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Publié par Dreuz Info le 17 juillet 2018
Université suédoise de la Défense
  • Une récente étude sur le salafisme menée par l’Université suédoise de la Défense cite des rapports de police qui font état de menaces proférées par des enfants musulmans à l’encontre de leurs camarades de classe : ils leur trancheront la gorge et, pour étayer leurs propos, ils montrent les images de décapitations qu’ils gardent sur leur téléphone portable.

  • « Nombre de femmes mènent ici [une vie] pire que celle qui aurait été la leur au pays d’origine » – Un travailleur social suédois.

  • L’incapacité – aveuglement volontaire serait plus juste – à comprendre que le terrorisme djihadiste ne naît pas du vide, mais se nourrit d’environnements particuliers, n’est pas propre à la Suède. L’insistance de tant de responsables européens et occidentaux à qualifier ces attaques terroristes de « maladie mentale » illustre parfaitement le problème.

Une récente étude [1] de l’Université suédoise de la Défense sur le salafisme, dresse un sombre tableau de la radicalisation en cours des musulmans en Suède.

Les Salaf sont les « pieux ancêtres » qui ont formé les trois premières générations de disciples de Mahomet ; au cours des dernières décennies, cette idéologie a fini par être associée avec Al-Qaïda et l’Etat islamique, ainsi qu’avec des succursales locales d’Al-Qaïda. L’étude menée par l’Université de la Défense suédoise montre que la pratique d’un islam « pur » tel qu’il existait au temps des premiers adeptes de Mahomet amène les salafistes à rejeter la société occidentale : « Tous les salafistes ne sont pas djihadistes, mais tous les djihadistes sont salafistes ».[2]

L’étude ne quantifie pas la population salafistes de Suède, mais elle décrit son évolution, la manière dont elle s’est renforcée au cours de la dernière décennie, et cite plusieurs exemples de l’influence que les salafistes exercent dans différentes villes et localités suédoises.

Les « salafistes », concluent les auteurs, «… prônent la ségrégation sexuelle, exigent que les femmes se voilent pour limiter la « tentation sexuelle », limitent le rôle des femmes dans la sphère publique et s’opposent fermement à l’écoute de la musique et à la pratique d’activités sportives »[3].

De nombreux salafistes insistent auprès des autres musulmans pour qu’ils n’aient pas d’amis suédois qu’ils appellent « kufr », terme arabe pour désigner un non-musulman ou un « mécréant ». Un prédicateur salafiste, Anas Khalifa, a déclaré :

« Faut-il battre ou menacer un chrétien ou un juif que vous rencontrez ? Non. Vous n’êtes pas en guerre avec les chrétiens et les juifs dans votre école, par exemple. Vous les haïssez pour le bien d’Allah. Vous haïssez qu’ils ne croient pas en Allah. Mais du fond du cœur vous souhaitez qu’ils aiment Allah. Alors vous devez travailler avec eux, parler avec eux, parce que vous désirez qu’Allah les guide ».[4]

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Les salafistes semblent s’être partagé le territoire suédois :

« Les prédicateurs salafistes sur lesquels l’étude se concentre, semblent être plus partenaires que rivaux. Ils donnent le sentiment d’avoir réparti leur da’wa (mission) en différentes zones géographiques … » [5] .

L’action des salafistes varie selon les villes où ils sont actifs :

À Borås, certains enfants ne boivent pas l’eau de l’école ni ne pratiquent l’aquarelle parce que l’eau est « chrétienne ». La police rapporte que des enfants musulmans ont proféré des menaces de décapitation à l’encontre de leurs camarades de classe, tout en leur montrant des photos de corps décapités sur leur téléphone portable. Des « adolescents vont à la mosquée à la sortie de l’école pour se « purifier » des contacts qu’ils ont eu avec la société [non-musulmane] ». Des travailleurs sociaux [santé, garderies, etc.] ont témoigné du contrôle que les hommes exercent sur les femmes, jusque dans les salles d’attente [6]. Un travailleur social a déclaré :

« J’ai fini par comprendre qu’il existe un réseau qui contrôle les femmes pour qu’elles ne soient jamais seules avec les soignants. Elles n’ont aucune possibilité d’évoquer leur situation avec qui que ce soit. Dans bien des cas, ces femmes ont une vie pire que celle qu’elles auraient eu au pays d’origine ».

Un contrôle des femmes serait en place dans pratiquement toutes les villes suédoises mentionnées dans l’étude.

À Västerås, l’influence religieuse se mélange avec le crime. « Des types débarquent en bande dans l’épicerie. Si la caissière n’est pas voilée, ils prennent ce qu’ils veulent sans payer, traitent la caissière « de prostituée suédoise » et lui crachent dessus », raconte un policier. Ou bien de jeunes musulmans interrogent les Syriens et Kurdes, propriétaires de restaurants ou gérants de magasins, sur leur religion. Si la réponse n’est pas l’islam, ils sont harcelés. On a vu aussi des garçons de 10-12 ans demander à des femmes plus âgées si elles étaient musulmanes, en leur disant « c’est chez nous ici »[7] .

