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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 22 avril 2018

Beaucoup réclament les preuves qu’Assad a lancé une attaque chimique à Douma le 7 avril dernier. Ils demandent une enquête indépendante. Parmi eux, un grand nombre a par avance décidé de rejeter les résultats de l’enquête si elle confirme que l’attaque chimique a bien eu lieu. Si Assad déclarait demain qu’il a bien conduit l’attaque chimique, ils diraient qu’il a été contraint et forcé et que cela ne prouve rien.

Cet article ne s’adresse pas ceux qui à la fois demandent des preuves et ont décidé de les refuser si elles ne leur donnent pas raison, et je les encourage à ne pas le lire.

Cet article est destiné à ceux de nos lecteurs, la majorité, qui souhaitent sincèrement avoir des éléments de preuve de l’attaque chimique.

⇒ En toute honnêteté, il faut reconnaître qu’il n’est pas facile, voire impossible, pour les Russes et pour Assad, ou pour quiconque d’ailleurs, d’apporter une preuve négative, une preuve que quelque chose ne s’est pas produit, et de prouver qu’il n’y a pas eu d’attaque chimique.

Cependant, plusieurs points me dérangent pour leur donner le bénéfice du doute :

  1. La Russie a dans un premier temps offert des explications qui contredisaient celles d’Assad, niant qu’une attaque a eu lieu, tandis qu’Assad accusait les rebelles de l’avoir déclenchée. Puis la Russie a modifié ses déclarations et s’est depuis alignée sur le narratif d’Assad selon lequel il s’agit d’une attaque par les rebelles.
  2. Avoir bloqué l’équipe de l’OIAC pendant une semaine, après avoir refusé au Conseil de sécurité de l’ONU qu’une enquête soit déclenchée, ne plaide pas en la faveur d’un des seuls moyens dont Assad et Poutine disposent : une totale transparence pour montrer leur bonne foi.

Les inspecteurs en armes chimiques ont pu enfin prélever des échantillons, ce samedi, 2 semaines après l’attaque chimique présumée en Syrie, et ils devraient avoir les résultats des tests dans un délai d’environ une semaine.

Douma était la cible finale de la campagne du gouvernement pour reprendre le contrôle de la banlieue Est de Ghouta aux rebelles après sept ans de révolte. Les militants ont cédé et abandonné la ville quelques jours après l’attaque présumée.

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Les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont blâmé le gouvernement du président Bachar Assad pour cette attaque présumée et ont bombardé des installations d’armes chimiques syriennes une semaine plus tard.

Ceux qui soutiennent qu’Assad n’utilise pas d’armes chimiques sont en porte-faux lorsqu’ils dénoncent le bombardement de ses installations chimiques : que leur importe que Trump les ait pulvérisés, s’ils sont convaincus qu’Assad ne s’en est jamais servi et ne s’en servira jamais ?

Le gouvernement syrien et son allié, la Russie, ont nié en bloc toute responsabilité dans cette attaque. Encore une fois, à part nier, il ne leur est pas facile d’apporter de preuves négatives.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a réclamé une enquête, que la Russie a commencé par refuser, c’était la 6e fois que la Russie opposait son veto à toute enquête indépendante sur le terrain.

Les inspecteurs de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) ont finalement été autorisés à se rendre sur place, mais ils ont été retardés d’une semaine à Damas avant de pouvoir se rendre dans la ville de Douma, où l’attaque présumée s’est produite.

La Russie a depuis été accusée d’avoir empêché les inspecteurs d’atteindre le site où 75 personnes auraient trouvé la mort dans la ville de Douma tenue par les rebelles il y a exactement deux semaines, et dans les capitales occidentales, on craint qu’une grande partie des preuves de ce qui s’est passé le 7 avril ne soit plus là.

