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Publié par Thierry Ferjeux Michaud-Nérard le 9 juin 2018

Depuis la création de l’État d’Israël, la question du service militaire heurte les consciences religieuses. Faut-il opposer l’étude de la Thora et le service militaire ? La question s’est posée après la guerre des 6 jours en 1967. Les Yechivot Hesder, où l’on suit des études talmudiques en même temps que le service militaire, n’existaient pas. Le livre de S.D. Botschko, Terre d’Abraham, Terre des Juifs ? Le défi de la promesse (© Éditions Daphnaël, Paris, 1994) cite un témoignage de l’époque qui garde aujourd’hui toute son actualité, la question du service militaire troublant une jeunesse à la recherche d’une authentique voix de la Thora :

« Je suis perplexe à propos du service militaire des élèves des Yechivot dans l’armée israélienne. Nous devons trancher entre deux valeurs fondamentales, l’étude de la Thora d’une part, la sécurité du peuple et de l’État d’Israël d’autre part. Le fait qu’il soit difficile d’arriver à une position claire sur cette question ne nous dispense pas d’en débattre. C’est pourquoi, il convient d’aborder et d’analyser cette question.

Quels sont les arguments qui tendent à dispenser les élèves de Yechiva du service militaire ?

1) L’étude de la Thora est plus importante que tout, et ceux qui s’y adonnent sont dispensés de leurs devoirs civiques et des obligations liées à la vie quotidienne car « la Thora est la valeur suprême ».

2) C’est justement pour assurer la sécurité du pays qu’il importe d’étudier nuit et jour car la Thora est notre meilleure arme et il n’existe pas de plus grand mérite que de s’adonner aux études sacrées (tinokot chel Bet Raban). Nous sommes convaincus que ce ne sont pas les armes qui nous assurent la victoire, mais l’aide du ciel. Israël n’a pu remporter la victoire que grâce au mérite de ceux qui étudient la Thora. L’expression « Je suis une muraille » à propos de la Thora signifie que ceux qui l’étudient n’ont pas besoin de soldats car elle les protège. De même, lorsque de nombreuses personnes étudient, elles assurent la protection du peuple.

3) La nation juive a un corps et une âme. S’il est important de veiller à la sécurité de son corps, c’est plus que nécessaire de veiller à celle de son âme et de son esprit. La terre d’Israël sans la Thora est comme un corps sans âme. Sans la Thora et son esprit, Israël n’aurait pu survivre. C’est pourquoi, il y a lieu de veiller à la sécurité sous ce double aspect : les uns assurent la protection du corps et les autres forment une armée céleste chargée de veiller sur le niveau spirituel du peuple d’Israël afin qu’il ne perde pas sa raison d’être. Bien des juifs non-religieux sont convaincus de la valeur de la Thora, elle qui a permis la survie du peuple en diaspora. Ils estiment qu’il ne faut pas négliger ce patrimoine spirituel ni abandonner la tradition nationale.

Conséquence des principes énoncés ci-dessus : Le service militaire est profane et matérialiste par nature. II risque d’amoindrir la spiritualité du soldat, son assurance dans sa foi, car il l’oblige à vivre dans une ambiance profane et sous la mauvaise influence de l’environnement social. Même pour une personne à la foi et au comportement religieux fermement enracinés, il est dangereux de devoir tomber « d’un si haut sommet dans un puits aussi profond ». Si la Yechiva est une institution vouée à l’étude et à l’éducation, l’armée d’Israël apparaît comme un lieu profane où on s’éloignerait de la religion et de la morale. C’est pourquoi l’incorporation des élèves de Yechiva pourrait provoquer la fermeture des Yechivot et amoindrir l’influence de la Thora.

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Si l’on examine la question en opposant la Thora et le service militaire, il est interdit de délaisser la Thora pour l’armée. De nombreux juifs religieux considèrent l’État d’Israël comme un élément étranger à la tradition, créé complètement dans un cadre laïc. Ils considèrent l’État d’Israël comme un fait accompli. Mais maintenant qu’il existe, il convient de perpétuer son existence. Aussi, il convient de le renforcer concrètement et d’assurer sa sécurité et sa survie, même si sa création ne résulte pas ouvertement de la volonté divine.

Si Tsahal est l’incarnation de la force à l’état brut, l’armée est le symbole de la puissance de l’État d’Israël et l’antithèse de l’esprit (des Yechivot). Ces juifs religieux reconnaissent qu’étant donnée la situation, on ne saurait se passer de l’armée de l’État d’Israël, même s’ils la considèrent comme un mal nécessaire.

Le monde extérieur à la Yechiva et à la religion n’a pas de réalité pour les étudiants des Yechivot. Ils y voient l’incarnation du mal et évitent tout contact avec lui. L’élève de Yechiva veut rester hors du monde. Si on considère la Thora comme le symbole de la vie, tout ce qui lui est extérieur est néant. Les dirigeants des Yechivot et leurs élèves seraient les seuls êtres humains dignes de ce nom, les autres constituant le peuple…

La philosophie des Yechivot par rapport à Tsahal en découle. Cette dichotomie qui sépare la religion de la vie convient aussi aux non-religieux. La plupart d’entre eux ne s’opposent pas à ce que les élèves des Yechivot soient dispensés du service militaire car cela fait leur affaire : c’est chacun pour soi. Ils se réjouissent de l’existence d’un milieu qui représente la religion et la Thora et dont le mérite contribue à leur protection.