A Göteborg[8], les salafistes ont demandé aux musulmans de ne pas voter aux dernières élections parce que c’est « haram » (interdit). « Ils leur ont déclaré qu’au jour du jugement, ils seront tenus pour responsable de tous les actes des stupides politiciens pour lesquels ils auront voté. Ils allaient dans tous les bureaux de vote … Dans un bureau de vote, certains ont brandi un drapeau de l’Etat islamique » témoigne un policier. Selon un imam de la ville, Göteborg est la capitale du wahhabisme (une version saoudienne du salafisme) en Europe depuis les années 1990[9] .

Sur les 300 musulmans suédois qui ont rejoint l’EI en Syrie et en Irak, près d’un tiers venait de Göteborg[10]. Au prorata de la population, les Suédois djihadistes partis en Syrie et en Irak sont parmi les plus nombreux – juste derrière la Belgique et l’Autriche[11]. Le prédicateur somalien-canadien Saïd Regeah, parlant à la mosquée salafiste Bellevue de Göteborg, a « souligné l’importance de la « pureté ». A l’en croire, seuls les musulmans sont purs : tout le monde nait musulman, mais ce sont les parents qui façonnent ensuite les enfants en « juifs, chrétiens ou zoroastriens »[12] .

L’étude rapporte également que des commerces non musulmans ont été vandalisés avec des graffitis de l’État islamique et que des prêtres ont été menacés de décapitation[13]. Un témoin, Samir, déclare : « Si vous ne suivez pas l’Islam, vous vous retrouvez ostracisé. On voit des parents ici qui voilent leur petite fille de trois ans, c’est irréel, nous ne sommes pas en Irak »[14].

Un autre homme, Anwar, s’est vu refuser un emploi dans un restaurant musulman parce qu’il n’était pas pratiquant. La société laisse tomber les musulmans laïcs fait-il remarquer : « Je n’ai pas besoin d’une Bible ou d’un Coran, le seul livre dont j’ai besoin est le code pénal [suédois], mais si la société ne vous soutient pas, que peut-on faire ? » [15]

L’étude estime que la région de Stockholm compte au moins 150 djihadistes salafistes[16]. Les salafistes sont concentrés à Järva, une no-go-zone. Parfois, djihadistes et criminels s’associent pour terroriser la population environnante. Une femme a déclaré que les salafistes et les islamistes ont pris le contrôle des commerces, des mosquées des caves et des associations culturelles au cours des dix dernières années. « Les Suédois n’ont aucune idée de l’influence de l’islam politique dans la banlieue » ajoute-t-elle. Elle a décrit comment les enfants, garçons et filles sont séparés et comment les chefs religieux ordonnent aux femmes de ne pas se plaindre aux autorités des mauvais traitements que leur mari leur inflige. « Les lois suédoises ne sont pas appliquées dans les banlieues »[17] .

L’étude se termine par une critique de l’incapacité des autorités suédoises à établir un lien entre les musulmans radicaux et « un environnement qui favorise la dissémination de discours radicaux et incite à rejoindre des groupes plus radicaux et plus violents encore ». L’étude mentionne ce qui suit à titre d’exemple :

« Qu’un Coordinateur national contre l’extrémisme violent évoque le départ de tant de Suédois aux côtés de l’Etat islamique comme d’« une question à un million de dollars » illustre l’incapacité générale des autorités suédoises (à l’exception de la police et des services de sécurité) à penser les causes ». [18]

L’incapacité – aveuglement volontaire serait plus juste – à comprendre que le terrorisme djihadiste ne surgit pas du néant, mais se nourrit d’environnements particuliers, n’est pas propre à la Suède. L’insistance avec laquelle tant de responsables européens et occidentaux martèlent que les attaques terroristes relèvent de « pathologies mentales » en est une parfaite illustration.

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Les auteurs de l’étude citent la difficulté des établissements scolaires et des autorités locales à répondre au défi salafiste. Ici, c’est le personnel suédois qui a empêché une écolière musulmane d’enlever son voile pour jouer au coiffeur avec les autres enfants. Là, le personnel suédois d’une école maternelle a, – non sans scrupules – obligé une petite fille à porter son foulard. Dans les deux cas, il s’agissait de respecter la demande des parents. Dans toutes les écoles, le personnel suédois vit le mois de ramadan sur le mode du déchirement : les enfants réclament à boire et à manger mais les parents ont recommandé qu’ils jeûnent. [19]

L’étude est un pas important dans la reconnaissance par les Suédois de l’existence d’un problème. Mais si les autorités suédoises – le gouvernement suédois et les dirigeants politiques – ne veulent pas sortir de leur aveuglement, l’étude aura été menée en pure perte.

Judith Bergman est chroniqueuse, avocate et analyste politique.


[1] « Du salafisme au djihadisme salafiste – Impact et défis pour la société suédoise », publié le 28 juin. L’étude a été commandée par l’ Agence suédoise des urgences civiles.

[2] Du salafisme au djihadisme salafiste – Impact et défis pour la société suédoise, p 14.

[3] Ibid., P 24

[4] Ibid., P 132

[5] Ibid., P 223

[6] Borås est décrit aux pp 162 et suivantes.

[7] Västerås est décrit aux pp 168ff.

[8] Ibid., P 186

[9] Ibid., P 182

[10] Ibid., P 103

[11] Ibid., P 107

[12] Ibid., P 131

[13] Ibid., P 186

[14] Ibid., P 187

[15] Ibid., P 187

[16] Ibid., P 210

[17] Ibid., P 213

[18] Ibid., P 109

[19] Ibid., P 194

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