Publié par Jean Vercors le 30 mai 2018

La Cour suprême vient de rejeter les pétitions du camp bédouin de « Khan al Ahmar »

La démolition du village illégal qui abrite environ 180 résidents aurait lieu en juin. Dans son jugement, le tribunal a déclaré qu’il n’avait trouvé « aucune raison d’intervenir dans la décision du ministre de la défense de mettre en œuvre les ordres de démolition émis contre les structures illégales à Khan al-Ahmar ». Les résidents seraient relocalisés ailleurs, ajoute-t-il, ce que les anti Israéliens considèrent comme des transferts forcés. Le tribunal a statué que le village avait été construit sans permis de construire donc illégalement.

Après des décennies de batailles juridiques, la Cour suprême rejette l’appel pour un avant-poste phare de l’Autorité Palestinienne dans la région de Maaleh Adumim. L’évacuation commencera en juin. Rappelons qu’en juin 2015, la Cour suprême israélienne avait rejeté une demande de squatters arabes et ordonna la démolition immédiate de 80 maisons illégales sur le site de Susya.

L’histoire de Khan al-Ahmar est une leçon révélatrice de la politique au Moyen-Orient. Ce règlement apparemment peu représentatif pourrait bien être l’exemple par excellence de l’un des problèmes majeurs auxquels Israël est confronté aujourd’hui.

Khan al-Ahmar a été construit sur une terre appartenant à l’Etat d’Israël. Il est situé dans la zone C sous autorité israélienne complète en matière d’administration et de sécurité, conformément aux Accords d’Oslo et au droit international.

Selon les accords intérimaires signés par Israël et l’Autorité palestinienne et reconnus par la communauté internationale, toute construction dans la zone C nécessite l’autorisation des autorités responsables. L’administration civile est en train de promouvoir un plan de régularisation des communautés de Bédouins palestiniens, dont beaucoup vivent dans des logements construits illégalement.

Le gouvernement d’Israël, à travers les Forces de défense israéliennes et le Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), promeut le développement et l’amélioration des conditions de vie de la population palestinienne dans la région C.

La France, tout comme l’Union Européenne témoin signataire des accords d’Oslo (sept 1995), feint d’ignorer le contrôle complet par Israël sur la zone C dans laquelle est comprise la zone E1. La France et L’Union Européenne ont ainsi montré leur mépris pour les accords, la souveraineté israélienne et le système juridique israélien, leur mépris également pour leurs propres signatures en bas des accords d’Oslo.

En fait, ce village bédouin se trouve sur une terre juive située en zone E1 qui fait partie de Kfar Adumim (dont l’origine remonte à l’époque de Josué, il signifie littéralement « Village des Rouges »), au cœur d’une zone stratégiquement critique pour la sécurité d’Israël. Les habitants de Khan al-Ahmar sont une branche de la grande tribu bédouine Jahalin. Jusqu’à tout récemment, ils étaient des bergers nomades qui vivaient avec le reste de la tribu, près d’Arad dans le nord du Néguev, à près de 100km de Khan al-Ahmar, et déplaçaient leurs troupeaux et leurs tentes dans le sud d’Israël au gré des saisons.

Lors des années 70, une querelle a éclaté entre les différentes branches de la tribu et des Jahalin ont été chassés de la région d’Arad et sont partis vers le nord. C’est ainsi qu’ils ont fini là où ils sont aujourd’hui.

Les photos aériennes nous donnent une image claire de l’histoire des Jahalin depuis leur arrivée dans la région d’Adumim au milieu des années 1970, probablement après la guerre du Yom Kippour de 1973.

Comme presque tous les autres Bédouins en Israël et au Moyen-Orient, les Jahalin ont commencé abandonner leur mode de vie nomade au profit d’établissements semi-permanents ou permanents.

Avec le temps, Les bergers acceptèrent d’autres formes de travail et renoncèrent à préserver leur folklore.

Le problème est que cette branche de la tribu a commencé à ériger des structures illégales et à exploiter les réseaux municipaux d’eau et d’électricité sans autorisation dans une zone stratégique très sensible adjacente à une grande route, où elle met en danger sa propre vie et celle des automobilistes. Le campement surplombe en effet la route 1, l’artère principale reliant Jérusalem, Ma’aleh Adumim et la mer Morte.

Dès leur premier jour sur le site, les Jahalin étaient bien conscients que les terres qu’ils avaient squattés se trouvaient à l’intérieur des limites municipales de Kfar Adumim. Ils savaient aussi que cet endroit n’était pas une solution à long terme pour leurs besoins de logement.

 

Ce qui s’est passé ensuite est un cas classique de manipulation palestinienne et d’ingérence internationale venant surtout de l’Union Européenne.

En 1992, Salim Fayyad, Premier ministre de l’Autorité palestinienne, a publié son plan directeur pour la création d’un Etat palestinien. La base du « Plan Fayyad » était, et demeure, la création d’un Etat de facto sans la nécessité d’une négociation avec Israël via la création de faits accomplis sur le terrain dans les zones sous gestion administrative et sécuritaire israélienne.

