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Publié par Ftouh Souhail le 15 mai 2018

Dans son éditorial du 11 mai  2018 intitulé, «Il est temps que l’Europe rejoigne la Résistance», le journal allemand prend la défense de Téhéran dans le cadre de la récente décision américaine souveraine de se retirer de l’accord sur le nucléaire avec le régime iranien. 

Après l’annonce américaine du 8 mai dernier de se retirer de l’accord nucléaire, un véritable séisme est né dans une Europe qui s’est retrouvée engagée dans ses intérêts contradictoires entre les USA et l’Iran.

Der Spiegel –  version allemande avec abonnement – accuse le président américain M.Donald Trump de plonger l’Europe dans l’impuissance avec la fin de l’accord sur l’Iran alors que le Moyen-Orient est menacé par de nouvelles guerres et la relation transatlantique est gravement endommagée.

Pour l’éditorialiste, les désengagements du Président américain envers les accords nationaux et internationaux signés par son prédécesseur -trop naïf- sont déjà devenus monnaie courante :

« Il est sorti de l’accord climatique de Paris, signé en avril 2016 par les pays du monde, alors qu’il promettait un “meilleur accord pour l’Amérique”. Mais rien n’a été fait, ni plan ni discussions significatives. Trump avait également promis une réforme du système de santé des États-Unis. Mais il n’a rien fait à ce niveau-là non plus ».

Selon Der Spiegel, le retrait US de l’accord sur le nucléaire iranien se classe parmi d’autres actes de M. Trump allant à l’encontre des accords multilatéraux au niveau international.

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Der Spiegel prétend  que « Trump est seulement compétent dans la destruction».  Il suppose que sa décision de se retirer de l’accord nucléaire iranien «marque la suspension temporaire de l’alliance transatlantique». Il apporte de nouveau «le chaos là où il y avait une fois l’ordre», dit le magazine.

« Notre relation avec les Etats-Unis ne peut actuellement pas être qualifiée d’amitié et peut difficilement être qualifiée de partenariat» explique Der Spiegel. « L’Occident tel que nous le savions autrefois n’existe plus. Il est impossible d’exagérer ce que Trump a démantelé au cours des 16 derniers mois

L’éditorialiste qui joue le défenseur des relations transatlantiques souligne :

« La réalisation la plus choquante, cependant, est celle qui nous affecte directement. L’Occident tel que nous le connaissions n’existe plus. Notre relation avec les États-Unis ne peut actuellement être qualifiée d’amicale et peut difficilement être qualifiée de partenariat. Le président Trump a adopté un ton qui ignore 70 ans de confiance. Il veut des tarifs punitifs et exige l’obéissance. Il ne s’agit plus de savoir si l’Allemagne et l’Europe participeront à des interventions militaires étrangères en Afghanistan ou en Irak. Il s’agit maintenant de savoir si la coopération transatlantique en matière de politique économique, étrangère et de sécurité existe encore. La réponse est non. On ne saurait dire ce que Trump a démantelé au cours des 16 derniers mois. L’Europe a perdu son pouvoir protecteur, son garant des valeurs communes et son influence politique mondiale qu’elle n’a pu exercer que parce que les États-Unis se tenaient à ses côtés. Et que se passera-t-il au cours des deux ans et demi (ou six ans et demi) restants du leadership de Trump ? Il reste beaucoup de temps pour une nouvelle escalade. »

L’auteur qui est proche des thèses iraniennes a ses propres options à évoquer pour assurer les intérêts commerciaux irano-allemands :

« Dans un premier temps, l’Europe devrait démontrer à l’Iran qu’elle restera toujours fidèle à l’accord de Vienne. Par ailleurs, elle devrait recourir à l’ONU pour l’encourager à passer à l’acte dans ce contexte, en dépit d’un risque de veto US. Ensuite, elle pourrait continuer ses relations économiques avec l’Iran, en encourageant les entreprises de taille moyenne sans clients américains à continuer de faire affaire avec des partenaires iraniens. »

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Selon l’éditorialiste de Der Spiegel, « la soumission, à Washington, ne mène nulle part, parce que l’Europe ne peut pas soutenir des politiques qu’elle juge dangereuses. Une résistance intelligente est nécessaire, aussi triste et absurde que cela puisse paraître. Une Résistance contre l’Amérique. »

Le magazine, qui est sorti dans les kiosques vendredi dernier, a déjà déclenché une avalanche de commentaires. Un tweet de la couverture a été rapidement retweeté par Gérard Araud, ambassadeur de France aux Etats-Unis.

Le chroniqueur du Washington Post, Brian Klaas, a déploré l’image dont l’Europe considère maintenant les États-Unis. « Quand America First signifie réellement America seule, les Etats-Unis sont significativement plus faibles», at-il tweeté.

La couverture, créée par l’artiste Edel Rodriquez, est accompagnée à l’intérieur d’un éditorial cinglant. « Une résistance astucieuse est nécessaire, aussi triste et absurde que cela puisse paraître: Résistance contre l’Amérique», affirme la pièce.

Le mois dernier Angela Merkel a été accueillie par la petite porte à Washington et sans tapis rouge : la chancelière traîne beaucoup de handicaps. Sa proximité politique passée avec le président Barack Hussein Obama, que M. Trump ne peut pas supporter. Le président américain lui reproche surtout sa politique migratoire laxiste. Mais aussi le fait que l’Allemagne a un budget militaire considéré comme trop faible et un surplus commercial considérable (son excédent des comptes courants se chiffre à environ 8 % de son produit intérieur brut chaque année).

Merkel avait critiqué durement la décision de Donald Trump de se retirer des Accords de Paris et  la sortie de Washington du Plan global d’action conjoint (PGAC). Berlin s’inquiète de plus en plus de l’avenir de ses relations commerciales avec Téhéran. Avec les sanctions américaines contre le régime des Mollah, les entreprises allemandes pourraient être forcées de quitter de manière définitive le marché iranien.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Ftouh Souhail pour Dreuz.info.

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