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Publié par Mireille Vallette le 5 mai 2018

Le Centre suisse islam et société explique que toutes les activités des associations islamiques servent la prévention. Corollaire: il faut professionnaliser et financer les militants qui y travaillent.

Est-ce juste? Les atrocités commises au nom de l’islam font tomber sur cette religion et ses prosélytes une pluie de bienfaits. En premier lieu le label  «religion de paix et de tolérance». Dans certains cantons, il justifie une reconnaissance officielle. L’Union vaudoise des associations musulmanes, qui concourt pour être reconnue, en cite les avantages: «L’UVAM serait exemptée d’impôts et aurait accès aux hôpitaux et aux prisons pour les offices d‘aumônerie. Elle pourrait alors solliciter des subventions pour ce service ainsi que pour le dialogue interreligieux.»

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Le processus est déjà avancé, avec l’appui des chrétiens, des juifs et… de la police: «Il y a deux ans, les Églises se sont clairement positionnées contre les initiatives islamophobes. Et les autorités – notamment le directeur lausannois de la sécurité – s’informent régulièrement auprès de l’UVAM avant de diffuser des communiqués…»

Schmid Hansjörg Schmid, directeur du CSIS

Le Centre suisse islam et société (CSIS) un organisme de plus en plus puissant, va plus loin: il propose (à nos frais) des formations aux staffs des mosquées, et l’opportunité de faire dans toute la société la promotion de l’islam, elle aussi financée par les secteurs publics et parapublics.

Le Centre islam publie des «CSIS-papers» qui illustrent son projet. J’ai lu celui qui traite de la prévention de la radicalisation. Laquelle? Celle qui conduit vers «l’extrémisme violent». Objectif: ne pas pointer du doigt l’islam. Dans le texte pourtant, malheureux hasard, pas le moindre exemple de radicalisme shintoïste, marxiste ou même d’extrême droite si chère à notre clergé politico-islamique. Et donc pas le moindre atelier destiné à leurs adeptes.En Suisse, une petite centaine de musulmans sont aventurés sur les terres sanglantes.

Ce CSIS-paper est utilisé dans des formations fort garnies à usage de tous ceux qui œuvrent dans ces formes si riches de radicalisation. Ses sponsors, chaleureusement remerciés, sont le secrétariat d’État aux migrations et le Service de lutte contre le racisme. Que fait ce dernier dans la radicalisation? On peut supposer qu’il est en est un des innombrables vecteurs.

L’islam exonéré

On croit au départ que le phénomène va être défini. Que nenni! On apprend seulement que la radicalisation est «un processus» formé de moult composants dont la religion est un parmi d’autres. Ainsi, la brochure rappelle la grande découverte du Suisse Florent Bielmann qui a ausculté 10 (sic!) djihadistes faisant l’objet d’une procédure judiciaire «pour soupçon de participation aux activités d’un groupe terroriste ou de soutien au groupe État islamique ou à Al Qaïda».

Il décrit cinq dimensions composées chacune de multiples facettes du phénomène (je vous épargne l’assoupissement). «Il ressort de ces analyses que la dimension religieuse et idéologique n’est pas la plus déterminante du processus de radicalisation», la dimension biographique est la plus importante (choc, ruptures, échecs divers, passé criminel ou violent, etc.) L’ennui, c’est que si l’on ôte la religion des 25 ingrédients qu’il cite… on n’a plus ni radicalisé, ni radicalisation.

Les associations musulmanes: un rempart

La préoccupation majeure du CSIS est de faire miroiter le formidable apport des associations musulmanes dans les mesures de prévention. A cette lecture, on se demande même ce qu’elles font d’autre.

Heureux hasard: les remèdes administrés par le Centre islam rejoignent harmonieusement ceux que préconise le «Plan d’action national de lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent» (PAN). Un vocabulaire désormais quasi universel qui consiste à parler toujours du même sujet en faisant semblant de parler d’un autre.

Le PAN définit cinq remèdes à instaurer pour lutter contre le fléau, genre usines à gaz emplies de studieux ouvriers. Par le plus grand des hasards, le CSIS possède dans sa boîte de nombreux outils énumérés par le Plan… qui lui-même rejoint les recommandations de l’ONU, dont «l’inclusion des communautés et des leaders religieux dans le développement des mesures préventives».

Et les auteurs de citer une étude de Fabien Merz et Darius Farnan (2017) qui ont analysé les activités des associations musulmanes de Suisse dans le domaine de la prévention. Ils constatent que celles-ci agissent sur les niveaux «macro, meso et micro».

