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Publié par Christian Larnet le 23 mai 2018

Alors que la maire de Paris piétine depuis plusieurs mois sur l’urgence d’intervenir face à la hausse des campements de migrants illégaux, le ministre de l’Intérieur a annoncé qu’une évacuation serait lancée dans un « bref délai ».

Gérard Collomb a décidé d’agir et de mettre fin aux campements insalubres et dangereux de migrants illégaux dans la capitale française – mais à sa façon.

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Le ministre de l’Intérieur a annoncé l’organisation, « à bref délai », d’une évacuation des plus de 2.300 illégaux logeant à Paris, donc beaucoup sèment la terreur dans les quartiers. Il a demandé au Préfet de police de mettre en place une opération conciliant « mise à l’abri » et « contrôles administratifs ».

Au passage, il tacle la maire de Paris indiquant que « cette situation se répétera indéfiniment si des mesures ne sont pas prises par les autorités locales pour éviter que les campements ne se reconstituent ». Sa déclaration ne risque pas de calmer les tensions entre les deux personnalités politiques. Car cela fait des mois qu’Anne Hidalgo et Gérard Collomb s’écharpent sur le sujet.

En mars, la maire de Paris avait lancé les hostilités en accusant les autres. Deux campements grossissaient dans le nord-est de la ville – et grossissent encore aux bords du canal Saint-Martin, où plus d’un millier de tentes ont été installées. Dans une lettre adressée au ministre le 27 mars, Hidalgo lui intimait de mettre à l’abri ces migrants illégaux, dénonçant « la densité des campements et l’étroitesse de certains passages entre les tentes et les canaux, parfois réduite à 50 centimètres », conduisant d’office à « des risques très significatifs de noyade ». Début mai, à seulement trois jours d’intervalle, deux migrants étaient retrouvés noyés dans le canal.

En réponse, Gérard Collomb lui rétorquait vertement que l’Etat n’est pas responsable mais qu’elle doit assumer ses responsabilités. « La commune reste garante de la salubrité et la propreté de son espace », lui avait-il rappelé, demandant à la maire de faire usage de ses « compétences » et « d’entamer les procédures judiciaires » pour permettre à l’Etat de « mener à bien » l’évacuation. En clair : assume cocote et ne rejette pas la responsabilité sur les autres.

Furax, Anne Hidalgo était allée pleurnicher auprès du Premier ministre.

« Il ne s’agit pas pour la Ville de demander l’expulsion » dit l’élue émue mais « pour l’État de prendre en charge » ces personnes en « grande détresse ».

Mais elle ne voulait pas d’expulsion tout en demandant à être débarrassée du fléau. La maire de Paris parlait alors de « mise à l’abri » pour ne pas dire mise à l’écart, loin des yeux des bobos.

« Ce qui nous est proposé, à savoir saisir la justice pour qu’il y ait une opération de police, d’évacuation, de dispersion n’est pas réaliste », affirmait-elle lors d’un déplacement au campement situé aux abords du canal Saint Martin.

Si les forces de l’ordre intervenaient pour « faire monter dans des bus [les migrants] vraisemblablement vers des lieux qui peuvent être des centres de rétention », elle craignait « un certain nombre de difficultés voire de violences ».

« On court à la catastrophe » estimait-elle.

Si on ne passe par une mise à l’abri, il serait « irresponsable et totalement inefficace de procéder juste à une intervention policière de dispersion ». Autrement dit, et en bonne socialiste, elle réclamait qu’on lui livre un cercle carré.

Alors l’Etat, qui n’est, reconnaissons-le, pas bien plus futé, n’avait pas donné suite.

Selon certaines sources, Gérard Collomb se faisait un malin plaisir de laisser « mariner » la maire socialiste Anne Hidalgo, à deux ans des municipales que la République en Marche a décidé de gagner.

Finalement, Collomb a décidé d’agir mais son discours est resté inflexible.

Il a dit « prendre note du refus de la ville de demander l’évacuation de son domaine public, ce qu’il regrette », selon le ministère de l’Intérieur dans un communiqué. Et a demandé au Préfet de police « de pallier cette carence en vue de procéder à l’opération », qui devra concilier « les exigences de la mise à l’abri et de l’application du droit des étrangers » [les étrangers ont des droits ? Lesquels ?]. En clair, il souhaite « faire respecter la loi républicaine en matière d’asile et d’immigration » c’est-à-dire : « pouvoir accueillir celles et ceux qui peuvent bénéficier de la protection » de la France et « éloigner ceux qui n’ont pas vocation à rester sur le territoire national ». Ce qui veut dire qu’« un certain nombre de contrôles administratifs » auront lieu à l’occasion de l’opération, avertit le ministère, chose que les sans frontières refusent totalement.

Collomb ajoute qu’Hidalgo est responsable et fautive de la situation car il juge son effort en matière d’hébergement insuffisant : il affirme que « 40% de la demande d’asile française » se porte sur l’Île-de-France, mais que Paris ne compte « que 2% des places d’hébergement pour demandeurs d’asile ».

Au prix de l’immobilier à Paris, on comprend qu’il n’y en a pas un pour relever l’autre. Et les Français qui payent leurs impôts et attendent d’être protégés sont encore une fois les laissés-pour-compte.

On attend maintenant la réplique adverse…

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