Publié par Dreuz Info le 7 avril 2018

 

Je viens d’être interpellée par une amie africaine vivant en France. Elle m’envoie une vidéo montrant une toute jeune femme israélienne, habitant Jaffa, dire devant une caméra: « oui je suis raciste »… et justifier qu’elle manifeste « contre la présence d’Africains », venus du Soudan et d’Erythrée pour la plupart.

Le commentaire de l’amie appelle réponse

Je la cite : « comment des gens qui ont souffert autant du racisme peuvent-ils faire ce qu’on leur a fait (…) et que les personnes qui habitent la « terre sainte » peuvent être aussi méchantes ? Que ça lui fend le cœur».

Je n’ai pas répondu directement à cette amie ; je lui ai simplement dit ceci : (que) l’on met partout, à toutes les sauces, le mot racisme, et qu’on interdit ainsi le débat simple et précis : sur les problèmes d’ordre public ; sur les questions de ressources et d’espace ; sur toutes les questions quotidiennes qui se posent précisément à Jaffa, à savoir l’ordre public, la sécurité et l’insécurité au quotidien, pour les femmes principalement, mais pas qu’elles, et les causes humaines de ces questions.

En 2006, lorsque des Soudanais (venant de ce qui deviendra en 2010 le Soudan-sud, produit de la partition de l’ex Soudan britannique consécutive à un demi-siècle de djihad ayant fait de 5 à 7 millions de victimes parmi les chrétiens et les animistes) tapaient à la porte d’Israël, parce que c’était alors « leur seul espoir », j’ai été de ceux qui ont dit et écrit : accueillons-les.

Une vingtaine de mille ont été accueillis. D’autres ont tenté, plus tard, de gagner Israël, « leur seul espoir ». Sur la route d’Israël, ils seront souvent enlevés, torturés, réduits à l’état d’esclaves, par les futurs djihadistes daeshistes agissant dans le Sinaï égyptien.

On peut ne pas être d’accord avec la façon de s’exprimer de la jeune manifestante résidente de Jaffa, montrée par la vidéo circulant sur le Net. On peut ne pas être d’accord avec elle, mais on ne peut nier pour autant la réalité des violences quotidiennes subies par les habitants juifs de Jaffa ou de certains quartiers de Tel Aviv.

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“Toutes les 7 minutes, un Israélien est agressé par un Africain!!! La vie des habitants est devenu un enfer, et tout le monde est silencieux. Où sont les organisations des droits de l’homme ?”

Question : Est-ce « raciste », est-ce « méchant », que de ne plus vouloir supporter les violences quotidiennes ?

Et au-delà des questions de violences urbaines quotidiennes, on ne peut manquer de voir que derrière tout cela il y a le problème de savoir : si l’Afrique est et doit être un réservoir de migrantariat ou si, au contraire, elle doit pouvoir réaliser ce dont parlait fort justement Kadhafi, quoi qu’on pense de son gouvernement et de sa manière d’être ?

 

L’Afrique a un destin positif possible

L’Afrique peut se faire un destin ; elle peut se faire un destin en conformité avec la fierté exprimée par ceux qui affirment et répètent en boucle : c’est d’Afrique que l’humanité est sortie ; c’est d’Afrique qu’est sortie la civilisation, née il y a dix mille ans en Égypte purement noire puisque c’était avant que les Africains sortis d’Afrique ne s’adaptent à l’Europe et à l’Asie et n’y perdent leur mélanine et devenir « blancs ».

Si c’est effectivement à l’’Afrique que nous devons cela, comment se résoudre à ce que ce continent devienne en 2018 une masse de manœuvres pour les aventuriers dévoyant les aspirations à la fraternité universelle pour détruire les souverainetés nationales, seuls outils de la souveraineté populaire, seuls outils de la démocratie politique face au FMI, à la Banque mondiale et aux différentes bureaucraties prenant un peu partout le pouvoir au détriment des organes électifs.

La question ne serait-elle pas, plutôt que de reprocher à quelques Israéliens de trouver que les violences urbaines répétitives à Jaffa et dans deux ou trois autres lieux ont assez duré, n’est-ce pas dire clairement : ce que doit signifier, pour l’Afrique, de se doter de gouvernements nationaux fondés sur des principes démocratiques de gouvernances visant à la réappropriation des ressources agricoles et minières au bénéfice des populations ?

Oui l’Afrique a un avenir. Il n’est pas de se vider pour noyer les nations européennes sous le poids économique et culturel du migrantariat sans limite.

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Dans cette perspective positive : de fabrique de migrants, l’Afrique peut devenir une terre d’immigration et de développement auto-centré

Pour cela, il faudra qu’en Erythrée la dictature odieuse, débris du défunt stalinisme, cède la place ; pour cela, il faudra, qu’enfin cesse le bourbier sanglant d’un demi-siècle de djihad lancé par Khartoum contre les chrétiens et les animistes ; djihad continuant contre « les mauvais musulmans » du Darfour. Pour cela, il faudra que Boko Haram soit défait au Nigeria et au nord Cameroun ; il faudra aussi que les populations autochtones (groupes de « natifs » : Massaï, Khoisan, Bushmen, Pygmées…) ne soient plus traitées pires qu’elles l’étaient par les anciennes puissances coloniales.

Mais ceux qui font grief à Israël refusent de regarder ces choses en face. Ils vénèrent la migration devenue migrantariat, une nouvelle condition sociale, comme étant un destin naturel et nécessaire de l’humanité. Par conséquent, ils font à Israël le procès de vouloir rester lui-même et de ne pas accepter cette donnée.

Dans cette affaire, les Africains de Jaffa et des certains quartiers de Tel Aviv ne sont qu’un prétexte et rien qu’un maquillage d’intentions auxquelles on est partout confronté : au nom du libre marché, au nom de la libre circulation sans limite de tous et de chacun appelé à entrer dans le migrantariat succédant au salariat, laissant à l’homéostasie du marché et des flux humains non régulés le pouvoir de trouver ses équilibres toujours et nécessairement provisoires, l’intervention responsable des Etats et des gouvernements est déclarée mauvaise, xénophobe, raciste.

Bref, derrière le procès fait à Israël, on trouve la clique des libres échangistes de ce début de siècle, des personnages plutôt inquiétants pour lesquels la faillite de l’URSS équivaudrait à la nocivité de toute organisation consciente et de toute planification des grandes ressources et forces productives.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Szyja Waldman pour Dreuz.info.

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