L’un des domaines les plus stratégiquement importants sur lequel le Plan Fayyad a fondé sa vision de la Palestine traverse directement la région d’Adumim.

L’Autorité palestinienne a reconnu l’attrait des médias pour les « photos chocs » montrant des enfants bédouins aux pieds nus évacués de force de leurs maisons de fortune par la police israélienne et a commencé à utiliser les Jahalin comme des pions dans leur tentative de prendre le contrôle de la région Adumim. L’Autorité Palestinienne considère ces Bédouins comme des pièces d’échecs à manipuler dans son plan stratégique, mais l’Etat d’Israël, et non l’Autorité Palestinienne, a créé de véritables solutions pour leur relocalisation dans des communautés légales et modernes qui leur fourniront des services complets.

D’ailleurs,  Eid Abu Khamis, le porte parole bédouin du camp, a déclaré que « les bédouins préfèrent toujours rester sous contrôle israélien plutôt que sous les auspices de l’Autorité palestinienne qui eux ne font rien pour nous ».

« La génération de mes parents était heureuse quand Israël a pris le relais de la Jordanie en 1967 (après 19 ans d’occupation illégale). Ils avaient rendu visite à leur famille dans le Néguev avant la guerre et ont vu comment ils avaient été branchés à l’électricité et à l’eau ». « Ce n’était pas le cas sous la domination arabe. »

Eid Abu Khamis affirme même que « l’Autorité Palestinienne et les ONG empochent l’argent de l’Union Européenne pour en reverser quelques miettes aux bédouins. Il viennent ici avec leur Mercedes 4×4 haut de gamme faire des photos et travaillent sur le dos des bédouins ».

 

Les ONG anti israéliennes comme BDS blanchissent l’obstructionnisme de l’Autorité palestinienne et l’utilisation cynique des familles Jahalin comme des pions dans le jeu corrompu de l’Autorité palestinienne.

Des preuves irréfutables, soutenues par la documentation et la photographie aérienne, ont été examinées à plusieurs reprises et constituent maintenant la base factuelle de nombreuses décisions de la Cour suprême qui démontent les fausses allégations des squatters de Khan al Akhmar (comme ceux de Sussiya en 2015).

Les faits concernant Khan al Akhmar, l’établissement d’un réseau de « communautés » illégales érigées par l’Autorité palestinienne avec le financement de l’UE, sont également clairs. Des photographies aériennes prouvent que la région était complètement dépourvue de structures, de peuplement ou d’activités agricoles importantes en 1967. Comme tant d’autres endroits au Moyen-Orient, la région était un pâturage saisonnier, comme partout ailleurs dans le monde, situation qui ne donne aucun droit de propriété sur la zone concernée.

La manipulation des anti-Israéliens révèle leur hypocrisie sous-jacente : la souveraineté israélienne n’est pas un état de choses désirable à leurs yeux – pas en Judée et Samarie et pas à Jérusalem. Pour eux, le système judiciaire d’Israël, son système de gouvernement démocratique et sa souveraineté ne deviennent temporairement légitimes que lorsqu’ils servent un programme très particulier. Les décisions de la Cour suprême et les lois israéliennes et internationales ne sont respectées que lorsqu’elles renforcent la cause pro-palestinienne et anti-israélienne.

Le gouvernement Israélien a entamé un dialogue avec les Jahalins il y a plus de dix ans, leur offrant des alternatives. Tout autour de Khan al-Ahmar, la route 1 était en expansion, et certains bédouins qui vivaient là-bas ont simplement déménagé ailleurs pour éviter le bruit et la circulation. Il était clair pour les Jahalin qu’ils ne pouvaient pas rester là où ils étaient et ils ont signé un accord de réinstallation avec l’Etat d’Israël.

L’Autorité palestinienne et l’Union européenne ont sauté sur l’occasion, en injectant des dizaines de milliers d’Euros à Khan al-Ahmar tout en réinventant le narratif des résidents du camp bédouin.

Eid Abu Khamis le porte parole de Khan al-Ahmar rapporta « Vous avez l’Autorité palestinienne, qui nous dit que nous ne sommes pas autorisés à déménager parce qu’ils ne veulent pas que la terre soit prise par les colons ».

Une ONG italienne, Vento de Terra, a construit une école sans permis sur le site et a commencé à transporter des enfants bédouins de toute la région.

Dans le même temps, l’Autorité palestinienne, l’Union européenne et une organisation secrète appelée la « Société de Saint-Yves » ont fait pression sur les Jahalins pour les forcer à rejeter l’accord qu’ils avaient signé avec le gouvernement israélien.

Les médias internationaux et des organisations  des « droits de l’homme » se sont également joints à la mêlée. L’attention médiatique négative et le financement illimité des techniques de blocage juridique de l’Autorité palestinienne ont pesé lourdement sur la détermination de l’État d’Israël à défendre ses propres intérêts critiques et à appliquer la loi.