On demande à ces gens de rester dans leur coin et de ne pas se mêler à la vie quotidienne du pays.

Telle est la véritable explication des positions de Moshé Davan et Shimon Pérès. Il faut pourtant déterminer maintenant si cette approche coïncide effectivement avec la conception de la Thora. Ce qui fait la grandeur de l’être humain, c’est cette harmonie entre le corps et l’âme. L’unicité du créateur implique l’unité de la création et il n’est pas possible de diviser le monde en deux domaines distincts : le ciel et la terre, l’âme et le corps, l’intelligence et l’action, le génie et le saint, la vie quotidienne et la vie spirituelle. L’unité est totale et son nom est perfection. C’est pourquoi la vie a été donnée, accompagnée des Mitzvot (les commandements).

La Mitzva permet, dans la vie quotidienne, de sanctifier et de purifier ce qui se fait dans le monde. On doit intégrer la Thora dans tous les domaines de la vie publique et privée. La séparer du monde revient à nier l’unité divine et la dédoubler. Les sept jours de la création qui comprennent six jours d’action et une journée « entièrement Shabbat » représentent et incarnent la création dans sa plénitude. « L’esprit de Shabbat » doit vivre tous les jours de la semaine, c’est la leçon de la création du monde. Dieu fait tout simultanément, il fait mourir et il fait vivre. Si un étudiant est sollicité pour une bonne action, alors il doit l’accomplir pour appliquer ce qu’il a appris. C’est ainsi qu’il doit se comporter dans la vie et il doit « mettre la Thora en pratique dans toutes ses activités ». Prétendre que la guerre est une activité profane qui ne doit pas être menée par des personnes religieuses, mais laissée aux laïcs, est une conception erronée qui ne repose sur aucun des textes sacrés.

« Chez nous, nous le voyons dans la Thora, la « guerre juste » est considérée comme l’une des activités les plus sacrées. C’est pourquoi elle doit être menée par les sages et les hommes d’esprit.

S’il est écrit dans le texte qu’il dispense d’aller à la guerre « l’homme craintif et celui qui a le cœur tendre », l’individu rendu craintif par ses fautes, même celui qui n’a fait que parler pendant l’office, (entre Yichtaba’h et Yotser) ne participe pas à l’effort militaire. Selon la Thora, ce ne sont pas les autres qui doivent aller à la guerre, mais les justes. Les étudiants des Yechivot devraient être incorporés dans Tsahal et servir dans l’avant garde. Les élèves de Yechiva disent que c’est grâce à leur mérite qu’Israël a gagné la guerre des 6 jours. C’est étrange de voir revendiquer un tel mérite car on sait que si quelqu’un revendique un mérite pour lui-même, on finit par l’attribuer à d’autres. Pour la guerre des six jours, comment savoir à qui revient le mérite de la victoire ? Par analogie avec la destruction du temple, les Sages pensent que les Juifs étaient absorbés par la Thora, ses commandements et les bonnes actions : la cause de la catastrophe était la haine gratuite.

Lors de la guerre contre Amalek, l’unité entre celui qui avait transmis la Thora (Moïse) et le chef d’état major (Josué) était totale. C’est ainsi que Moïse, Aaron et ‘Hour combattirent avec Josué contre Amalek. Qui Moïse désigna-t-il comme chef d’état major ? Un Laïc ? Certainement pas ! Il choisit Josué. Pourquoi Josué ? Le Zohar explique que Josué était le fidèle disciple de Moïse, dont il ne quittait pas la tente. C’est lui, le Rosh Yechiva, qui s’adonnait nuit et jour à l’étude de la Thora, qui fut choisi pour détruire Amalek. On note dans la Me’hilta, citée par Rachi, le verset : « sors et va combattre Amalek », qui signifie : « sors de ton nuage, quitte ton confort spirituel et va lutter contre lui ». Il reçut l’ordre de partir au combat alors qu’il était plongé dans l’étude de la Thora, car cette guerre constituait la mise en application des commandements contenus dans la Thora.

L’attaque d’Amalek avait été provoquée par le relâchement du peuple dans l’application de la Thora. Ceux qui étudient doivent prendre la tête des combattants car la guerre est l’accomplissement de la Thora.

Par la suite, un ange vient trouver Josué et lui dit : « Aujourd’hui vous avez perdu le temps qui aurait dû être consacré à l’étude ». Josué a été réprimandé parce que l’étude de la Thora avait été négligée pendant la nuit, alors qu’aucun combat n’avait lieu. L’ange a montré qu’il n’y avait aucune contradiction entre la guerre et l’étude de la Thora et que les deux étaient (complémentaires). Le livre et le glaive sont liés à jamais. Ceux qui étudient la Thora doivent combattre et ceux qui combattent doivent étudier la Thora lorsqu’ils ne sont pas occupés à se battre. Il faut clairement avoir mis en lumière les fondements erronés sur lesquels reposent les prétendues contradictions et incompatibilités qui existeraient entre l’étude de la Thora et le service militaire.

