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Publié par Ftouh Souhail le 23 avril 2018

Recep Tayyip Erdogan a violé les engagements de son pays pris lors du dernier sommet tripartite sur la Syrie, réunissant les présidents iranien, russe et turc, qui a eu lieu le 4 avril 2018 à Ankara. Il a fini par soutenir la Coalition occidentale dans les frappes américano-franco-britannique du 14 avril dernier contre des installations militaires syriennes. 

Le président turc et d’autres responsables d’État d’Ankara se sont exprimés en faveur des frappes aux missiles du trio américano-franco-britannique contre la Syrie.

Dans un communiqué, le ministère turc des Affaires étrangères a annoncé qu’il s’agissait d’une riposte proportionnée à l’usage d’armes chimiques à Douma. Pour le président turc, Recep Tayyip Erdogan, par ces attaques, le front occidental a transmis un message aux dirigeants des pays de la région, en ce sens que les massacres en Syrie ne resteraient pas sans réponse.

Erdogan se pose donc en défenseur des positions occidentales sur la Syrie alors que son pays avait accueilli un sommet, quelques jours auparavant, avec le président iranien Hassan Rohani et le chef d’État russe Vladimir Poutine qui insistait que toute intervention internationale sans l’autorisation de Moscou et de l’État syrien était à bannir.

La Turquie, elle-même membre de l’OTAN, n’a pas contribué militairement aux frappes du 14 avril contre des cibles en Syrie ; elle s’est bornée à exprimer un appui verbal aux frappes américano-franco-britannique ; ce afin de détourner les opinions publiques à travers le monde, des agressions militaires turques à Afrin, connues sous le nom de Rameau d’olivier.

Lorsque les États-Unis ont annoncé il y a quelque temps avoir l’intention de créer une armée de 33 000 effectifs kurdes le long des frontières du nord de la Syrie, les Turcs se sont vivement inquiétés.

Par son appui verbal aux récentes attaques limitées occidentales contre des cibles en Syrie, la Turquie aurait cherché à se réconcilier avec les Etats-Unis dont elle exige une extradition de Fethullah Gülen, l’homme qui, à en croire Ankara, aurait été à l’origine du coup d’État raté du 15 juillet 2016.

La Turquie première à réagir positivement aux frappes

Le ministère turc des Affaires étrangères s’est dit satisfait des frappes occidentales contre des cibles sur le territoire syrien. La Turquie était  même la première  réagir positivement aux frappes de la coalition occidentale contre des cibles syriennes à proximité de Damas, à Homs et à Hama.

Le ministère turc a publié à cette occasion un communiqué dans lequel il estime que l’opération des États-Unis, coordonnée avec la Grande-Bretagne et la France, en Syrie est « une riposte aux actes inhumains, récemment survenus à Douma » et que cette attaque mérite d’être saluée par la Turquie.

« La Turquie accorde une importance toute particulière à de telles mesures punitives envers de tels crimes dans le but d’inciter le régime syrien à se montrer plus responsable envers des incidents pareils. Étant donné une telle expérience, il est nécessaire de parvenir à un consensus au sein de la Communauté internationale et du Conseil de sécurité pour lancer une action militaire conjointe contre les parties qui sont à l’origine de ce genre d’attaques », signale le communiqué, comme pour rappeler que les promesses turques envers Vladimir Poutine et Hassan Rohani sont vaines.

Le communiqué turc va même à l’encontre des positions russes et iraniennes qui nient catégoriquement  l’existence d’armes chimiques aux mains du régime syrien :

« Le recours aux armes de destruction massive et aux armes toxiques contre les civils constitue un crime contre l’humanité. Qui plus est, le régime d’Assad utilise depuis plus de 7 ans les armes non-conventionnelles et chimiques contre son peuple. Ses exactions sont signalées régulièrement et la communauté internationale n’a aucune doute sur ce sujet. »

Juste avant que les frappes n’aient lieu, Ankara évitait soigneusement d’expliciter sa position sur d’éventuelles frappes américaines contre la Syrie.

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Pour Moscou, Ankara a commis une grave erreur par son soutien aux attaques occidentales 

Selon Konstantin Kosachev, président de la commission des affaires étrangères du Conseil de la Fédération de Russie, la Turquie, en soutenant les attaques américaines contre la Syrie, a commis une grave erreur.

