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Publié par Ftouh Souhail le 4 mai 2018

La victoire du Hezbollah aux législatives du 6 mai n’épargnera pas le Liban d’une nouvelle guerre, au contraire. Le Liban s’en rapproche, ce n’est plus qu’une question de temps.

Si le Hezbollah est le grand gagnant des législatives Libanaises, les Libanais seront les grands perdants.

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Le Hezbollah a vu le jour en 1982 durant de la guerre civile de 1975 à 1990, lors du chaos général. En 36 années d’existence, le Hezbollah, classé comme organisation terroriste par les États-Unis, l’Union européenne et la Ligue arabe notamment, s’est imposé peu à peu sur un territoire grandissant. En vérité, c’est bien le Hezbollah qui contrôle maintenant le Liban.

Au niveau politique, le Hezbollah fait partie intégrante du gouvernement – deux ministres sur trente et douze députés sur 128 – et l’élection des maires dans les municipalités qu’il gère, une centaine sur près de mille.

En quelques années, il s’est fait une place de choix au pays du Cèdre, s’appuyant notamment sur un réseau associatif dense et utilisant des leviers financiers et politiques. Sa mainmise et celle de son allié iranien constituent une des raisons de l’instabilité politique, sociale, économique et la fuite des investisseurs nationaux et internationaux du pays.

Le Premier ministre sortant Saad Hariri a plusieurs fois accusé le Hezbollah d’avoir, avec son allié iranien, la mainmise sur le pays.

  • Le 31 octobre 2017, Saad Hariri se rend en Arabie saoudite. Les autorités lui font part de leurs préoccupations concernant l’influence du Hezbollah.
  • Le 4 novembre 2017, Hariri est convoqué par le prince héritier, Mohamed ben Salman et sommé de démissionner. Ce qu’il fait, en dénonçant le contrôle par l’Iran du Liban et le poids du Hezbollah.

8000 combattants libanais ont perdu la vie dans les rangs du Parti de Dieu, engagés en Syrie aux côtés des troupes de Bachar Al Assad. A la veille des législatives, les Libanaises pleurent leurs proches morts en Syrie à cause du Hezbollah.

L’implication du Hezbollah dans la guerre en Syrie, en plus de ses autres activités illicites, coûte la communauté chiite du Liban les vies de ses jeunes hommes, causant le mécontentement croissant entre les femmes qui perdent leurs maris et fils.

Le Hezbollah tente de calmer les femmes chiites, qui ont perdu leurs fils ou leurs maris dans cette guerre par procuration, avec des promesses divines ou des mariages temporaires. Les mères et les épouses en deuil sont indemnisées parfois par une promesse de rachat spirituel de Sayyeda Zaynab, la petite fille du prophète Mahomet.

Le Hezbollah a aussi envoyé des armes au Yémen, à Bahreïn et au Koweït, expédiées par le membre du Conseil central du Hezbollah chargé de la supervision des activités de la lutte armée, Cheikh Nabil Farouk.

En plaçant désormais ses forces dans une future guerre d’un tout autre type, cette fois entre Israël et le Liban, dont les Libanais ne comprennent pas la raison, le Hezbollah mettra en péril les fragiles équilibres qui maintiennent ce pays plus ou moins uni.

Alors que l’entrée en guerre du Hezbollah contre les Israéliens sera perçue comme un risque majeur pour l’avenir du Liban, pas question dans son fief de remettre en cause sa stratégie. Bien au contraire : elle ne suscite que respect et admiration dans les quartiers sud de Beyrouth, mais aussi dans les villages chiites au sud du Liban.

En prévision des élections, le chef du Hezbollah essaye de commercer avec le sang des martyrs– de la soi-disant résistance –pour mobiliser le maximum de vote, le 6 mai. Il parle des valeurs d’honneur et de fidélité aux sacrifices de son mouvement et du camp de la résistance.

Une des méthodes est la compensation financière offerte aux familles de ceux tués en Syrie. Celle-cç, cependant, n’est pas égale pour tous en raison de la corruption et de la discrimination au sein du parti. Les femmes qui perdent leurs maris ou fils sont calmées par de l’argent liquide ou un appartement offert. Le statut de «martyr» vaut entre 20 000 et 50 000 dollars à la famille, en fonction du rang social.

Le Hezbollah généreux avec l’argent des Iraniens

Un exemple révélateur de ce soutien financier : la reconstruction de la banlieue sud de Beyrouth, la «Dahiyeh», après la guerre de 33 jours avec Israël en 2006.

Le Hezbollah s’était engagé à rétablir cette zone de telle sorte qu’elle apparaisse «encore plus belle qu’avant», selon le secrétaire général de la milice chiite Hassan Nasrallah, et avait rapidement déboursé 12 000 dollars pour chaque famille ayant perdu son logement.

Portraits du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah (à gauche) et du guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei (à droite) à Beyrouth, au Liban, en 2006

Le Sud Liban, majoritairement chiite, reste la zone sanctuaire du Hezbollah. Face à un État libanais encore plus inopérant qu’ailleurs dans ces régions rurales et délaissées au sud, c’est le Hezbollah qui assure logements, soins et services d’éducation pour ses membres.