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Maïmonide enseigne qu’il est permis de transgresser le Shabbat pour se défendre : « C’est une Mitzva pour tous les enfants d’Israël qui le peuvent, de sortir pour aller porter secours à leurs frères assiégés et les sauver des idolâtres. » Maïmonide ajoute que « pour la guerre, il ne faut avoir recours ni à des étrangers, ni à des enfants, car elle doit être accomplie par les grands d’Israël et ses sages ». Ceux (parmi les lâches) qui affirment qu’il s’agit d’une transgression du Shabbat, et qu’ils ne peuvent y participer, sont ceux à propos desquels il est dit : « Je leur ai donné de mauvaises lois et des règles par lesquelles ils ne pourront pas vivre. »

« Je pense avoir montré qu’en théorie, ceux qui étudient la Thora sont tenus de participer à la défense du peuple d’Israël et d’apporter leur contribution (physique et morale) à la sécurité de l’État d’Israël.

Peut-on prétendre que la théorie selon laquelle les étudiants des Yechivot devant faire leur service militaire ne s’appliquerait que si tout le peuple d’Israël se soumettait à la Thora et à ses commandements est une situation idéale ? La formation militaire et le devoir de servir dans l’armée de l’État d’Israël ne pourraient l’emporter sur la sauvegarde de la vie spirituelle d’Israël. La réponse démographique est pourtant simple :

« Si tout Israël étudiait la Thora, tout le monde devrait accomplir son service militaire ! » Si l’État d’Israël imposait l’étude de la Thora à tous les jeunes gens, tous les jeunes iraient aussi faire leur service militaire.

Étant donné que le devoir de se défendre ne résulte pas d’un compromis, mais constitue en lui-même une obligation sacrée, personne ne doit s’y soustraire. Personne ne peut se dispenser du commandement de défendre le peuple d’Israël ni d’accomplir de bonnes actions. Néanmoins, on pourrait envisager, en temps de paix, d’écourter le service militaire des étudiants des Yechivot. On ignore si la question de l’influence de l’armée sur la foi, la pratique religieuse et la moralité des appelés est fondée ou non. Il est possible que ces craintes soient dénuées de tout fondement. On peut même supposer que le service militaire exerce souvent une heureuse influence en ce qui concerne les relations humaines car il développe des qualités telles que le dévouement envers ses camarades et son pays. On a lu dans la presse des récits d’abnégation déployée par certains soldats pour sauver l’un de leurs camarades. Ces exemples, qui contribuent à la formation de chaque soldat, ont une influence au moins aussi profitable que les cours de morale donnés dans les Yechivot.

Le gouvernement devrait reconnaître officiellement l’importance de l’étude de la Thora pour la nation et les rabbins reconnaître publiquement l’importance du service militaire en tant que commandement sacré de la Thora. En ce qui concerne la durée du service militaire, il devrait être possible pour un jeune ayant effectué une scolarité de trois ans dans un institut talmudique supérieur, de faire un service militaire qui durerait un an. Ils consacreraient ainsi quatre années au salut de la nation, soit un an de plus que ceux qui n’étudient pas à la Yechiva. Les religieux qui ne vont pas à la Yechiva parce qu’ils font trois ans de service militaire choisiraient cette formule qui contribuerait ainsi au renforcement de la Thora dans la nation. Les étudiants des Yechivot s’empresseraient de faire leur service militaire, suscitant ainsi le respect par leur dévouement, leur modestie et leur mode de vie. Ce serait source de « kiddoush Hashem », de sanctification du nom de Dieu. Les ba’hourei Yechiva serviraient par groupe d’au moins dix dans la même unité, éventuellement encadrés par un moniteur.

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Ils constitueraient ainsi un noyau solide, et loin de se noyer dans la masse, ils pourraient exercer une réelle influence et donner l’exemple d’une vie religieuse dans l’armée. Ils mettraient à profit les heures de liberté pour étudier la Thora et créeraient une véritable ambiance de shabbat en allumant les bougies, en chantant, en commentant la Thora, en discutant et en dialoguant avec les autres soldats qui ne savent pas ce qu’est « une existence conforme à la Thora » et qui considèrent le comportement religieux comme étrange. Les religieux devraient jouer un rôle important dans l’armée afin de faire d’une armée laïque une troupe céleste et de faire de Tsahal une institution animée de l’esprit divin qui combatte et répande la Thora tout à la fois. »

librement adapté de S.D. Botschko, Terre d’Abraham, Terre des Juifs ? Le défi de la promesse, © Éditions Daphnaël, 4, rue de Ventadour, 75001 Paris, 1994)

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard pour Dreuz.info.

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