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Publié par Ftouh Souhail le 28 mai 2018

Un tribunal algérien de Bejaïa a prononcé, jeudi 24 mai 2018, une peine de dix ans de prison ferme assortie d’une amende de 3600 euros contre le jeune blogueur Kabylophone, Merzoug Touati. Le procureur général avait requis la perpétuité contre le blogueur pro-israélien.

Ce dernier, âgé de 29 ans, a été arrêté en janvier 2017 après avoir mis en ligne sur son blog Alhogra la vidéo d’un entretien qu’il avait eu avec Hassn Kaabia, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères pour le monde arabe et ex-colonel de Tsahal.

Merzoug Touati avait interrogé l’officiel israélien sur les troubles qui ont secoué l’Algérie à l’époque. Touati avait appelé sur son compte Facebook à protester contre la nouvelle loi de finances.

Accusé d’avoir fourni des renseignements à un État étranger et d’avoir appelé à des attroupements non armés, le blogueur a écopé d’une lourde peine. Merzoug Touati a renoncé à faire appel car il sait que la justice algérienne est manipulée par le régime corrompu.

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Le tribunal criminel de Béjaïa a déclaré Touati coupable d’« avoir entretenu avec les agents d’une puissance étrangère des intelligences de nature à nuire à la situation militaire ou diplomatique de l’Algérie ou à ses intérêts économiques essentiels ».

Son avocat, qui avait plaidé l’acquittement, a indiqué que « Merzoug Touati est un blogueur qui n’a fait qu’exercer ses droits garantis par la Constitution. Il est libre de parler avec qui il veut et de dire ce qu’il veut ».

Amnesty International Algérie dénonce une condamnation politique.La section algérienne de  l’organisation internationale de défense des droits de l’Homme a également épinglé le gouvernement algérien.

Selon Amnesty International « les accusations d’espionnage contre Merzoug Touati ont été forgées de toutes pièces sur la base de publications en ligne ».

Dans un rapport rendu public par Amnesty International sur son site internet, l’Organisation Non Gouvernementale considère Merzoug Touati comme un prisonnier d’opinion, détenu uniquement pour avoir exprimé ses opinions pacifiques.

« Amnesty International a examiné les pièces judiciaires qui répertorient à titre de « preuves » les commentaires publiés par Merzoug Touati avant que son compte Facebook et son site Internet ne soient supprimés. Elle a conclu qu’ils ne contenaient ni incitation à la violence ni appel à la haine, et que ses publications entraient dans le cadre de la liberté d’expression en lien avec son travail de journaliste citoyen » affirme ledit rapport.

Ce jugement contre un détenu d’opinion montre que les autorités algériennes poursuivent leur répression contre les défenseurs de la paix avec Israël. Le tribunal de Bejaïa a été cerné par la police en tenue et en civil qui a contrôlé les papiers de tous ceux qui voulaient entrer dans le tribunal. Plusieurs dizaines de citoyens ont été empêchés d’y accéder.

Merzoug Touati a pourtant résisté aux abus d’autorité commis contre lui par de hauts fonctionnaires qui voudraient la réduire au silence. Ce jeune Kabyle  incarne les rêves brisés d’une nouvelle génération en Algérie où la liberté d’expression est réprimée par la dictature arabo-militaire.

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La situation dégradante des Droits de l’Homme en Algérie

Le système algérien a voulu entretenir l’illusion d’un changement là où la réalité est marquée par la continuité dans la répression, les violations des libertés publiques et des droits de l’Homme. Les Algériennes et Algériens qui revendiquent le respect de leurs droits aussi bien civils et politiques, qu’économiques, sociaux et culturels font l’objet de discriminations, d’arrestations.

Des poursuites pénales continuent à pleuvoir contre les défenseurs des droits de l’Homme qui expriment sur la situation de ces droits en Algérie. Ces poursuites sont facilitées par un climat dans lequel la promotion et la protection des droits de l’homme sont trop souvent considérées comme des activités subversives. Et d’ailleurs des dizaines d’autres défenseurs des droits de l’Homme sont toujours soit sous contrôle judiciaire ou bien traînés dans les couloirs de justice…

Les condamnations en Algérie sont prononcées à l’issue de procès iniques ne respectant pas les garanties élémentaires d’équité. Le système judiciaire défaillant favorise les procès arbitraires à grande échelle. Alger rejette farouchement toute critique visant son utilisation de la justice pour terroriser les opposants, faisant valoir que les sentences sont prononcées dans le respect de la loi et dans le respect des normes en vigueur.

La nature profondément biaisée du système pénal algérien laisse la porte grande ouverte aux violations des droits humains. Les autorités jouent avec la vie des gens, de manière irresponsable et consternante.

Les défenseurs des droits de l’Homme en Algérie ont été réprimés depuis la fin des années 80, y compris par l’élimination physique durant les années 90. Ces dernières années, la répression s’est institutionnalisée et « légalisée » par la voie judiciaire.

La répression « traditionnelle » continue parallèlement à sévir : harcèlement, persécutions, terreur et pression sur les membres de la famille et de l’entourage, campagnes de dénigrement, coupures de téléphone, agressions, confiscation de papiers d’identités, surveillance policière….

Aujourd’hui l’Algérie de Bouteflika c’est un peu la Russie malade de Boris Eltsine dans les années 1999, dominée par des groupes arabes  avides et irresponsables qui ont démantelé l’État et livré le pays à des coteries mafieuses. Le vraie maître du pays est le général de corps d’armée Gaïd Salah qui considère les populations kabyles, comme les Kurdes pour la Turquie, indignes de confiance.

Pour le Général Gaïd Salah, le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) est une organisation séparatiste qui complote pour déstabiliser l’Algérie avec l’aide de pays étrangers.

 

Le mois dernier des africains ont aussi été condamnés pour intelligence avec Israël 

En avril 2018, la justice algérienne a condamné sept individus d’origine africaine à des peines de mort et de prison pour « espionnage » au profit d’Israël et pour formation d’une organisation criminelle visant à « porter gravement atteinte » au pays, ont annoncé les médias locaux.

Le tribunal criminel de Ghardaïa avait confirmé en appel la condamnation à la peine capitale contre le principal accusé – un Libérien d’origine libanaise – et à 10 ans de prison assortie d’une amende d’un million de dinars algériens (environ 7.000 euros) contre six autres accusés – trois Maliens, deux Guinéens et un Ghanéen.

Les individus, des migrants clandestins, ont été arrêtés  abusivement en janvier 2016 dans le cadre du soi-disant démantèlement d’une « cellule d’espionnage au profit d’Israël » . Selon les autorités algériennes, des documents « prouvant » les liens du principal accusé au Mossad (services de renseignements israélien) ont été retrouvés lors de son arrestation.

Niant les faits et plaidant non-coupables, les hommes ont affirmé être entrés sur le territoire algérien pour trouver du travail ou traverser le pays pour rejoindre l’Europe.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Ftouh Souhail pour Dreuz.info.

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