Dans quatre procès séparés, la plus haute cour d’Israël a confirmé que le campement bédouin à Khan al-Ahmar était illégal et devait être évacué. Et tandis que les Jahalin n’ont jamais fait aucune réclamation de propriété de la terre, le tribunal a exigé que l’état « permute » Khan al-Ahmar pour une propriété alternative.

Le gouvernement a rapidement suggérer un quartier à la périphérie d’Abu Dis, appelé « Jahalin West », et a offert la somme d’un demi-million de shekels(environ 238,000 euros) pour chaque femme dans chacun des ménages des Jahalin.

Le projet comprend une parcelle de terrain, entièrement aménagée et développée pour la construction résidentielle, avec des infrastructures d’eau, de gaz et d’électricité. Le nouveau quartier offrira des services que les Jahalin ne peuvent que rêver aujourd’hui – des services que l’Autorité Palestinienne et l’Union Européenne ne leur ont jamais offerts, y compris les cliniques, les transports publics, les écoles adéquates, l’accès à l’emploi et plus encore.

L’État d’Israël a dépensé des millions de dollars pour préparer des dizaines de parcelles de terrain et construire des infrastructures pour un nouveau quartier non loin de Khan al Akhmar, à la périphérie d’Abu Dis. Le nouveau quartier, Jahalin West, offre à chacune des familles bédouines de Khan al Ahmar un lot entièrement préparé, avec permis de construire gratuit. En outre, le ministère de la Défense a annoncé qu’il allait reconstruire l’école bédouine dans le nouveau quartier pendant les vacances d’été, et accélérer l’approbation des plans de construction pour les nouvelles maisons des résidents relocalisés à Jahalin West.

Dans des conversations informelles, les Jahalin vous diront à quel point ils sont impatients de déménager et de commencer à construire leur vie dans un quartier moderne et 100% légal.

Mais ils vous diront aussi comment ils sont menacés chaque jour par l’Autorité palestinienne, qui ne leur permettra pas d’abandonner leur emprise sur le terrain stratégique sur lequel siège le camp bédouin Khan al-Ahmar.

La semaine dernière, l’acte final dans le théâtre juridique de l’absurde a pu se jouer : encore une fois, les «représentants» des Jahalin ont rejeté l’offre de réinstallation de l’État mais, cette fois, le tribunal a donné à l’Autorité Palestinienne une semaine pour suggérer des alternatives possibles et légales pour les Jahalin. S’ils sont incapables de le faire, les Jahalin seront transférés à la périphérie d’Abu Dis.

L’Autorité Palestinienne a déjà annoncé son intention de résister par la force.

Si l’expérience passée est une indication, le chœur habituel des voix s’élèvera bientôt contre la « cruauté israélienne » et « l’injustice » du traitement par l’État d’Israël des Jahalins, quand bien même lesdites voix expriment en réalité le plus nauséabond des racismes et la plus infecte des instrumentalisations envers une population qui n’existe à leur yeux que comme pions dans leur combat antisémite et dont ils n’ont en réalité rien à faire et que, bien au contraire, ils maintiennent dans la misère et le danger.

Mais cette fois, peut-être ne serez-vous pas dupé par les mensonges des médias et des associations pro palestiniennes.

 

L’ONG Regavim a salué la décision de la Cour suprême

« C’est le dernier chapitre d’une longue procédure judiciaire engagée il y a une dizaine d’années : la décision de la Cour donne à l’Etat le feu vert pour l’application de la loi, la Cour suprême a exprimé l’attente que l’Etat remplisse son devoir d’application de la loi. L’État doit maintenant achever le processus de relocalisation de l’avant-poste en temps opportun, en tant que test décisif pour la réglementation et la relocalisation d’autres populations bédouines dans la région. Khan al Akhmar enverra un message clair à l’Autorité palestinienne et aux ONG anti israéliennes qui ont été et continuent d’être impliquées dans la construction illégale dans toute la Judée et la Samarie. « 

Le soutien de l’Union européenne pour les Palestiniens ces dernières années a changé de visage, il est passé de l’assistance diplomatique et financière passive à une situation de coopération active dans la construction illégale pour l’Autorité palestinienne qui a progressé de manière unilatérale depuis 2000, dans le cadre de son plan stratégique destiné à créer un Etat palestinien de facto, tout en évitant l’obligation bien légale au regard du droit international de négociations avec Israël

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean Vercors pour Dreuz.info.

Sources

https://www.israelnationalnews.com/News/News.aspx/246501

http://www.mfa.gov.il/mfa/foreignpolicy/peace/guide/pages/the%20israeli-palestinian%20interim%20agreement.aspx

AreaCBooklet130912

https://www.algemeiner.com/2018/05/10/the-case-of-the-illegal-bedouin-village-of-khan-al-ahmar/

Soutenez Dreuz en partageant cet article

Partagez ce message !

Merci de cliquer sur J'aime pour soutenir Dreuz