Macro: «Par exemple, elles organisent des journées portent ouvertes de leurs «mosquées», invitent les autorités ou la population à des repas de rupture du jeûne et s’engagent dans des activités interculturelles et interreligieuses». Et elles condamnent la violence exercée « au nom de l’islam »

Meso: elles proposent des cours de français ou d’allemand, et de religion islamique. Mais aussi «des services d’accompagnement spirituel dans les institutions publiques (!) et contribuent à la formation des imams. « Comprendre les fondements historiques et théologiques de l’islam est une mesure  incontournable de la prévention. »
Micro: elles professionnalisent l’aumônerie et le «spectre des activités des imams», proposent des entretiens et des accompagnements socio-éducatifs.

Le CSIS interviewe des personnalités qui apportent de l’eau à son moulin. Par exemple Nicolas Roguet, délégué genevois à l’intégration: «Nos partenaires sont les principales associations musulmanes de Genève (…).» Un éducateur de l’Union vaudoise des associations musulmanes, Chaouki Daraoui, est à l’origine d’un «groupe d’intervention socio-éducatif» composé de spécialistes de l’éducation sociale et de la psychologie, tous musulmans. Pourquoi? Pour créer une relation de confiance. Et être musulman permet par exemple de «situer un hadith ou un verset que mobiliserait la personne et de lui proposer une autre interprétation». On aimerait tellement les connaître, ces interprétations!

Être musulman «donne aussi un signal fort comme quoi il est possible de réussir dans la société, même avec un voile par exemple Ce qui nous rappelle que le CSIS s’efforce de faire comprendre à son vaste public non musulman qu’accepter les revendications de ses protégés est indispensable au vivre-ensemble. Et certainement à la prévention. Pour l’illustrer, certaines de ses «collaboratrices scientifiques» portent le foulard.

Former tout l’effectif des mosquées

D’après son expérience, le CSIS a pu définir quatre approches différentes des associations musulmanes: abstentionniste, indirecte, de soutien et directe. Cette dernière est celle que promeut le centre, les autres ont besoin que quelques formations supplémentaires avant de rejoindre le niveau.

L’approche directe «postule que la radicalisation est un problème non seulement de la communauté musulmane, mais pour la société dans son ensemble.» Il implique que les associations musulmanes proposent des prestations à l’interne (communauté) et à l’externe (société), parmi lesquelles des formations sur la radicalisation, des groupes de travail sur l’action socio-éducative, « des prêches et des cours de religion sur les versets mobilisés par les terroristes pour légitimer les attentats ».

De plus, elles transmettent la langue et la culture des pays d’origine, des cours sur l’histoire de l’islam, la vie du prophète, des lectures du Coran, et organisent des événements pour les fêtes religieuses ou les rites de passage, etc. Mais il faut aussi s’activer hors des mosquées: « L’inclusion des centres islamique dans le tissu associatif non religieux apparait comme une mesure préventive supplémentaire. »

Toutes ces activités qui forment «un rempart à la radicalisation».

Le CSIS forme donc tout ce petit monde, dont les bénévoles, ces hommes et femmes qui secondent les imams et enseignent l’islam à des groupes: «les enfants, les jeunes, acteurs privilégiés de la prévention.» On oublie les femmes qui enseignent la religion aux femmes. Absentes de l’énumération, mais très présentes dans les mosquées. Évidemment, de mauvaises langues pourraient demander pourquoi la sainte religion doit être enseignée séparément aux deux sexes.

« La professionnalisation de ces fonctions apparaît donc comme un impératif de la prévention. » Elles doivent être logiquement « soutenues financièrement ». Le CSIS leur fournit des outils de méthodologie, pédagogie, didactique et théologie. L’islam peut ainsi être enseigné beaucoup plus efficacement, de 7 à 77  ans. Grâce à Dieu, ce n’est pas une religion conquérante et sûre de sa supériorité. Dans le cas contraire, il y aurait de quoi paniquer.

