Publié par Jean-Patrick Grumberg le 28 avril 2018

Bon anniversaire amer pour la première dame des Etats-Unis. CBS, c’est tout à son honneur car il penche à gauche, a attiré l’attention du public sur l’absence totale de neutralité des médias et leur deux poids deux mesures manifeste qui se glisse même jusqu’à leurs rapports aux Premières Dames.

CBS Evening News a terminé son programme de mardi dernier avec un reportage mettant en lumière le souper officiel à la Maison-Blanche et les efforts déployés en coulisses par la Première Dame Melania Trump pour le réussir.

En tout bien tout honneur, le raffinement que Melania Trump a montré pour la visite officielle du président Macron a été salué par la plupart des médias américains. C’est peut-être ce qui a tourné les projecteurs vers une réalité honteuse :

Pendant la présidence de son mari, Michelle Obama a reçu les honneurs des couvertures de plus de 30 grands magazines américains.

Pour l’instant, sauf erreur, Mme Trump a fait la couverture de… deux magazines américains, et elle est apparue une seule fois sur celle d’un magazine étranger, Vanity Fair Mexique.

Sur CBS donc, en plein milieu du journal du soir, la journaliste Jan Crawford a souligné que de nombreuses personnes considéraient comme flagrante la politique des deux poids deux mesures des médias par rapport au fait que Mme Trump est apparue sur les couvertures de beaucoup moins de magazines américains que Michelle Obama.

“Elle est une femme de peu de mots, considérée comme une créature tellement mystérieuse, même ses choix vestimentaires sont scrutés à la recherche d’indices [négatifs],” a noté Crawford. (CNN, il est vrai, a essayé une fois d’affirmer que Melania protestait contre son mari en portant une robe blanche).

Crawford a parlé d’une «politique des deux poids deux mesures manifeste» en citant un tweet de l’acteur James Woods :

“Si les Trump étaient démocrates, Melania serait sur la couverture de chaque magazine féminin chic du monde tous les mois”, a-t-il écrit.

Pire encore, si Crawford avait fait une recherche approfondie, elle aurait constaté que Melania Trump est apparue sur des nombreuses couvertures de magazines… avant de devenir Première dame. Depuis, plus rien.

Et ceci, dans un contexte où le Président Trump est quotidiennement dans les spotlights, où chacun de ses tweets, chaque mot, chaque action est soigneusement taillé en pièce et critiqué pendant des heures et des heures d’émission.

Pendant la présidence de son mari, Michelle Obama a eu l’honneur d’être en couverture de plus de 30 grands magazines américains, et d’un nombre très important de magazines étrangers.

Pour l’instant, Mme Trump n’a fait la couverture d’aucun magazine américain et a apparu seulement une fois sur celle d’un magazine étranger, a rappelé Crawford. Cette différence énorme est la raison des remarques de la journaliste.

Crawford est allée encore plus loin, en comparant l’élégance de Melanie à celle de l’épouse du président John F. Kennedy, Jackie Onassis :

“Il y a presque 20 ans, quand elle sortait avec M. Trump, le New York Times avait dit qu’elle pourrait être ‘l’épouse politique parfaite’. Elle a alors répondu que si un jour elle devenait première dame, elle serait ‘traditionnelle’ comme Jackie Onassis. Et depuis l’inauguration, après avoir fait ses premières preuves qu’elle était en effet comparable à Jackie O., elle a résisté aux moments difficiles de son mari avec dignité, un peu comme sa célèbre prédécesseuse.

Melania Trump est la première dame du [21e] siècle, comme Jackie O était la première dame du siècle précédent”, a déclaré à Crawford Paolo Zampolli, un ami de la famille Trump.

“Nous avons très bien vu comment elle a transformé la Maison-Blanche, la façon dont elle décore la Maison-Blanche. Elle a son propre goût – très élégant, très chic.”

Crawford a ensuite complimenté Melania pour sa manière de s’habituer à être Première dame, et son travail dans l’organisation du souper officiel pour les époux présidentiels française.

“Bien que son mari aime faire les choses en grand, de manière ostensible, et signées par des marques, leur premier souper officiel sera plus petit et avec moins de célébrités que ceux que l’on a connus dans le passé”, a-t-elle précisé. “Cela reflète une première dame sûre d’elle-même, de plus en plus visible, assistant aux funérailles de Barbara Bush, accueillant le Premier ministre japonais et sa femme à Mar-a-Lago la semaine dernière.”

Poursuivant, Crawford ajoute :

“Plus tôt ce mois-ci, elle a invité des collégiens à la Maison-Blanche pour parler des problèmes rencontrés par les enfants, des choses qui ne la laissent pas indifférente car elle est la mère d’un collégien elle-même”.

Alors que la plupart des journalistes de gauche essaient éperdument de prétendre qu’il n’existe aucune politique du deux poids, deux mesures par rapport à la Maison-Blanche, CBS News, qui ne semble pas partager leur opinion, restera probablement isolé, à moins que Jan Crawford soit violemment attaquée par ses confrères pour avoir osé penser par elle-même et exprimer une opinion différente de ce que la gauche médiatique impose à la presse.

“Certains rédacteurs en chef de magazines font passer la politique avant l’argent et vice versa”, a déclaré Samir Husni, directeur du Centre d’innovation des magazines de l’Université du Mississippi.

Lorsqu’il a été demandé si Vogue avait proposé à Melania Trump d’être sur leur couverture, Zara Rahim, une porte-parole de Vogue, a fait référence à une interview que la rédactrice du quotidien de luxe Anna Wintour a donnée au Wall Street Journal en février 2017, et a refusé de commenter davantage.

Dans l’interview, Wintour, qui connaît les Trump depuis un certain temps, n’a pas caché son soutien à Hillary Clinton.

“Évidemment, nous avons senti que c’était un moment de l’histoire pour les femmes”, a-t-elle dit au journal. “Dans de tels moments, il faut prendre une position de leader…. Pour moi, c’était pour soutenir les femmes.”

Au sujet de Melania Trump, Wintour a déclaré :

“Nous avons une tradition de toujours couvrir la première dame, chez Vogue, et je ne peux pas imaginer que cette fois-ci, ce serait différent.”

Un diaporama des premières dames qui sont apparues dans Vogue ne contient aucune photo de Mme Trump.

Vogue n’a pas interviewé Melania Trump depuis qu’elle est devenue Première dame. Elle est apparue sur la couverture de Vogue en 2005 dans une robe de mariée Christian Dior – pour son mariage avec Donald Trump. Jamais depuis.

Et comme le note Samir Husni, les médias font passer la politique avant la neutralité requise par leur métier. Car les Américains aiment leur Première dame. Un sondage Gallup de décembre a relevé que sa cote de popularité atteint 54 %, en hausse de 17 points depuis janvier 2017, et que s’ils la faisaient figurer en première page glacée de leurs magazines, leurs ventes s’envoleraient.

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