« Les attaques balistiques des Occidentaux ne visaient pas les illusoires centres de fabrication d’armes chimiques mais elles cherchent à compromettre le processus de règlement de la crise syrienne. Nous comprenons que le gouvernement turc ait des différends avec le gouvernement syrien mais cela ne justifie en rien le soutien d’Ankara aux attaques américaines. Le règlement de la crise syrienne passe uniquement par les pourparlers tripartites dont la Turquie est l’un des garants », a noté le 15 avril Konstantin Kosachev sur son compte Facebook, réagissant au soutien apporté par la Turquie aux attaques de la coalition franco-britannique sous commandement américain.

Konstantin Kosachev, président de la commission des affaires étrangères du Conseil de la Fédération de Russie

 

« Les États-Unis et leurs alliés soutiennent les groupes terroristes qu’ils qualifient indûment d’opposants modérés, mais ces mêmes opposants modérés viendront demain dans leur pays et massacreront leurs citoyens », a poursuivi Konstantin Kosachev, qui a ensuite conclu en disant que les Etats-Unis et leurs alliés n’avaient pas tiré de leçon des attaques du 11 septembre 2001.

 

Pour Téhéran aussi la position d’Ankara est incompréhensible 

Le président iranien Hassan Rohani a eu le 17 avril 2018, un entretien téléphonique avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan au cours duquel il a déclaré qu’il était impératif de poursuivre les consultations et les échanges irano-turcs pour parvenir à une position commune face aux frappes américano-franco-britanniques contre la Syrie.  Il a ajouté que le moment serait mal choisi pour que les deux pays cessent leurs efforts en ce sens, eu égard aux récents événements en Syrie.

Le président iranien a souligné aussi que certains pays occidentaux se sentaient forcés d’intervenir en Syrie et que « c’est un fait très pernicieux pour les relations internationales que quelques pays puissants et arrogants s’octroient le droit d’attaquer dès qu’ils le souhaitent les autres pays dans le monde. »

« Les attaques chimiques multiples de Saddam contre le peuple iranien nous ont prouvé que les superpuissances mondiales n’ont en réalité aucune sensibilité à ce sujet », a noté le président iranien, en ajoutant « Si les pays qui ont agressé la Syrie étaient réellement à la recherche des auteurs de l’attaque chimique, pourquoi n’ont-ils pas laissé les inspecteurs de l’OIAC procéder à leurs investigations ? »

« Tous ces développements reflètent l’importance de la coopération conjointe Iran-Turquie-Russie. Dans la situation actuelle, la réduction de la tension en Syrie et la non-intervention des pays occidentaux pourraient être considérées comme nos deux priorités. Nos trois pays ont fait jusque-là du bon travail et il est nécessaire de poursuivre ce travail ensemble pour atteindre l’objectif ultime qui est de rétablir la paix en Syrie et dans la région », a enfin conclu le président iranien.

Le président turc a quant à lui déclaré : « Il faut que les inspecteurs de l’OIAC commencent au plus vite leur travail et que toutes les parties concernées les aident dans la recherche de la vérité ».

« Comme nous l’avons déjà dit au cours de la réunion des chefs d’État à Ankara (Rohani-Poutine-Erdogan), nous ne laisserons pas certains cercles bien connus se mêler des affaires de la Syrie et procéder à son démantèlement », a ajouté Erdogan au cours de cet entretien.

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Erdogan, un pied avec les Russes …et un autre avec l’OTAN 

Le mois de mars dernier Ankara a formulé une demande réclamant une aide occidentale dans son agression contre les Kurdes au nord de la Syrie. Le dictateur turc s’est adressé vers l’OTAN pour demander son soutien, estimant que  les Turcs avaient fait la découverte choquante que leur appartenance à l’OTAN était de la « cinquième classe », l’appartenance à des devoirs contraignants et sans aucun droit en retour.

