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Publié par Ftouh Souhail le 9 mai 2018

Les impacts politiques de la victoire du Hezbollah et ses alliés aux législatives du 6 mai 2018 au Liban inquiètent les populations sunnites au Liban. Cette victoire, qui atteste l’emprise des forces chiites sur le pays du Cèdre, va changer les équations politiques traditionnelles.

La défaite du camp sunnite de Saad Hariri aux élections, qui a perdu un tiers des sièges au Parlement libanais, laisse perplexe Tripoli, la deuxième ville du Liban à 80 % sunnite.

Ce bastion sunnite compte des populations parmi les plus pauvres du pays. Les habitants sunnites ici sont privés de tout, ils sont marginalisés dans cette ville et ils risquent d’être oubliés. La première préoccupation des habitants de Tripoli est l’emploi. Le taux de chômage atteint 60 % dans certains quartiers.

Les jeunes sunnites qui étudient et ont leur diplôme sont, une fois celui-ci obtenu, obligés de trouver du travail dans des cafés, ils n’ont pas accès à l’emploi comme les jeunes militants chiites du Hezbollah qui sont sponsorisés directement par les Iraniens. Ils sont alors obligés d’émigrer à l’étranger, en France, au Canada, en Australie, en Europe, etc., en raison du chômage.

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De nombreuses familles sunnites de Tripoli ont besoin d’aide alimentaire et d’un accès à la santé. Les habitants sunnites de la deuxième ville du pays ont surtout des revendications sociales et économiques. Ils ne sont pas intéressés par les projets guerriers des chiites libanais appuyés par le Hezbollah et Téhéran.

Pour les forces chiites au Liban, la lutte contre Israël reste au cœur des législatives alors que pour les populations sunnites le chômage et la corruption sont les vrais ennemis du Liban.

Hassan Nasrallah a prononcé un discours de la victoire de la majorité des listes électorales chiites  soutenues par le Hezbollah et le mouvement Amal.

Le mouvement chiite libanais s’est réjoui d’une «grande victoire» dans ces élections. «Il y a une grande victoire morale et politique pour le choix de la résistance», a lancé Nasrallah, le chef de ce mouvement allié à l’Iran, lors d’un discours retransmis à la télévision.

Le numéro un du Hezbollah libanais a aussi tenté de rassurer les Libanais sunnites : « le Liban sait préserver son identité arabe et Beyrouth restera à jamais la capitale de la Résistance», manière de fustiger indirectement le Premier ministre libanais, Saad Hariri, l’homme proche de MBS (Mohammed ben Salmane, le prince héritier saoudien) dont le parti « Courant du futur » était en net recul lors des législatives.

« Ils ont injecté des milliards de dollars et cela vainement car tous les complots ont été neutralisés grâce à la vigilance et la clairvoyance du peuple libanais », s’est félicité Nasrallah dans son discours du 7 mai.

Le mouvement du Premier ministre libanais, Saad Hariri a en effet perdu un tiers de ses sièges au Parlement. Pourtant sa priorité aux élections de 2018 était de consolider son leadership sunnite. Les Libanais se demandaient avant les élections : que fera le Hezbollah avec la majorité parlementaire ? Par cette victoire le Hezbollah pourrait légaliser son arsenal militaire.

 

L’inquiétude qui prévaut parmi les sunnites

Dans l’histoire contemporaine du Liban, il est fréquent de voir des communautés se plaindre de « l’hégémonie » exercée par d’autres confessions, ou un responsable politique dénoncer la « mainmise » d’un rival appartenant à un autre groupe socioreligieux sur les institutions ou les ressources de l’État.

Mais dans un contexte de fortes tensions régionales et des pressions intérieures, la défaite du camp de Hariri risque de fragiliser les populations sunnites au Liban. Cette situation a provoqué un choc dans la rue sunnite qui n’a pas supporté l’humiliation devant le chef de la principale milice chiite du Liban.

Le camp de Hariri est très critique à l’encontre de l’Iran et du Hezbollah, qualifié de « parti du diable » (« Hezshatan ») et de « tumeur cancéreuse ». Cette milice armée est une menace sur le sunnisme libanais car elle cherche la soumission du pays à l’hégémonie de Téhéran.

Beaucoup sont les Libanais qui estiment que le compromis consenti par les partis du « 14 mars » (coalition anti-Hezbollah), ayant conduit à l’élection du chrétien Michel Aoun à la présidence de la République et à la formation du gouvernement sortant de Hariri, a été un marché de dupes et que le camp souverainiste a été contraint de faire trop de concessions au camp du « 8 mars » (pro-Hezbollah), enhardi par la tournure favorable à l’Iran et à ses alliés prise par les guerres en Syrie, en Irak et au Yémen.