L’OIAC a déclaré dans un communiqué qu’elle a visité « l’un des sites » à Douma pour prélever des échantillons pour analyse dans des laboratoires désignés par l’agence, ajoutant qu’elle « envisagerait des mesures futures, y compris une autre visite possible à Douma ». Elle a déclaré que la mission rédigera un rapport basé sur les résultats, « ainsi que d’autres informations et matériels recueillis par l’équipe « . La mission de l’OIAC n’a pas de mandat pour désigner les responsables de l’attaque.

Enquête bloquée une semaine

Une équipe de sécurité de l’ONU a quitté Douma immédiatement après avoir essuyé des tirs d’armes légères mardi dernier sur l’un des sites destinés à l’inspection. Personne n’a été blessé. Il y a également eu une petite explosion sur le site.

Avant cela, la Russie a bloqué les enquêteurs au prétexte qu’ils ne disposaient pas des autorisations nécessaires. Le siège de l’OIAC à La Haye avait immédiatement rejeté ces affirmations, et l’ONU a confirmé que les enquêteurs avaient reçu toutes les autorisations réclamées par la Russie.

Les États-Unis et la Grande-Bretagne ont alors accusé le gouvernement syrien et la Russie de retarder l’enquête pour camoufler l’affaire. Lundi dernier, lors d’une réunion d’urgence au siège de l’OIAC à La Haye, les diplomates occidentaux ont accusé le gouvernement syrien et Moscou de faire obstruction à l’équipe.

La Russie a nié les allégations, affirmant que certaines parties de Douma devaient encore être déminées et que les inspecteurs entreraient mercredi. Ils n’ont été autorisés à entrer que samedi.

Cependant, beaucoup de monde est entré et sorti de Douma, pendant les 15 jours qui ont séparé l’attaque présumée de la visite des inspecteurs.

  • Tout d’abord, c’est la police militaire russe qui s’est déployée dans toute la région après cinq ans de contrôle par les rebelles.
  • Ensuite, l’armée syrienne est arrivée,
  • puis des journalistes ont été emmenés par Moscou sur place et ont parcouru lundi dernier les lieux présumés de l’explosion et interviewé les survivants qui leur ont été présentés. La plupart de ces reporters, notait The Guardian, ont la faveur de Moscou.

Tout le monde entrait et sortait… Mais il manquait quelqu’un : les inspecteurs, qui étaient arrivés en Syrie la semaine précédente pour établir ce qui s’est réellement passé à Douma, et qui six jours plus tard, exigeaient toujours un accès complet et sécurisé au site, retard qui a renforcé les soupçons des résidents locaux et des gouvernements occidentaux que les autorités syriennes et russes utilisaient chaque jour qui passait pour camoufler l’attaque.

Jeudi, les États-Unis ont déclaré qu’ils disposaient des informations crédibles suggérant que la Syrie et la Russie s’efforçaient de retarder la mission de l’OIAC.

« Les responsables russes ont travaillé avec le régime syrien, selon nous, pour nettoyer les lieux des attaques présumées et éliminer les preuves incriminantes de l’utilisation d’armes chimiques « , a déclaré Heather Nauert, porte-parole du département d’État américain.

Deux sons de cloches

Je ne crois pas avoir vu beaucoup de médias récapituler les témoignages des uns et des autres. J’ai pensé intéressant de le faire, car ils montrent que tous n’ont pas vu ou rapporté la même chose. Qui ment, qui dit vrai ?

Témoignages contre

  • Le journaliste de ITV News, Jonathan Wald, s’est entretenu avec un haut fonctionnaire syrien qui a déclaré que les inspecteurs de l’OIAC étaient à Douma pendant environ 10 heures entre 6h et 15h30, heure locale.

ITV News a reçu d’autres informations sur l’incident, mercredi 18 avril, lorsque l’OIAC a déclaré que le personnel de sécurité de l’ONU, effectuant une évaluation de sécurité avant la visite des inspecteurs, a été soumis à des tirs d’armes légères et à une détonation d’explosifs.

Le haut responsable du gouvernement syrien a déclaré que l’équipe de sécurité de l’ONU a été attaquée par un kamikaze du groupe militant Jaysh al-Islam et que l’attaque a blessé un soldat russe et a causé des blessures mineures à un autre soldat russe et à deux civils syriens.

