Publié par Ftouh Souhail le 1 mai 2018

Le Maroc rapatrie ses chasseurs F-16 basés en Arabie saoudite et engagés dans la guerre contre les miliciens chiites au Yémen. Le Maroc a ordonné le retrait de ses six chasseurs stationnés dans la base de Khamis Mushait, au sud-ouest de l’Arabie, dans le cadre de la coalition sunnite formée par Riyad pour agir contre les mercenaires régionaux de l’Iran. 

Le repli de l’escadron aurait, selon le site marocain « Le desk » citant des sources proches de l’armée de l’air, été assuré par un avion ravitailleur Airbus A330 émirati.

Certaines sources parlent d’un revirement d’alliance avec Riyad comme raison de ce retrait alors que pour d’autres c’est l’état d’alerte de l’armée au Sahara occidental qui avait forcé le gouvernement à décider de rapatrier ces six chasseurs dont il aurait besoin pour tout conflit éventuel au Sahara occidental.

Le Maroc est préoccupé des récents agissements miliaires du Polisario dans la zone tampon au Sahara occidental près de laquelle ce Front a transféré d’importantes quantités d’équipements militaires. Les responsables marocains ont averti que si les forces du Polisario s’approchaient de cette zone, elles seraient visées. Le Sahara occidental, qui se situe dans le nord-ouest de l’Afrique et le sud du Maroc, est disputé par le Front Polisario et le Maroc.

Le Maroc a expédié, fin 2015, militaires et avions en Arabie saoudite pour l’aider dans sa guerre contre les rebelles chiites du Yémen.

Un avion F-16 des Forces armées royales (FAR), faisant partie de l’escadrille mise à la disposition de la coalition saoudienne, s’était écrasé en mai 2015 en territoire yéménite et son pilote a été tué. Depuis, certaines voix au Maroc réclament le retrait de ces forces de l’Arabie saoudite.

Selon un journal Yéménite arabophone ce retrait été  décidé depuis la rencontre entre Mohammed VI et le prince héritier saoudien, Mohammed bin Salman, dans un restaurant parisien accompagné du Premier ministre libanais Saad Hariri le 9 avril 2018.

 

Ryad n’a pas besoin des marocains pour ses frappes contre les terroristes chiites 

Les Saoudiens sont visiblement aux anges : l’exécution le 19 avril 2018 du président du Conseil politique suprême du Yémen,  Saleh Al-Sammad, par un drone prétendument émirati constitue aux yeux de tous les Saoudiens un exploit propre à changer la donne en faveur du clan sunnite au Yémen. Ce chef yéménite militaire pro-iranien était responsable de la mort de plusieurs soldats sunnites saoudiens qui défendaient leur pays.

« Foreign Policy » a publié  le 27 avril 2018  un article où il se félicite du raid au drone des Émirats arabes unis qui a coûté la vie à Sammad, estimant que « les drones made in China » d’Abou Dhabi sauront désormais « chasser les Houthis au mètre près ».

L’auteur de l’article indique que Sammad a été tué sous l’ordre direct du Centre émirati pour l’opération militaire et embellit même son texte d’une vidéo mettant en scène le tir de deux missiles sur le convoi du chef  de la milice chiite d’Ansarallah dans l’est d’al-Hudaydah,  une province côtière en bord de la mer Rouge, qui est occupée par des forces chiites pro-iraniennes.

Dans la vidéo, la cible du drone – un Toyota Land Cruiser bleu – tourne sur une rue latérale. Quelques secondes plus tard, il est frappé par un missile air-surface Blue Arrow 7 que l’article précise être une fabrication chinoise.

L’officier-prédateur aurait ordonné la liquidation de ce chef terroriste chiite directement depuis une salle du centre du commandement à Abu Dhabi. Pour l’auteur, il s’agit d’une première opération réussie des Émirats contre l’un des proches d’Abdel-Malik al-Houthi et qui prouve à quel point les capacités militaires des EAU se seraient amplifiés.

Le magazine se réfère ensuite à Farea al-Muslimi, spécialiste du Yémen au centre de réflexion Chatham House de Londres, pour faire un vibrant éloge de la puissance de combat d’Abou Dhabi :

« Depuis 2016, le petit émirat du golfe Persique tente de s’imposer comme le principal partenaire antiterroriste de l’Occident dans la région tout en renforçant simultanément ses capacités militaires par le biais d’accords d’armements avec Pékin. Ils travaillent durement pour être le nouvel entrepreneur de l’Occident dans la région, à la fois politiquement et militairement. »

Les Émirats  sont capables  maintenant de se livrer à la chasse des terroristes chiites yéménites via leurs drones prédateurs comme le font bien les Américains et les Israéliens. Cette attaque qui a coûté la vie à al-Sammad a été un coup dur pour les Iraniens qui envoient les armes et offrent leurs conseils aux mercenaires Ansarallah et aux houthis.

CASC CH-5

L’origine « chinoise » des drones émiratis signalée dans l’article  de « Foreign Policy » démontre aussi ces derniers offrent presque les mêmes performances que ceux des autres pays comme la France ou la Russie.

En effet, Abou Dhabi déploient deux types de drones militaires chinois au Yémen.  Le premier le drone MALE Wing Loong II conçu par l’avionneur AVIC et le second le CH-5 du groupe d’aérospatiale chinois CASC .

Le drone militaire qui a visé, le 19 avril, l’un des dirigeants du mouvement Ansarallah, serait le CH-5 – en photo- un drone de 3,3 tonnes.Les performances du CH-5 parlent de plus de 10 000 km et 60 heures de vol en autonomie.

Le CH-5 supporte les utilisations intenses et il dispose de six points d’emport capable de charger deux différents types de missiles.

Le CH-5 a un grand marché externe, notamment dans le vaste marché en Moyen Orient où il a déjà conquis un grand nombre de pays, comme l’Arabie Saoudite, l’Émirats arabes unis, l’Irak, l’Égypte, la Jordanie…etc.

Alors qu’il est capable de porter une très large panoplie de munitions, son maintien en condition opérationnelle est facile et peu coûteux. Par exemple, le coût de production d’un CH-5 n’est que de 25% du drone américain MQ-9.

D’ailleurs, quelques jours avant la mort de Saleh al-Sammad par le drone chinois, la DCA de l’armée et des Comités populaires chiites yéménites avait abattu un drone américain sophistiqué MQ-9 Reaper.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Ftouh Souhail pour Dreuz.info.

 

 

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