Les alliances politiques qui avaient débouché sur la formation du gouvernement de coalition sortant se déliteront et on assistera probablement à un retour à la polarisation 14 mars-8 mars, et à un durcissement de l’attitude du Courant du Futur (parti de Hariri) et des Forces libanaises (parti chrétien de Samir Geagea) envers le Hezbollah qui compromettra le rapprochement entre ces dernières et le Courant patriotique libre (parti chrétien du président Michel Aoun, allié du Hezbollah).

S’il est peu probable -en tout cas, il faut l’espérer- que l’antagonisme chiito-sunnite débouche sur de nouvelles violences civiles, le Liban se retrouve cependant de nouveau dans la tourmente.

La culture libanaise du compromis, pour ne pas dire des compromissions, ainsi que ses tentatives pour ne pas se laisser entraîner dans la confrontation qui se prépare entre l’axe américano-israélo-saoudien et l’Iran ont finalement été vaines face à la détermination du trio Trump-Netanyahu-Mohamed ben Salman contre Téhéran.

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La défaite du camp sunnite de Saad Hariri aux législatives du 6 mai 2018 marque un tournant majeur dans l’équilibre des forces car elle s’inscrit dans le sillage de plusieurs bouleversements récemment survenus sur l’échiquier politico-religieux régional : la décision de l’administration Trump de contrer l’expansionnisme de l’Iran dont la décision de Washington de se retirer de l’accord nucléaire et de rétablir les sanctions anti-iraniennes, les victoires du régime syrien, allié de l’Iran, qui constituent un sérieux revers pour l’Arabie saoudite (et les États-Unis) Riyad ayant tout fait pour renverser Bashar al-Assad, la jonction entre les armées irakiennes et syriennes à la frontière entre les deux pays, ce qui ouvre grandes les portes du corridor iranien reliant l’Iran au Liban, via l’Irak et la Syrie (au grand dam des Américains qui ont tenté en vain de l’empêcher) ; et enfin le rapprochement du jeune prince héritier d’Arabie saoudite, Mohamed ben Salman, avec Israël.

Ce dernier s’est démarqué de la politique étrangère traditionnellement prudente du Royaume en intervenant militairement au Yémen pour contrer le soutien iranien aux Houttis, et en isolant le Qatar. Incarnant le réveil du sunnisme arabe face au triomphalisme de la Perse chiite, il s’est fixé deux objectifs prioritaires : endiguer l’impérialisme iranien et réformer le Royaume, notamment en prônant un islam plus ouvert, en phase avec les aspirations des nouvelles générations. Si ce changement souhaitable devait se concrétiser, il ne serait plus possible de renvoyer dos à dos l’obscurantisme wahhabite et la dictature théocratique des mollahs.

Les résultats des élections législatives ont redistribué les forces sur la scène politique après la victoire de personnalités qui étaient absentes depuis 2005 et sont connues pour leur soutien au Hezbollah. Cela va renforcera le bloc des forces parlementaires du 8 mars dans le nouveau parlement, en contrepartie d’une diminution du nombre de députés du bloc du Courant du Futur, conséquence naturelle de la loi de la proportionnelle adoptée pour la première fois dans l’histoire des élections législatives au Liban.

Bien que le renouvellement du Parlement après neuf ans soit un pas important franchi sur la scène politique libanaise, les défis restent immenses auprès des élites politiques libanaises.

D’une part, les évolutions régionales menacent de faire éclater la guerre au Moyen-Orient et de l’autre tous les anciens gouvernements libanais ont échoué à répondre aux revendications du peuple, notamment dans les domaines économique et social.

Les promesses de création d’emplois et de règlement du problème du chômage n’ont pas été tenues étant donné que la dette publique qui s’élève à 100 milliards de dollars n’a pas encore été réglée.

Certains analystes n’écartent dès lors pas le scénario d’une guerre avec l’État hébreu que mènerait prochainement le Hezbollah, un conflit qui serait une fois encore dévastateur pour le Liban.

Dans une première réaction à la victoire de la milice du Hezbollah aux législatives, Israël, par la voix de son ministre de l’Education, Naftali Bennett, a indiqué qu’Israël ne ferait aucune différence entre l’Etat libanais et le Hezbollah dans une guerre future et qu’il considérerait le gouvernement libanais comme responsable de toute action menée par ce parti sur son territoire.

Le ministre, membre du Conseil de sécurité israélien, a ajouté dans un tweet posté le 7 mai que la victoire du parti chiite, soutenu par l’Iran, «montre qu’il n’y a pas de différence entre l’Etat et le Hezbollah».

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Ftouh Souhail pour Dreuz.info.

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