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Publié par Magali Marc le 9 juillet 2018

Le 23 juin 2016, 51,9% des Britanniques choisissaient de quitter l’UE. Selon l’article 50 du traité sur l’Union européenne du 29 mars 2017, le Royaume-Uni et les 27 autres pays membres de l’UE avaient deux ans pour préparer sa sortie effective, après une période de transition.

Nommée en juillet 2016 et réélue de justesse en juin 2017, c’est la Première ministre Theresa May qui mène les discussions sur la sortie de son pays face à une équipe de négociateurs représentant l’Union européenne.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de Tim Sculthorpe, l’éditeur politique adjoint au dailymail-on-line, publié le 8 juillet.

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May est prévenue : Un Brexit « soft » causera une victoire encore plus grande pour le Parti travailliste que la victoire de Blair en 1997.

Les députés eurosceptiques ont averti qu’un accord mou sur le Brexit serait une trahison du référendum. Selon eux, ce sera la preuve que le Parti Conservateur ne tient pas compte de l’opinion des gens ordinaires.

Mme May a repoussé les demandes d’un vote de confiance et met Bruxelles au défi d’accepter son offre.

Les rumeurs circulent à Westminster selon lesquelles des députés furieux pourraient déposer une motion appelant à un vote de défiance envers Mme May, entraînant sa démission – mais nombreux sont ceux qui pensent que la Première Ministre pourrait s’en sortir indemne.

Les Eurosceptiques ont déclaré au Sunday Telegraph que la finalisation d’un accord sur le projet de loi de vendredi – impliquant un « règlement commun » avec l’UE – équivaudrait à une secousse sismique. Selon eux, des millions d’électeurs seront portés à croire les affirmations des partis d’opposition à l’effet que les Conservateurs « ne se soucient pas des gens ordinaires ». Ils ont averti : « Si cette idée fait son chemin, la défaite de 1997 aura l’air en comparaison d’une partie de thé chez le vicaire ».

Un ancien député a déclaré au journal: « Les ministres pro-Brexit ont mis leur carrière avant leur pays. Ils sont des traîtres à la nation ».

Jacob Rees-Mogg, le chef des Conservateurs d’arrière-ban, membre du Groupe de Recherche Européen, a rejeté hier le projet de Brexit « soft » de Mme May qu’il considère comme étant potentiellement pire que pas d’accord du tout. Il a dit que le pays demeurerait soumis aux règles (de l’UE) et il a averti que ce ne serait pas du tout le Brexit.

Mme May a insisté aujourd’hui qu’elle n’entend pas laisser tomber la nation et qu’elle tiendra les promesses qu’elle a faites au sujet du Brexit. Rejetant le risque d’un vote de confiance, elle a déclaré au Sunday Times: « Le seul défi maintenant, c’est de faire en sorte que l’Union Européenne nous prenne au sérieux, et qu’elle vienne à la table pour en discuter avec nous ».

Lors des élections générales de 1997, Tony Blair avait remporté une victoire écrasante pour le Parti travailliste (Labour) alors que le Parti conservateur au pouvoir s’effondrait. Sir John Major avait perdu 171 sièges après avoir passé des années à batailler contre des députés eurosceptiques qui minaient son gouvernement minoritaire – une situation à laquelle Mme May pourrait maintenant faire face.

Plus de 100 chefs d’entreprise ont signé une lettre ouverte rejetant le projet (de Brexit soft) du gouvernement. Organisée par Richard Reed, co-fondateur d’Innocent Drinks, la lettre a été signée par les fondateurs de Pret a Manger, et les compagnies Waterstones, Zoopla, Net-a-Porter, Domino’s Pizza, Yo! Sushi et Jack Wills. La lettre déclare: «Le coût, la complexité et la bureaucratie créés par l’annulation de l’union douanière et l’adoption d’arrangements alternatifs est la dernière chose dont nos entreprises ont besoin alors que nous cherchons à développer et employer plus de personnes. Cela revient à lier les mains des entreprises britanniques ».

Mme May s’est dit victorieuse, vendredi soir dernier, après avoir fait passer de force son projet (une « troisième voie » afin de sauvegarder les échanges commerciaux avec l’UE) par le gouvernement malgré la révolte des pro-Brexit.

La Première Ministre a insisté sur le fait qu’elle a réussi à réconcilier les factions belligérantes de son équipe après une forte confrontation tenue à sa résidence de campagne de Chequers.

Mme May a menacé de limoger le ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson. The Times a rapporté qu’elle a dit à des alliés de haut rang que Johnson se retrouverait sans travail s’il essayait de saper l’accord conclu lors des discussions. Elle a fait cette menace alors qu’elle craignait que M. Johnson conduise une demi-douzaine d’Eurosceptiques à démissionner.

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Mme May a déclaré que les ministres avaient signé un projet selon lequel le Royaume-Uni accepterait les règles de l’UE concernant l’échange des marchandises – détruisant potentiellement les perspectives d’un accord commercial avec les États-Unis.

Elle a déclaré que le modèle élaboré lors des discussions constitue une « étape importante » et permettra à la Grande-Bretagne d ‘« éviter les frictions » qui pourraient nuire aux affaires tout en empêchant un durcissement de la frontière irlandaise (NdT : les Irlandais sont contre le Brexit).

Le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, a salué le consensus du cabinet et a promis d’examiner les propositions mais il a averti que le fait de choisir de conserver les avantages du marché unique (sans accepter les règles) ne serait pas accepté.

En indiquant que le gouvernement britannique se prépare à un rejet du projet (de soft Brexit) par Bruxelles, le Cabinet a également convenu de se préparer à cette éventualité.

« Lors de discussions approfondies, le Cabinet a convenu de notre position collective pour l’avenir des négociations avec l’UE », a déclaré Mme May vendredi soir. « Maintenant, nous devons tous avancer vers la négociation de notre proposition avec l’UE pour assurer l’avenir prospère et sûr que notre peuple mérite ».

Elle a fait cette déclaration après un débat houleux qui menaçait de dégénérer. La déclaration de Mme May a immédiatement suscité la consternation chez les Conservateurs d’arrière-ban qui ont dit que la Grande-Bretagne serait désormais « soumise aux règles ».

La Première Ministre a tenté de tirer parti de son triomphe apparent, affirmant son autorité sur le Cabinet.

Dans une lettre aux députés conservateurs, elle a déclaré que la responsabilité collective du parti concernant le Brexit avait été suspendue par David Cameron lors du référendum et que depuis lors, elle avait permis aux membres du Cabinet d’exprimer leurs opinions personnelles en public sans risquer d’être limogés. Mais elle a clairement visé M. Johnson en ajoutant : « Un accord sur cette proposition marque le point où ce n’est plus le cas et la responsabilité collective est maintenant pleinement rétablie ».

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Sources:

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