ennemis qu’Israël ne peut pas être détruit par la force. Sa supériorité militaire a largement contribué au déclin de l’intensité du conflit arabo-israélien. Le dernier conflit militaire conventionnel à grande échelle impliquant des avions et des chars remonte à 1982.

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En outre, un processus de paix avec les États arabes a commencé, réduisant ainsi les chances qu’une guerre conventionnelle arabo-israélienne à grande échelle soit déclenchée.
Depuis 1982, Israël a employé la force principalement contre des organisations armées, telles que le Hezbollah, les organisations terroristes falestiniennes et les milices islamistes, qui utilisent diverses méthodes : le terrorisme, les attentats suicides et les tactiques de guérilla.
Israël est également de plus en plus confronté à l’utilisation de missiles lancés sur des bases militaires et des centres de population. Le terrorisme est l’arme des faibles et les terroristes sont moins dangereux que les États, même si se battre contre eux coûte cher en vies humaines et en argent.
La capacité des organisations non étatiques à nuire à Israël sont amplifiées par le soutien qu’elles reçoivent des États-nations tels que l’Iran. Ainsi, l’arsenal de plus de 100 000 missiles entre les mains du Hezbollah représente un défi très sérieux pour Israël. La stratégie de l’ennemi est de lui infliger des souffrances et de mettre à l’épreuve sa détermination.
Israël a mis en place un système anti-missiles à plusieurs niveaux, mais il est peu probable que cela puisse fournir une défense infaillible.
Les systèmes anti-missiles israéliens sont impressionnants. Les batteries du Dôme de fer déployées pour intercepter les menaces de missiles atteignant 70 kilomètres ont enregistré un record impressionnant, un taux d’interception de 88%, lors des affrontements à Gaza.
Le système de défense antimissile, la Fronde de David, prévu pour répliquer à des menaces de 300 kilomètres est également opérationnel.
Israël a aussi déployé des intercepteurs Arrow-2 et Arrow-3, conçus pour fonctionner contre les missiles à longue portée. Le périmètre défensif établi reflète l’excellence des industries militaires israéliennes, une composante importante de la supériorité militaire d’Israël. Mais encore une fois, ces systèmes ne peuvent pas fournir une défense complète compte tenu du nombre de missiles déployés contre Israël.
Israël a développé une option nucléaire qui renforce son image d’État puissant. De telles armes sont un rappel constant que les tentatives de destruction de l’État juif pourraient coûter très cher. Elles ont une valeur dissuasive principalement contre les États hostiles.
En revanche, les rivaux d’Israël dans le monde arabe souffrent d’une grande faiblesse. Leurs sociétés stagnantes sont toujours aux prises avec le défi de la modernité comme l’indiquent les bouleversements dans le monde arabe. Leur capacité à contester militairement le statu quo est limitée [1].
Bref, au fil du temps, Israël est devenu plus fort tandis que ses ennemis, à l’exception de l’Iran, sont devenus de plus en plus faibles.
Le seul grand défi de sécurité nationale dans la région est un Iran nucléaire.
Un tel développement constitue non seulement une menace directe pour Israël mais pourrait aussi déclencher une chaîne de prolifération nucléaire, un changement dans l’équilibre régional du pouvoir et une prise de contrôle iranienne des ressources énergétiques dans le Golfe et le Bassin Caspien.
Même si la communauté internationale est devenue plus attentive au point de vue israélien sur cette question, elle a néanmoins échoué à arrêter les progrès iraniens dans la quête d’un arsenal nucléaire, en appuyant le JCPOA (Le plan d’action global commun) de juillet 2015.
Il est tout à fait possible qu’Israël soit laissé seul face aux aspirations nucléaires de l’Ayatollah. Par chance, l’obstruction et peut-être même la destruction du programme nucléaire iranien ne dépassent pas les capacités israéliennes.

Une économie forte

Les pouvoirs militaire et économique sont liés et se renforcent mutuellement. Israël continue d’avoir l’avantage sur ses voisins arabes en raison de ses prouesses économiques. L’économie forte d’Israël est le résultat de politiques raisonnables, mettant l’accent sur les valeurs du marché et s’adaptant à la mondialisation.
Israël est l’une des économies de marché les plus développées avec une participation gouvernementale substantielle, quoique décroissante. Le principal moteur de l’économie est le secteur de la science et de la technologie. L’industrie manufacturière et l’agriculture d’Israël, malgré des ressources naturelles limitées, sont très développées et de haut niveau technologique.
En reconnaissance de ses réalisations économiques, Israël a été admis en 2010 comme membre de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui regroupe les 33 pays les plus développés, à la fois démocratiques et centrés sur l’économie de marché.
Après des années de taux de croissance annuels supérieurs à 5%, l’expansion économique s’est mise au ralenti. En 2016, la croissance était de 4% et en 2017 de 3,4%. Pourtant, la projection à long terme pour 2020 est de 4,1%.
Israël a également réussi à réduire son ratio dette / PIB de 100% en 2002, à 74% en 2012 et à 61,9% en 2017. La prévision est en baisse continue tandis que ce ratio grimpe dans la plupart des pays.
Le déficit budgétaire et le chômage en Israël en 2012 étaient respectivement de 4,2% et 6,9%. En 2016, les chiffres respectifs étaient de 2,5% et un peu au-dessus de 4%. Ces chiffres sont nettement inférieurs à la moyenne de l’OCDE. En effet, toutes les institutions économiques internationales telles que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale ont salué la performance économique d’Israël et exprimé leur confiance dans sa viabilité à long terme.
Israël réussit également à attirer les investisseurs étrangers, en particulier dans le domaine de la haute technologie [2].
Des dizaines de grands fabricants américains, dont General Electric, General Motors, Microsoft, IBM, Google, Apple et autres, ont des centres de recherche et développement (R&D) en Israël. Quelque 300 entreprises américaines de haute technologie y ont une présence en R&D, et de nombreux entrepreneurs étrangers investissent dans et /ou acquièrent des sociétés israéliennes de haute technologie.