Mais le Hezbollah mange le pain que le peuple iranien n’a pas. Il dispose de son propre système social avec des hôpitaux, des dispensaires, des bureaux d’aide sociale, des entreprises, des ONG, des écoles religieuses pour garçons et filles, un conglomérat de médias (chaînes de télévision, radios, sites web), un réseau de télécommunications privé au Liban, et des capacités de cyber déstabilisation de réseaux de communication de pays et d’entreprises. En d’autres termes, le Hezbollah est un État dans l’État libanais et l’authentique «parrain» de la communauté chiite libanaise.

La milice chiite a des différentes fondations «caritatives» iraniennes, dont beaucoup sont contrôlées directement par le guide suprême Ali Khamenei, qui finance également les hôpitaux et les œuvres scolaires et caritatives du Hezbollah au Liban. Ces sommes sont difficiles à quantifier car elles n’apparaissent dans aucun budget officiel.

Le Hezbollah reçoit de l’Iran plus de 200 millions de dollars par an. Ce soutien financier arrive en espèces, et une bonne partie sous forme d’aide matérielle. Les avions-cargos iraniens livrent des armes sophistiquées, des missiles, des armes légères, au moyen de vols réguliers entre Téhéran et Damas. Ces armes sont déchargées en Syrie et transportées par camion vers les camps du Hezbollah dans la vallée de la Bekaa.

Malgré les risques de répercussions de crises régionales, et les tentatives d’entraîner le Liban dans un axe qui lui est étranger, le Hezbollah compte entraîner les Libanais dans une nouvelle confrontation avec Israël.  Personne ne peut connaître la date exacte, car les ordres viennent de Téhéran.

Au Liban, un profond pessimisme règne quant aux possibilités d’éviter une nouvelle guerre. Beaucoup pensent que l’éclatement d’une guerre n’est plus qu’une question de temps.

Alors que les menaces du Hezbollah planent sur les candidats des adversaires aux législatives, ici un slogan électoral –en arabe– du parti de Dieu rappelle que tous les chiites libanais sont aux ordres du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah.

Risque élevé aux législatives

Eu égard à son influence auprès des Libanais, le Hezbollah est bien parti pour emporter la majorité aux élections législatives libanaises. Et c’est ce qu’a prédit aussi le centre de réflexion américain, The Washington Institute.

«Nombreux sont les analystes politiques qui prennent en compte les évolutions de ces dernières années de l’échiquier politique libanais pour prédire une victoire définitive des représentants du Hezbollah au futur scrutin législatif du pays», écrit The Washington Institute.

Les élections législatives du Liban se déroulent après 9 années sans élection le 6 mai prochain. Il y a 900 candidats et 77 listes pour les 128 sièges du Parlement.

La première étape des élections législatives s’est tenue, conformément à la nouvelle loi électorale, vendredi 27 avril pour les Libanais résidant dans les pays arabes suivants : les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït, l’Arabie saoudite, l’Égypte et Oman.

L’analyste du Washington Institute croit fortement que les changements introduits dans la loi électorale et dans les coalitions politiques du Liban mèneront à la victoire du Hezbollah.

Selon le centre américain, les conditions ont considérablement changé depuis 2009 en faveur du Hezbollah qui bénéficie d’un statut et d’un certain prestige auprès d’une grande partie de la population libanaise.

«Le Courant du 14 mars, le plus important rival du Hezbollah, n’est pas encore arrivé à un consensus. Son chef, Saad Hariri, s’attend plus à une collaboration du Hezbollah qu’à rivaliser avec ce mouvement», estime l’analyste du Washington Institute qui lie le changement d’attitude de Saad Hariri envers le Hezbollah à la tension apparue entre lui et l’Arabie saoudite après son séjour à Riyad en novembre 2017.

Le centre américain écrit que la victoire du Hezbollah aux futures élections renforcera indubitablement le poids et l’influence du mouvement auprès des décideurs du pays, notamment en ce qui concerne les importantes décisions militaires et sécuritaires du Liban et il prédit :

«Bien qu’il soit trop tard pour empêcher la victoire définitive du Hezbollah aux élections législatives, la communauté internationale aura, elle, néanmoins, le temps, après ces élections, pour entreprendre des mesures susceptibles de restreindre les activités de ce mouvement.»

L’analyse met en garde les autorités américaines et occidentales pour le cas où le Hezbollah emporterait comme il le prédit les élections législatives :

«Il ne faudrait pas baisser la pression sur le Hezbollah pour la seule raison qu’il a obtenu la majorité au sein du Parlement libanais.»

Pendant ce temps, Israël semble se préparer à une guerre, car il a récemment mis en place des sirènes d’alarme en cas d’attaque de missile. Ces sirènes sont censées retentir 10 à 12 secondes après le lancement d’un missile, pour permettre aux habitants d’évacuer dans des abris prévus à cet effet.

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