Le même fonctionnaire du gouvernement syrien a insisté sur le fait qu’ils n’ont à aucun moment gêné l’OIAC, car les inspecteurs en armes chimiques ont tenté d’entrer à Douma depuis au moins le dimanche 15 avril, date de leur première arrivée à Damas. L’OIAC avait déclaré dans un communiqué avoir été empêché d’entrer dans la zone sous le prétexte qu’elle n’avait pas les autorisations nécessaires, ce que l’ONU a immédiatement dénoncé.

  • Le 18 avril, RealClear Politics citait un journaliste de la chaîne conservatrice One America News, Pearson Sharp, qui s’est rendu à Douma, à la recherche de preuves d’une attaque chimique. Les habitants qu’il a interrogés ont nié les allégations d’une attaque et affirmé qu’il s’agissait d’une mise en scène pour aider les rebelles à s’échapper.

« Quand j’ai demandé [aux médecins de l’hôpital] ce qu’ils pensaient de l’attaque chimique, ils m’ont répondu – tous m’ont répondu – qu’elle était mise en scène par les rebelles qui occupaient la ville à l’époque. Ils ont dit que c’était une fabrication et un canular, et quand je leur ai demandé pourquoi, ils m’ont dit que c’était parce que les rebelles étaient désespérés et qu’ils avaient besoin d’un stratagème pour se débarrasser de l’armée syrienne afin de pouvoir s’échapper », a rapporté Sharp.

  • L’ancien ambassadeur du Royaume-Uni en Syrie, Peter Ford, a déclaré à la BBC Radio Scotland le 11 avril dernier au sujet de l’attaque présumée d’armes chimiques Douma :

« Le gouvernement syrien n’est probablement pas coupable.
Les sources qui affirment qu’il y a eu une attaque à l’arme chimique sont des propagandistes, des jihadistes pro-islamistes.
L’incident a probablement été mis en scène et il est probable que personne n’est mort. »

  • Bien entendu, je ne tiens pas compte du témoignage de Robert Fisk, un journaliste fièrement pro-Hamas dont la crédibilité est à peu égale à celle d’un enfant de cinq ans pris la main dans le pot de confiture vous expliquant qu’il n’est pas coupable.

D’autant que le témoignage de Fisk est maintenant remis fortement en question. Il a été établi qu’il a fait partie d’un groupe de journalistes qui ont été emmenés à Douma par le gouvernement syrien et sous son contrôle, et que les témoins qu’il a pu interroger sont ceux qui lui ont été présentés par le régime syrien. Il n’a pas fait un travail d’investigation sérieux qui consistait à chercher lui-même ses propres témoins afin d’éviter d’avoir à faire à des personnes briefées ou menacées.

Témoignages pour

  • Après l’attaque présumée, des témoins ont décrit sur les réseaux sociaux une odeur de chlore dans l’air, et des images vidéo du lieu le plus meurtrier montraient des hommes, des femmes et des enfants qui semblaient être morts, avec des traces de mousse à la bouche, un symptôme qui pourrait indiquer une exposition à un agent neurotoxique. Bien entendu, personne n’a pu certifier l’authenticité de ces images, qui auraient très bien pu être fabriquées.
  • Lundi dernier, alors que les enquêteurs de l’OIAC n’avaient pas le droit d’entrer sur la zone, CBS News s’est rendu à l’une des maisons où l’attaque chimique présumée a eu lieu.

« Tout d’un coup, du gaz s’est répandu autour de nous « , a raconté un voisin. « On ne pouvait pas respirer, ça sentait le chlore. »

Les forces syriennes ont repris la zone aux rebelles. Cela signifie qu’ils contrôlent maintenant le bâtiment où la vidéo montrant une bonbonne coincée dans un plafond a été prise. Hamzeh, le frère de Nasr Hanan, est vu dans cette vidéo, sans vie et moussant à la bouche. Dans la cuisine, il nous a raconté comment son frère avait essayé d’enlever les produits chimiques.