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Israël est un chef de file mondial en conception de micro-puces, d’algorithmes de réseau, d’instruments médicaux, en gestion et désalinisation de l’eau, en agriculture, en défense antimissile, en guerre robotisée et en fabrication de drones. L’intégration réussie dans une économie mondialisée témoigne également du fait qu’Israël n’est pas isolé dans la communauté internationale – une question discutée ci-dessous.
Israël a le taux le plus élevé de diplômes universitaires décernés par rapport à la population mondiale. Israël produit beaucoup plus de documents scientifiques par habitant que n’importe quelle autre nation, et possède l’un des taux de brevets par habitant les plus élevés. Plus important encore, 4,5% de son PIB va à la recherche et au développement, la proportion la plus élevée au monde.
La démographie robuste d’Israël, un taux de fécondité record par rapport aux pays occidentaux de trois naissances par femme, apporte un souffle favorable à son économie. De plus, le gouvernement israélien développe des programmes pour mieux former les Arabes et les Ultra-orthodoxes afin d’augmenter leur participation à la main-d’œuvre israélienne.
La main-d’œuvre qualifiée supplémentaire est un élément important de sa croissance économique.
Les découvertes de gaz naturel dans sa zone économique en Méditerranée permettent à Israël d’améliorer sa viabilité économique et d’atteindre son indépendance énergétique.
Une croissance économique soutenue exige des politiques économiques responsables et une capacité à résister aux exigences populistes. Jusqu’à présent, les dirigeants politiques d’Israël ont relevé ce défi, et certains signes montrent que le système politique a intériorisé la nécessité de poursuivre dans la même voie.
Malgré des progrès économiques remarquables, le PIB par habitant d’Israël en 2016 était de 37 292 dollars (inférieur à celui de la plupart des pays occidentaux), ce qui a besoin d’être amélioré.
L’économie israélienne qui se chiffre à 318,7 milliards de dollars est plus importante que tous ses voisins immédiats mis ensemble. L’économie en expansion d’Israël lui permet d’encourir des dépenses militaires plus importantes afin de relever ses défis de sécurité nationale et de maintenir les ressources lui assurant de conserver l’avantage dans la R&D afin de remporter de futures guerres.

Une société forte

Les gens qui décrivent Israël comme une société profondément divisée – divisée en tribus séparées – se trompent. En fait, la cohésion sociale en Israël est plus forte que jamais. La plupart des fractures sociales d’Israël ont été comblées. C’est une bonne nouvelle pour la capacité de la société israélienne à résister aux épreuves inévitables qu’un conflit prolongé pourrait causer à l’avenir.
Il est significatif que le débat idéologique acerbe concernant l’avenir des territoires acquis en 1967 est terminé. Le Sinaï qui a été échangé pour un traité de paix en 1979, les hauteurs du Golan annexées de facto en 1981 et Gaza évacuée en 2005, ne sont plus des sujets de discorde. Plus des deux tiers des Israéliens s’opposent à toute concession territoriale sur les hauteurs du Golan. La guerre civile en Syrie n’a fait que solidifier de telles positions.
Concernant la Judée et la Samarie, il y a une grande majorité en faveur de la partition – qui est l’approche sioniste historique. Mais de grandes majorités insistent également pour conserver les blocs de «colonies», Jérusalem (le Mont du Temple en particulier) et la vallée du Jourdain.
La création d’une Autorité «Palestinienne» (AP) en 1994 équivalait à une autre partition de facto, plutôt désordonnée.
Le scepticisme à l’égard de la capacité de construction d’un État par les Falestiniens est répandu, mais très peu d’Israéliens préconisent l’annexion des villes de Judée et de Samarie.
En outre, Israël a construit une barrière de sécurité en Judée/Samarie en 2002, signalant ainsi sa détermination à se désengager des principaux centres de population falestiniens et à marquer une future frontière potentielle.
Le débat territorial actuel n’est pas formulé de manière idéologique, mais plutôt de manière pragmatique, considérant ce qui est nécessaire pour la sécurité d’Israël et ce qui est le moins coûteux en termes de politique intérieure.
L’espoir d’une coexistence pacifique avec les Falestiniens des années 1990 a été remplacé par un consensus réaliste selon lequel la paix n’est pas au rendez-vous.
Le public israélien est généralement réconcilié avec l’idée qu’Israël devra vivre par l’épée dans un avenir prévisible, et la majorité est prête à payer le prix d’une lutte à long terme. Gérer le conflit avec les Falestiniens est devenu la position dominante en Israël, faute d’une meilleure solution.
Les Israéliens rejettent l’argument selon lequel l’impasse actuelle dans les négociations israélo-falestiniennes constitue inévitablement une dynamique démographique conduisant à un État binational.
La volonté d’Israël de partager le territoire et la capacité du système politique à se désengager unilatéralement d’un territoire fortement peuplé d’Arabes annulent l’argument «démographique». Tout comme Israël n’est pas concerné par le nombre de bébés nés à Amman, en Jordanie, il n’est pas trop préoccupé non plus par le taux de fécondité des femmes arabes à Naplouse, en Judée/Samarie.
Les Israéliens comprennent que, malheureusement, ils sont captifs dans un conflit tragique à long terme avec les Falestiniens et ils sont assez patients pour attendre des temps meilleurs.
Le rejet par les Falestiniens des propositions de partition israéliennes

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