Publié par Gaia - Dreuz le 30 juin 2018

La loi française contre les fausses nouvelles est toujours en discussion au Parlement au début de l’été 2018. Venant après la désastreuse loi allemande NetzDG que nous avons analysée en détail ici, le projet est de plus en plus critiqué. Comme le fait un éditorial de Denis Carreaux directeur des rédactions du groupe Nice Matin dans le numéro du 6 juin 2018.

Un remède pire que le mal

L’éditorialiste rappelle que c’est le 3 janvier 2018 lors de ses vœux à la presse que le Président Macron avait annoncé ses intentions. Mais il souligne que le projet de loi « entend mettre en place une sorte de tribunal des flagrants délires dans la presse et les réseaux sociaux ». Le projet, limité pour le moment aux périodes électorales mais susceptible d’être élargi par amendement, permet à un candidat ou un simple citoyen de saisir un juge des référés en cas de doute sur une nouvelle. Le juge a dès lors 48h pour en interdire la diffusion « en vertu de l’absence d’éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable ».

Denis Carreaux met le doigt sur les failles du projet :

Comment vérifier une information en 48h ?

Comment en même temps respecter la protection des sources journalistiques si le journaliste refuse de révéler son informateur ?

Comment éviter le risque de brider l’information ? Ajoutons que la tentation de contrôle est forte du côté de la ministre de la culture Françoise Nyssen qui veut pour le service public un média engagé pour changer les mentalités comme nous le rappelons.

Autodiscipline

Denis Carreaux invoque la responsabilité des éditeurs de presse plutôt que la puissance de la loi et il a raison. On peut par contre douter de la déontologie de la démarche quand il défend le projet Cross Check. Nous renvoyons ici à notre article du 3 avril 2017 où nous l’analysions :

Google est aussi partie prenante dans Cross Check. Selon le Google News Lab « CrossCheck réunit les compétences des secteurs des médias et des technologies pour s’assurer que les rumeurs et fausses déclarations soient rapidement détectées et que les nouvelles trompeuses ou fallacieuses soient corrigées. Avec l’élection présidentielle en ligne de mire, les journalistes de rédactions françaises et étrangères vont collaborer pour identifier et vérifier les contenus qui circulent en ligne, qu’il s’agisse de photos, de vidéos, de “mêmes”, de commentaires ou de sites d’actualités. » Qui finance ? Google. Qui va soutenir ? Facebook. On voit bien que l’étau de la bien-pensance (et des profits qui vont avec) californienne (l’effet feel good) se resserre sur les médias, en particulier européens.

Le vrai remède c’est le pluralisme des opinions, des idéologies, des origines politiques dans les rédactions des médias. À Nice Matin comme ailleurs.

Source : Ojim

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