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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 23 juin 2018

« Oui, le CCIF est bien un organe des Frères Musulmans, et oui, nous avons le droit, en France, de critiquer les religions », a déclaré Me Versini, avocat de Sébastien Jallamion, poursuivi au pénal pour avoir tweeté : « Tous les musulmans ne sont pas (encore) des islamistes. Mais ce rythme, c’est juste une question de temps.

Lorsqu’il fut appelé à la barre pour répondre du délit d’incitation à la haine qui lui était reproché, le président du tribunal correctionnel de Privas fut remarquablement intéressé par le sens du mot «Résistance» employé par l’ancien policier sur lequel s’acharne la justice française pour le réduire au silence. Il ne s’intéressa pas au fait que le CCIF a des liens avec une organisation terroriste, les Frères musulmans.

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«Qu’entendez-vous par résistance ?» lui demanda le président.

«Ne pas subir» répondit Sébastien Jallamion qui poursuivit ainsi :

« J’expliquais le chantage à l’islamophobie, ce piège qui nous était tendu pour interdire toute critique de l’islam. Je citais le cas des nombreux justiciables poursuivis suite à des signalements du CCIF, à tel point que l’on pouvait parler de «djihad judiciaire ». Je rappelais le contexte inquiétant de censure qui s’installait en France, et qu’il y avait à mes yeux pire que la censure : l’auto-censure, car elle implique un renoncement, une soumission, et que ma condamnation ne pourrait que la nourrir, en faisant de mon cas un exemple à ne pas suivre. Ne pas subir… »

Sébastien Jallamion était convoqué le 19 juin dernier devant le tribunal correctionnel de Privas pour « incitation à la haine envers une communauté de personnes en raison de son appartenance (…) à la religion musulmane », suite à une dénonciation au parquet par la police de la pensée anti-islam, le CCIF, une branche de l’organisation des Frères musulmans classée terroriste dans de nombreux pays musulmans dont l’Egypte, son pays d’origine, qu’on ne soupçonnera pas d’être islamophobe.

Les faits reprochés concernaient un tweet de 2016 (que Twitter, prompt à censurer tout propos haineux, n’a même pas jugé offensant) :

Sébastien a décidé, à l’occasion de son procès, de révéler la complaisance de certains procureurs avec les islamistes, dans leur projet d’interdire la critique de l’islam. Il a publié (ci-dessous) le signalement fait par les islamistes du CCIF, et qui a motivé son renvoi devant le tribunal correctionnel, pour que chacun soit témoin.

Un miracle à Privas

Selon toute logique, Sébastien devait être condamné. Lourdement. Mais il se passa un miracle qui hélas ne se reproduira jamais plus….

Lorsque la parole fut donnée au Ministère Public qui avait également décidé de poursuivre Jallamion, la substitut du Procureur se leva pour lire son réquisitoire.

Elle commença à lire le document qui avait été rédigé par sa hiérarchie…

Mais après quelques phrases, la représentante du Ministère Public s’arrêta brusquement et fit une pause.

Puis elle lança : «je n’irai pas plus loin, car pour moi il n’y a aucune infraction». Et elle se rassit. Grand froid dans la salle, stupeur, rage de l’avocate du CCIF… Ce coup de théâtre inattendu, et qui – il me faut le répéter avec force pour que personne ne se fasse la moindre illusion – ne se répétera plus, scella sans doute l’issue du procès.

Sortant de la salle d’audience, Sébastien Jallamion croisa l’avocate du CCIF, Me Asmae El Idriss. Il lui demanda si elle défendait le CCIF pour des raisons purement professionnelles ou personnelles. Elle lui répondit sèchement : «je suis une militante, et figurez-vous monsieur que je suis musulmane !» On ne l’aurait pas deviné.

À l’issue des débats sur le fond, Sébastien Jallamion fut relaxé, le CCIF fut débouté, et son avocate a annoncé qu’elle allait faire appel.

Dans un tweet, Jallamion nota que les médias sont restés très silencieux, alors qu’ils claironnent toute victoire du CCIF. On est en droit de se demander pourquoi, mais également de se dire qu’ils lui feront cher payer cette insolence.

Conclusion

La liberté d’expression a été tuée, en France. Mais je soupçonne, en lisant le vieux texte de la loi, que les législateurs ne l’ont jamais beaucoup aimée et très peu défendue. Je pense sincèrement que la France officielle n’aime pas beaucoup la liberté d’expression. Je pense que les représentants des Français, l’Assemblée nationale et le Sénat, ne veulent pas que les Français aient une trop grande liberté d’expression, c’est pour cela qu’ils ont introduit une notion élastique « d’incitation à la haine » comme limite à son exercice. En effet, rien n’est plus facile que de décider qu’un propos incite à la haine, car c’est 100% subjectif et non factuel.

Dès l’instant où j’écris « je hais », un juge peut décider que « j’incite à haïr ».

Ainsi, en réalité, la liberté d’expression n’existe pas, en France, car elle est soumise à l’appréciation subjective d’un juge, et non à l’examen objectif des faits. Et il n’existe aucune sécurité juridique, pourtant un des critères qui distingue une société avancée d’une société totalitaire.

Un juge français a toute liberté de décider qu’avec l’emploi strictement des mêmes mots, celui qui insulte la chrétienté n’incite pas à la haine, et que celui qui critique l’islam est un raciste, même s’il sait que l’islam n’est pas une race. Le premier sera relaxé à tous les coups, le second sera condamné.

Comme la tendance est à la destruction de la chrétienté et à la défense de l’islam, le parquet, représentant de l’État, s’acharne contre les islamophobes et ignore les christianophobes.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

Source pour la rédaction de cet article : témoignage de Sébastien Jallamion dans Riposte laïque.

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