Publié par Jean-Patrick Grumberg le 9 avril 2018

Le président russe Vladimir Poutine ne manque pas d’air. Dans le contexte du demi-million de morts en Syrie dont la Russie est le soutien actif, Poutine ose être en colère contre Israël !

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Le ministère russe des Affaires étrangères vient de publier une déclaration condamnant Israël. « L’utilisation de la force par Israël contre les Palestiniens, sans discernement, est inacceptable », a déclaré le ministre.

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Je trouve particulièrement hypocrite, de la part du président russe, d’accuser Israël d’utiliser la force « sans discernement ».

Car le même Poutine, en 2002, a employé l’arme chimique pour régler le problème des otages au théâtre Dubrovka de Moscou. Il a envoyé des gaz, peut-être les mêmes que ceux qui ont été employés en Syrie par Assad la semaine dernière, dans les systèmes de ventilation, et a tué indistinctement les 40 terroristes et 204 otages d’une mort atroce.

Chacun a le droit d’avoir sa propre opinion sur Poutine. Chacun a le droit d’excuser, justifier et approuver la façon dont il a réglé la prise d’otage par les barbares musulmans tchétchènes. Mais accuser Israël d’agir sans discernement après avoir gazé 204 otages et 40 terroristes, pour le coup sans le moindre discernement, ne pouvait pas passer sous ma plume sans être dénoncé.

Il y a 24 heures, le président Donald Trump a condamné la nouvelle attaque chimique en Syrie qui a tué des femmes et des enfants, et a qualifié le président syrien Bashar al Assad d’ « animal ». Il a également nommément critiqué le président russe Vladimir Poutine pour son soutien au régime syrien :

« Le président Poutine, la Russie et l’Iran sont responsables de soutenir Assad, cet animal. Ils auront un gros prix à payer. Nous demandons qu’ils ouvrent immédiatement l’accès de la zone à l’aide médicale et aux enquêteurs. Une autre catastrophe humanitaire sans aucune raison. Répugnant !”

Bien que le gouvernement américain travaillait encore à vérifier l’affirmation des militants de l’opposition et des sauveteurs syriens selon laquelle l’arme chimique a été utilisée, Trump a déclaré qu’il y aurait un « grand prix à payer » pour l’utilisation par Assad d’armes de destruction massive interdites.

Un haut fonctionnaire de la Maison-Blanche, interrogé sur la possibilité d’une attaque de missiles américains, a répondu : « rien n’est exclu ».

On se souvient qu’il y a un peu plus d’un an, le président Trump fraîchement élu a ordonné le tir de dizaines de missiles sur une base aérienne syrienne qui a servi à une attaque chimique par Assad qui a été depuis confirmée par plusieurs enquêtes. Trump avait alors déclaré qu’Assad « a étouffé la vie de civils sans défense » lors d’une attaque utilisant des gaz interdits.

Des images d’enfants blessés avaient alors incité le président à lancer cette frappe aérienne, et ce dimanche, nous avons reçu des images similaires de jeunes Syriens.

Le 5 février dernier, l’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU Nikki Haley a accusé la Russie de protéger le président syrien Bashar al Assad de ce qu’elle a qualifié de « multiples attaques » au chlore sur des civils au cours des semaines précédentes.

Haley avait déclaré devant le Conseil de sécurité de l’ONU que la Russie a retardé l’adoption d’une déclaration du Conseil condamnant l’utilisation d’armes chimiques, y compris une attaque qui aurait eu lieu le 1er février dans les banlieues de Damas et de Ghouta, et qui ont blessé plus de 20 civils, dont des enfants.

Ce lundi 9 avril, l’aéroport militaire syrien T-4 a été frappé par des tirs de missiles, faisant plusieurs morts, dont une quinzaine d’Iraniens, a rapporté l’agence officielle syrienne Sana.

Ces frappes sur l’aéroport de Tayfur, près de Homs, interviennent alors que le président américain a annoncé vouloir apporter une réponse forte à l’« attaque chimique » qui a fait des dizaines de morts dans la Ghouta orientale samedi 7 avril.

Très tôt ce lundi, Dreuz publiait un flash faisant état de ce bombardement. Les médias syriens venaient de mentionner que de tirs de missiles de croisière avaient visé l’aéroport militaire syrien de Tayfur. Puis nous avons vu des vidéos du ciel libanais traversé par un missile, publiées par des internautes libanais.

Le correspondant régional de RFI, Paul Khalifeh, confirma rapidement que les missiles ont traversé le ciel du Liban, et que cinq explosions ont été entendues au-dessus de la plaine orientale de la Bekaa. Plusieurs médias et journalistes proches de Damas ont, eux, fait état d’une attaque aux missiles de croisière contre l’aéroport T-4, situé entre les villes de Palmyre et de Homs, dans le centre de la Syrie.

Une source syrienne citée par plusieurs médias a indiqué que le système antimissile syrien a riposté aux attaques qui ont fait plusieurs morts et blessés, sans fournir un bilan plus détaillé.

Selon l’OSDH, 14 combattants, dont des Iraniens, 16 selon mes sources, ont été tués dans la frappe.

Cependant, Américains et Français nient avoir procédé à ce bombardement et la Russie et la Syrie accusent Israël.

« L’agression israélienne sur l’aéroport T-4 a été menée par des avions F-15 qui ont lancé plusieurs missiles », affirme une source militaire syrienne citée par l’agence officielle Sana.

Israël a plusieurs fois averti Poutine qu’il sera inflexible et qu’il ne tolèrera aucune installation de base militaire iranienne qu’il considère comme représentant un danger pour sa sécurité. C’est dans ce contexte que Poutine emploie la réthorique soviétique digne de la guerre froide.

Israël a déjà bombardé cette base aérienne en février dernier, en représailles après qu’un drone eut pénétré dans l’espace aérien israélien. Les renseignements israéliens ont alors affirmé que cette base militaire aérienne accueillait des membres de l’unité d’élite des gardiens de la révolution iranienne.

L’Iran répète depuis dix ans qu’il travaille à un nouveau génocide des juifs et qu’il veut faire disparaître Israël des cartes. L’histoire a appris aux juifs que lorsque quelqu’un les menace de génocide, ils doivent prendre la menace au sérieux.

En mars dernier, Israël a confirmé ce dont tout le monde se doutait, à savoir qu’il a effectivement détruit le réacteur nucléaire syrien durant l’été 2007. On peut juger de la vision stratégique d’Israël dans le contexte actuel, où l’Iran, premier sponsor du terrorisme dans le monde, a pris le contrôle de tout le croissant moyen-oriental qui va de l’Iran au Liban.

Conclusion

Je me répète à dessein. En travaillant sans répit pour réduire la place des États-Unis sur la scène internationale, Obama a laissé aux États voyous et aux acteurs qui financent le terrorisme le champ libre pour renforcer leurs positions. Ces Etats sont une poignée, et parce que le manichéisme n’a pas sa place en géopolitique, les Français sont incapables de le comprendre si par ailleurs ils aiment la politique intérieure d’un Poutine. Ces États dangereux pour la démocratie et la paix s’appellent Russie, Iran, Chine, Corée du Nord, Vénézuéla, Qatar…

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