Erdogan a appelé le 10 mars 2018 l’OTAN à venir en Syrie et à aider à protéger les frontières turques contre le terrorisme. « Je parle à l’OTAN, où êtes-vous ? Venez en Syrie. Pourquoi ne venez-vous pas … La Turquie ne fait-elle pas partie de l’Alliance ? Vous avez fait appel à nous en Afghanistan, en Somalie et dans les Balkans… Maintenant, je vous invite en Syrie, pourquoi ne pas répondre à l’appel ? »

Cet appel surprenant venant d’un chef musulman turc a plusieurs significations et vise à atteindre deux objectifs :

  • Le premier est que le dictateur turc, impliqué militairement à Afrin, a commencé à comprendre que la résolution de la crise dans cette ville kurde syrienne ne serait pas facile et cela pourrait être coûteux à cause de l’afflux de combattants kurdes de Raqqa et Qamichli et il cherche donc l’aide de l’Alliance atlantique qui a fourni aux Turcs de grands services aux temps forts de la Guerre froide.
  • Deuxièmement, il n’est pas improbable que par cet appel d’aide, Erdogan se soit adressé plutôt au peuple turc que l’OTAN pour faire croire que l’Alliance atlantique  chrétienne n’est pas intervenue pour protéger les frontières de leur pays musulman contre « le terrorisme kurde»  et qu’elle s’est dérobée à toutes ses obligations dans le cadre de la Charte de l’Alliance.

Erdogan veut démonter au peuple turc que l’OTAN traite avec la Turquie sur la base du système de « maître et esclave », selon lequel l’esclave doit obéir aux ordres du maître, et que c’est ce qu’avait fait la Turquie quand l’OTAN l’a appelée à intervenir en Afghanistan, en Somalie et dans les Balkans.

L’OTAN ne répondra jamais aux appels désespérés du président turc, tout comme l’Union européenne s’oppose à la demande d’adhésion de la Turquie. La Turquie est un État musulman, membre d’une alliance chrétienne (OTAN), et qui a perdu son intérêt après la Guerre froide, l’effondrement de l’ex-Union soviétique et la fin du Pacte de Varsovie. Voilà pourquoi les cris et les appels d’Erdogan à l’OTAN restent sans réponse…

Le sommet tripartite, organisé par Erdogan à Ankara au début du mois avril 2018 et auquel ont participé les président russe Vladimir Poutine et iranien Hassan Rohani, a été une autre occasion ratée pour Erdogan pour réparer toutes les erreurs stratégiques d’Ankara des sept dernières années. Il n’a pas permis à la Turquie  d’obtenir un soutien politique et militaire à son projet d’attaque contre Manbij. La Turquie ne peut pas aller à  Manbij sans le soutien de Poutine et Rohani.

Entrer à Manbij après Afrin signifie l’affrontement avec les États-Unis, dont les troupes sont stationnées dans la ville et qui possèdent environ 20 bases militaires le long de la frontière turco-syrienne.

 

Dernier cri de désespoir d’Erdogan vers les USA

Le dictateur turc, qui vient de trahir les Russes en soutenant les frappes occidentales contre la Syrie, a lancé une nouvelle accusation, cette fois contre les Américains.

Les menaces pour la Turquie sont représentées en premier lieu par ses partenaires stratégiques, a déclaré  Recep Tayyip Erdogan dans une interview, le 22 avril 2018, pour la chaîne de télévision turque NTV, en sous-entendant que les États-Unis accordaient leur soutien aux Unités de protection du peuple kurdes (YPG) qu’Ankara considère comme «terroristes».

«D’où vient la menace ? En premier lieu, elle émane de nos partenaires stratégiques […] Malheureusement, les États-Unis et la coalition transmettent à titre gratuit des armes et des munitions aux organisations terroristes», a-t-il déploré.

Le dictateur turc a ajouté que les États-Unis avaient envoyé cinq mille camions d’armes au nord de la Syrie, ce qui représente une menace directe pour la Turquie. Erdogan a également critiqué Washington pour son refus d’extrader l’ex-imam Fethullah Gulen, en commentant la demande de Washington de libérer Andrew Branson, pasteur évangéliste arrêté en Turquie pour suspicion de collaborer avec le mouvement Gulen (FETO).

« Les États-Unis doivent se souvenir des mesures qu’ils ont prises et respecter l’accord sur l’extradition, s’ils veulent que le pasteur américain Branson soit libéré », a-t-il expliqué, en ajoutant que la demande américaine était illégale.

Après ce putsch avorté, environ 55.000 personnes, dont Andrew Branson, ont été arrêtées en Turquie et 140.000 fonctionnaires ont perdu leur travail. En 2017 lors d’une rencontre avec le Président turc, M. Donald Trump lui avait demandé de libérer le pasteur américain. Erdogan a, quant à lui, proposé en septembre 2017 d’échanger Fethullah Gulen contre Andrew Branson.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Ftouh Souhail pour Dreuz.info.

 

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