Publié par Ivan Rioufol le 30 juin 2018

Le président français rejette les pays d’Europe qui ont fait de la question identitaire et de la lutte contre l’islam conquérant le centre de leur politique. Or, dans le rapport de force que Macron impose aux populistes européens, ces derniers mènent la danse.

Leur haine fait pitié : c’est celle des désespérés.

Nicolas Dupont-Aignan a subi la rage de Laurent Ruquier et de sa bande, samedi soir sur France 2. Pour avoir moqué leur « petite caste », qui louange l’immigration pour la galerie, le président de Debout la France s’est fait lyncher par la meute « progressiste ». Ainsi se comportent les mondialistes. Ils vivent comme une insulte les repliements qui leur donnent tort.

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Jusqu’alors, ces petits-maîtres se contentaient de réfuter les réalités, en disqualifiant les observateurs. Cependant les évidences sont devenues énormes. Certes, le discours officiel persiste à soutenir que les arrivées de clandestins ne constituent pas un problème migratoire, ou que la critique de l’emprise islamiste en France est un populisme hérité du nazisme. Mais ces bobards font rire. Les propagandistes ont la méchanceté des vaincus. Ce soir-là, Dupont-Aignan a gagné. C’est aussi à ces petits signes que se lit l’effondrement d’une époque.

C’est la panique chez les faussaires. Même Jacques Toubon, Défenseur des droits, en oublie ses leçons de rigueur. Dans le JDD, il déclare : « Partout la peur, l’idée de submersion – fausse, le solde migratoire en France est nul sur les périodes des trente dernières années – guident les opinions et les choix politiques. » Or ce solde, c’est-à-dire la différence entre les entrées et les sorties, est de 60.000 environ. Il a longtemps été à 100.000. Surtout, Toubon oublie de préciser que ce chiffre est principalement dû au départ des Français les plus diplômés, tandis que les arrivants sont des étrangers moins formés. Bref, la France continue d’exporter des bac + 5 et d’importer des bac – 5. En 2015, elle a enregistré 364.000 entrées, contre 297.000 départs. Reste que les bidonneurs n’ont pas fini d’abuser les esprits et de moquer les «peurs», tout en craignant «la parole libérée».

Dans ce contexte tendu, le chef de l’État souffle sur les braises quand il compare le populisme à «une lèpre qui monte».

Il a lancé cet assaut le 21 juin à Quimper. Emmanuel Macron vise ceux qui défendent les nations, les frontières, et s’opposent à davantage d’immigration. Ce faisant, il suggère la mise au ban des Français soucieux de préserver leur culture et d’éradiquer le totalitarisme islamique, cette authentique «peste verte» qu’il ignore.

Plus généralement, le président rejette les pays d’Europe qui ont fait de la question identitaire et de la lutte contre l’islam conquérant le centre de leur politique. Or, dans le rapport de force que Macron impose aux populistes européens, ces derniers mènent la danse. Angela Merkel, affaiblie, est sa seule alliée d’envergure, avec le pape François (voir mon blog). Mais leur commune indifférence au besoin de protection des peuples les marginalise à leur tour.

La «lèpre» que dénonce Macron est dans l’article 2 de la Constitution, sur le principe de la République : « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». La menace populiste n’est autre que le retour du citoyen dans l’Histoire. Les mondialistes, qui brodent sur le spectre des années 1930, sont ce qu’ils dénoncent : ils détestent le peuple et la démocratie, et laissent l’islamo-fascisme en paix. « Pas d’amalgame ! » exigent-ils avec raison pour différencier le djihadiste du musulman. Mais eux-mêmes mêlent extrémistes et patriotes. Dimanche, la Direction générale de la sûreté intérieure a opportunément interpellé dix membres d’« ultradroite », soupçonnés de visées terroristes. Parce qu’il serait reproché à ce groupe de vouloir répondre par la violence à l’islamisation de la France, ceux qui entendent y résister pacifiquement sont mis dans le même sac. Pour la pensée d’État, ceux qui évoquent le risque de guerre civile sont des lépreux qui s’ignorent.

Autorité affaiblie

N’en déplaise aux vendeurs de vivre ensemble, la menace d’une guerre interne n’est pas une vue de l’esprit. « Avec la rupture des années 2015 et 2016, nous avons changé d’époque. […] La paix ne va plus de soi », avait déclaré en décembre 2016 le général Pierre de Villiers, avant qu’il ne démissionne de son poste de chef d’état-major des armées.

rançois Hollande, alors président, avait admis à deux journalistes du Monde : « Comment peut-on éviter la partition ? Car c’est quand même ça qui est en train de se produire : la partition. »

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Face à l’apathie des pouvoirs publics, comment ne pas comprendre les inquiétudes de ceux qui n’oublient pas les 230 victimes, en France, du terrorisme islamique depuis janvier 2015 ? Chercher à criminaliser cette crainte, au prétexte qu’elle met en cause l’islam politique, est une trahison. En juin 1941, de Gaulle confiait : « Je pense qu’il faudrait désormais songer… aux moyens d’arrêter la progression communiste en Europe (1). » Macron, tout à sa guerre inutile contre les populistes, ne songe pas aux moyens d’arrêter la progression islamiste en Europe. L’Histoire jugera.

Au moins le président aurait-il pu donner corps à sa fonction, en assurant sans faiblir son apparente autorité monarchique. Lors des dernières commémorations de l’appel du 18 Juin, Macron avait fait la leçon à un jeune Gavroche qui l’avait interpellé : « Ça va, Manu ? » Le chef de l’État : « Tu m’appelles Monsieur le Président de la République, ou monsieur. » Le lycéen, filmé par les réseaux sociaux, s’était immédiatement excusé. Or, le 21 juin, Fête de la musique, le couple présidentiel s’est fait photographier à l’Élysée, entouré d’un groupe «électro» se présentant comme «fils d’immigrés, noirs et pédés». Les accoutrements étaient aussi vulgaires que les paroles des textes traduits : « Ce soir, brûlons cette maison », « Ne t’assieds pas, salope », « Suce ma bite et lèche mes boules », « Danse, enculé de ta mère », etc. Répondant aux indignés, Christophe Castaner, proche de Macron, a raillé leur «racisme» et leur «homophobie».

Les «lépreux» ont raison

Macron se réveillerait-il enfin, face au risque réel de fracture de l’Union européenne ? Mardi, il a reconnu que certaines organisations non gouvernementales (ONG) naviguant en Méditerranée font bien le jeu de la mafia des passeurs de clandestins. Cela fait des semaines que les populistes Orban (Hongrie) et Salvini (Italie) dénoncent ce scandale, au grand dam des mondialistes. Les deux « lépreux » avaient donc raison…

Erratum: la semaine dernière, j’ai attribué par erreur à saint Vincent de Paul : « Le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit. » Il s’agit de saint François de Sales.

(1) François Kersaudy, Le Monde selon de Gaulle, Tallandier.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Ivan Rioufol. Publié avec l’aimable autorisation du Figaro Vox.

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