Nous lui avons demandé de nous emmener là où le missile aurait frappé, et il nous a montré le missile.

  • Deux reporters de CNN, Arwa Damon et Gul Tuysuz, ont interrogé une femme rescapée de l’attaque. Umm Nour nous montre ses jumelles de sept ans avec des sacs à dos roses assortis de Dora l’exploratrice. Umm Nour se souvient que « quelqu’un a crié attaque chimique ». « Je sentais ma gorge serrée, mon corps se relâchait comme si on m’avait tout aspiré. »

Elle a réagi comme si ses bras se sont tendus, comme si elle pouvait à peine rassembler la force de saisir les bras de ses filles. Elle a réussi à prendre ses filles et monter l’escalier. Elles sont arrivées au quatrième étage lorsque des obus d’artillerie ou des fusées – elle n’est pas sûre – se sont écrasés dans le bâtiment, le secouant.

« C’était comme si nous étions entre deux morts », a-t-elle dit. « L’attaque chimique aux étages inférieurs tandis que les autres frappaient aux étages supérieurs. »

« Les gens d’ici croient que les frappes [contre Assad] font partie d’un jeu politique plus large et n’avaient que peu d’intérêt à mettre fin à leurs souffrances ou les soulager. L’intervention n’a pas fait grand-chose pour éliminer le reste de l’arsenal mortel d’Assad », souligne-t-elle.

  • Malak, 18 ans, a témoigné à CNN qu’elle berçait son bébé de quatre mois quand l’attaque s’est déclenchée. Sa voix est plate, étouffée par le désespoir, comme si elle s’était résignée à l’idée que rien ne peut les sauver de leur souffrance. Elle était sous terre quand l’attaque chimique a eu lieu.

« Quand l’odeur nous a frappés, nous avons vomi. Ma bouche s’est remplie de mucosités. Je ne pouvais pas m’arrêter de tousser « , dit-elle sans émotion, comme si le fait d’être gazée pendant qu’elle se cachait dans un sous-sol était une routine. « Nous sommes arrivés à une clinique, où ils nous ont donné de l’eau et de l’oxygène. »

  • « On a entendu qu’il y a eu une attaque au chlore », a déclaré un témoin à ABC News. « Tout le monde a commencé à se cacher et ne savait pas quoi faire. Ce qui s’est passé, personne ne le savait. On a commencé à entendre qu’il y a eu 45 morts dans l’immeuble où se trouvait ma famille. Nous voulions y aller, mais personne ne nous a laissé entrer. Personne ne nous a laissés venir ici. »

Le journaliste d’ABC News a pu rencontrer ceux qui ont été évacués. Ils ont raconté leur expérience. Immédiatement après l’attaque, des familles entières se sont cachées dans les sous-sols de Douma alors qu’une substance gazeuse jaune s’infiltrait dans les endroits où ils se cachaient.

Luttant pour respirer, beaucoup étaient incapables de sortir dehors, disaient-ils. Les vomissements, l’incapacité de contrôler leurs membres et la mousse à la bouche sont des symptômes d’empoisonnement toxique.