Le Coran dans le contexte

Nouveauté dans ce paysage: un regard prudent sur les sources. Les textes sont censés être enseignés en «contextualisant dans les différentes époques le travail d’interprétation du Coran et de la Sunna». Il est important d’affronter les questions du jihad armé et de la violence. Il est contre-productif de nier que le jihad armé a été pratiqué dans l’islam ou de «dire à un jeune qui veut partir en Syrie (…) que le Prophète Mohammed n’a pas utilisé la violence. »

Tariq Ramadan l’a souvent répété lui aussi: il faut «prendre en considération les passages conflictuels de l’histoire islamique et [de] les remettre dans leurs contextes non seulement temporels, mais aussi situationnels. » Mais il faut aussi d’un même souffle « déconstruire  la représentation caricaturale et violente du djihad ».

Audacieux (un pue), mais pas téméraire, Le CSIS évite soigneusement le pire: remettre en question le statut d’un Coran incréé, parole de Dieu, de même que les paroles définitives du prophète. Pourtant, s’il faut tant de contextes, la déduction devrait être évidente.

Parallèlement à cette activité d’intense islamisation, le CSIS ferraille vaillamment contre l’islamophobie. L’année dernière, il a co-organisé -le 11 septembre, en toute indécence!- une journée entière consacrée à «l’hostilité envers les musulmans».

Et c’est ainsi que les acteurs du djihad guerrier procurent d’infinies rétributions aux promoteurs du djihad culturel. Effacées les multiples empreintes des Frères musulmans, du wahhabisme et de l’Islam turc dans les mosquées (cf «Le radicalisme dans les mosquées suisses»). Volatilisé le littéralisme qu’elles véhiculent. Oubliée l’offensive des revendications misogynes et bigotes. Envolés les imams et mosquées pourvoyeurs de haine et de terroristes.

Pour les pauvres Eglises, chrétiennes et juive, qui n’ont pas la moindre responsabilité dans la Terreur, nulle rétribution. Elles sont juste conviées par les musulmans aux incessants «dialogues interreligieux». Et l’étonnant, c’est qu’elles y vont.

 «J’ai participé à un de ces ateliers»

Un Suisse alémanique qui a participé à l’un de ces ateliers (deux jours), a fait part à un directeur du CSIS de certains étonnements. Extraits:

«Pendant le cours, on nous a dit que l’idée que la radicalisation trouve sa source dans les écritures est un mythe. Juste après, on nous a dit qu’on ne peut pas non plus dire le contraire…»

«Lorsqu’un imam participant a déclaré que Daesh n’avait rien à voir avec la «vraie doctrine», cela a été accepté tout naturellement. Nous espérons évidemment qu’il a raison, mais l’espoir n’est pas une bonne base pour un cours universitaire.»

«Il ne sert à rien d’évoquer le nom de Qaradawi sans préciser quel rôle il joue. La vraie question: est-il plutôt un frein ou un vecteur de radicalisation? Quel rôle joue-t-il dans l’islamisation de l’Europe? Il a tout de même dit qu’on pouvait islamiser l’Europe avec des moyens pacifiques, et d’autres choses douteuses. Si les responsables du cours le voyaient vraiment comme un déséquilibré, ils n’auraient pas écrit son nom en majuscules au tableau.»

«D’après la doctrine islamique, le Coran a été envoyé directement sur la terre. Alors, comment peut-on appeler «mythe» l’idée que la radicalisation a à voir avec les écritures saintes? J’ai posé la question à l’imam Batbout et devant tout le monde, j’ai dit que si je croyais que le Coran est incréé et la parole éternelle de Dieu, je me radicaliserais, logiquement.

Il a répondu en 3 points: 1) La langue du Coran, l’arabe du septième siècle, est obscur, même pour les arabophones. Le lecteur comprend trop peu et a besoin d’être guidé. 2) Les éléments du Coran doivent être replacés dans leur contexte. 3) Lorsqu’on lit le Coran, il faut garder à l’esprit qu’il y a des versets qui en abrogent d’autres.

«Puis le responsable du cours a mis fin à la discussion en demandant: Y a-t-il d’autres questions? Idem lorsque l’on a évoqué le lien entre l’islam et le judaïsme. Il n’était pas prévu qu’on mette le doigt là où ça fait mal.»

«Les arguments de l’imam Batbout n’ébranlent donc pas ma thèse, au contraire ils la renforcent! Le mot talibans signifie étudiants. C’est bien l’étude de cette doctrine qui fabrique des guerriers. Mais dans le cours, cette question a été éludée. On a laissé le mot de la fin à l’autre imam (Ferjani) qui a regretté qu’on parle toujours d’«attentats islamiques et jamais d’attentats chrétiens». (…) Et à part moi, personne n’a protesté.»

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Mireille Vallette pour Dreuz.info.

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