Publié par Gaia - Dreuz le 30 avril 2018

 

Une inscription géante représentant une feuille de cannabis et une flèche blanche indiquent le lieu où l’on peut se procurer du cannabis «7J/7» «24H/24».

C’est au coeur des célèbres puces de Saint-Ouen. À l’entrée de la cité HLM des «Boute-en-train» , coincée entre le périphérique et le reste de cette ville de Seine-Saint-Denis, se trouve un immense graffiti bien visible. Dessiné par les dealers du quartier, il indique aux clients qu’ici on peut se procurer de la drogue. Le dessin représente une grande feuille de cannabis verdoyante sur fond bleu avec une flèche blanche pointant le chemin à suivre pour s’approvisionner «7J/7» «24H/24» comme il est indiqué. Même si ce n’est pas tout à fait vrai – le trafic est actif de la fin de matinée jusqu’à 23h-minuit environ -, le dessin lui est inmanquable pour les milliers de personnes qui arpentent les allées des puces le week-end.

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Ce n’est pas la première fois qu’une telle inscription est tracée à cet endroit. «Un tag représentant une feuille de cannabis et incitant à la consommation est régulièrement dessiné sur un mur à l’entrée de la cité», indique un communiqué de la mairie qui a refusé de s’exprimer au même titre que les services de police. Selon nos informations, un tag quasi identique et dessiné à cet endroit a été effacé en janvier dernier. Après avoir été signalé par la police, la mairie a fait appel aux agents de Plaine commune pour nettoyer ces tags. Selon le communiqué, les employés n’oseraient plus désormais se rendre sur les lieux et refuseraient d’intervenir sur les espaces publics limitrophes, craignant les violences qui y règnent.

Les tours des «Boute-en-train» sont connues pour les publicités en lettres rouge à leur sommet qui sont visibles du périphérique mais aussi pour les difficiles conditions de vie de leurs habitants. Le quartier est mal desservi par les transports en commun et les premiers commerces sont à plusieurs minutes de marche. Les pickpockets sont nombreux et l’endroit a été le théâtre ces dernières années d’au moins un meurtre et de plusieurs fusillades liés à des règlements de compte Mais c’est surtout le trafic qui rythme le quotidien des habitants. La mairie ne le dit pas autrement: «le trafic de stupéfiants, les squats, la violence, les files d’acheteurs dans les escaliers, la drogue cachée dans les gaines électriques et les ascenseurs, les déchets qui jonchent les paliers, les dégradations, les menaces perpétuelles (…) les habitants ont peur des caïds et de leurs représailles».

«L’État de droit est défaillant dans un quartier aux portes de Paris»

Maire de Saint-Ouen.

En bas des tours, les guetteurs, omniprésents, assurent en effet la tranquillité des transactions. Mais dans les étages, les paliers se vident de leurs habitants depuis un an. Des portes anti-squat ont muré une quarantaine d’appartements vacants sur les 200 que comptent ces tours de 16 étages construites en 1965.

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Face à cette situation, le président du bailleur social Semiso et maire de la ville, William Delannoy (UDI) a décidé à la surprise générale de ne reloger aucune famille dans ces tours «infernales». Il juge l’État de droit «défaillant dans un quartier aux portes de Paris», classé zone de sécurité prioritaire. Les locataires, eux, ont plutôt le «sentiment d’être laissés à l’abandon» par leur bailleur. En refusant tout nouveau locataire, le maire est en délicatesse avec l’État et a été rappelé à l’ordre. William Delannoy ne pourra pas compter sur le soutien de l’État pour trouver un nouveau logement aux locataires. «Ça prendra le temps que ça prendra», insiste l’élu.

Source : Lefigaro

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