  • Bilal Abou Salah, un journaliste activiste de Douma qui a quitté la ville après la prise de pouvoir par le gouvernement, a dit qu’il craignait que le personnel du gouvernement russe et syrien détruise des preuves potentielles au cours des deux semaines qui se sont écoulées depuis l’attaque présumée. C’est Abou Salah qui est entré dans l’un des bâtiments affectés par la prétendue attaque au gaz, le lendemain, et a pris des images d’une bouteille jaune avec une valve à gaz coincée dans un plafond. Il a dit qu’elle s’était écrasée dans le toit et montrait une entaille dans le plafond à l’endroit où elle était censée être passée. Ses affirmations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante. Mais le cylindre ressemblait à d’autres, identifiés par l’ONG internationale Human Rights Watch sur d’autres sites d’attaques au chlore gazeux attribuées au gouvernement en 2016.
  • ABC News a eu accès aux pièces dans lesquelles le monde a vu des enfants qui luttaient pour respirer et qui étaient trempés dans l’eau, maintenant silencieux. Les journalistes ont également pu accéder à la chambre à coucher délabrée dans laquelle une fusée était posée sur le lit, la fusée n’existe plus.
  • Raed Saleh, le chef du groupe de recherche et de sauvetage de la défense civile syrienne, également connu sous le nom de Casques blancs, a déclaré mercredi à l’Associated Press que son organisation a donné à l’OIAC les coordonnées de l’endroit où des victimes du 7 avril ont été enterrées, afin que les inspecteurs puissent prélever des échantillons biologiques.
  • La semaine dernière, Ishak Majali, un ancien inspecteur de l’OIAC, a déclaré qu’il était peu probable que les inspecteurs trouvent des preuves sur le site après un tel retard.

« Cela fait beaucoup de temps que l’attaque a eu lieu », a-t-il dit à Al Jazeera.« Donc, si vous avez le contrôle d’un site avec des produits chimiques pendant si longtemps, il est très facile de trafiquer l’endroit et de changer les faits sur le terrain. 

Vous pouvez faire ce que nous appelons, dans le domaine militaire, un processus de décontamination, qui consiste à éliminer toutes les preuves sur le terrain en utilisant d’autres produits chimiques pour neutraliser ceux du terrain. Aussi, vous pouvez altérer l’arme elle-même…. puis préparer des témoins ou des rapports médicaux. »

  • Des personnes présentes à Douma ont déclaré que les responsables militaires syriens et russes sont entrés à plusieurs reprises sur les sites et les installations médicales que l’Organisation internationale pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) est censée passer au peigne fin pour trouver des preuves.
  • « Dans ces enquêtes internationales, on trouve toute une série de parties prenantes qui ont un pouvoir important mais qui ne veulent peut-être pas que la vérité éclate, ou qui veulent peut-être que leur version de la vérité éclate », a déclaré Jerry Smith, un consultant en matière de risques qui a participé à des missions antérieures de l’OIAC en Syrie.
  • Alastair W.M. Hay, toxicologue et professeur à l’Université de Leeds, a déclaré que le chlore était susceptible d’avoir déjà disparu du site et que toute trace trouvée dans les échantillons biomédicaux des victimes était susceptible d’être non concluante parce que le chlore apparaît naturellement dans le corps.Les restes d’un agent neurotoxique seraient également de plus en plus difficiles à trouver, dit-il, bien qu’ils puissent être détectés dans les échantillons de victimes vivantes ou de corps exhumés.« Il pouvait aussi être coincé dans les murs ou sur les rochers voisins, tant qu’il n’y avait pas de tentative de les enlever « , dit-il.
  • Les résidents disent s’inquiéter du fait que les autorités syriennes et leurs alliés russes trafiquent l’histoire du 7 avril.

« Ils nous ont demandé de ne pas parler de quoi que ce soit. Il y a eu un avertissement direct », a dit un homme qui a déclaré que sa sœur est morte dans l’attaque et qui a parlé sous condition d’anonymat par crainte pour sa sécurité. « Les preuves ont été effacées. Il n’y aura aucune preuve. »

L’OIAC a déclaré qu’elle évaluera la situation et envisagera des mesures futures, y compris une autre visite possible à Douma.

Les échantillons prélevés seront transportés au laboratoire de l’OIAC à Rijswijk, puis envoyés pour analyse aux laboratoires désignés par l’OIAC.

Les images qui ont émergé de Douma dans les heures qui ont suivi l’attaque ont montré des corps sans vie qui se sont effondrés dans des pièces bondées, certains avec de l’écume autour du nez et de la bouche.

Les travailleurs médicaux et les militants de Douma à l’époque ont déclaré qu’au moins 40 personnes ont été tuées.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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