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Publié par Gaia - Dreuz le 20 juillet 2018

Le soir du 26 mai 2012, où elle assure avoir été violée par l’islamologue suisse, Henda Ayari se trouvait au mariage de son frère cadet en Seine-Maritime.

Ce sont des éléments objectifs d’enquête qui pourraient définitivement mettre à mal les accusations portées par Henda Ayari contre l’islamologue Tariq Ramadan. Cette ancienne salafiste, devenue militante laïque et féministe, assure avoir été violée en 2012 par le théologien suisse. C’est la première à avoir porté plainte contre lui en octobre 2017. Deux autres plaintes ont depuis suivi en France. Tariq Ramadan a été mis en examen au mois de février dernier pour des faits de « viol sur personne vulnérable » et « viols », avant d’être placé en détention provisoire.

L’islamologue a toujours réfuté un quelconque viol depuis le début de cette affaire. En revanche, il a reconnu avoir eu plusieurs relations extraconjugales.

Ce jeudi 19 juillet, Henda Ayari et Tariq Ramadan sont confrontés pour la première fois dans le cabinet des trois juges d’instruction parisiens en charge de cette affaire. Selon nos informations, les magistrats disposent désormais de plusieurs éléments recueillis par les enquêteurs de la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne, en charge des investigations, venant contredire les déclarations d’Henda Ayari sur le jour précis où elle assure avoir été violée.

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Dans un premier temps, cette mère de trois enfants, âgée de 41 ans et domiciliée dans le département de la Seine-Maritime, avait indiqué que les faits avaient eu lieu à l’hôtel Holiday Inn, situé près de la gare de l’Est, entre le 31 mars et le 8 avril 2012. Puis elle est revenue sur ses déclarations, affirmant qu’elle avait été violée le 26 mai 2012, dans une chambre de l’hôtel Crowne Plaza, place de la République à Paris.

Pour étayer ses nouvelles déclarations, Henda Ayari a remis aux magistrats instructeurs un ancien agenda datant de l’année 2012 et présentant des inscriptions de sa propre main qui laissent apparaître le nom et l’adresse de cet hôtel. Dans ce même agenda, Henda Ayari a également noté le trajet en métro pour rallier cet établissement hôtelier depuis la gare Saint-Lazare. La première accusatrice de Tariq Ramadan a encore expliqué aux juges que c’est l’islamologue lui-même qui lui avait précisé à l’époque, au téléphone, les lignes et les changements à effectuer dans le métro pour venir le rejoindre dans cet hôtel de la place de la République. Elle y a encore noté les horaires de départ de son train à Rouen – 20 h 08 – et son heure d’arrivée – 21 h 48 – à la gare Saint-Lazare. Elle a également fourni le talon de chèque attestant l’achat de son billet de train, le 26 mai 2012, libellé auprès de la SNCF.

En photo au mariage de son frère le soir où elle assure avoir été violée

Toujours selon nos informations, afin de vérifier l’emploi du temps de la victime le jour des faits, les enquêteurs de la brigade criminelle ont procédé, le 9 juillet dernier, à l’audition de son frère cadet. D’emblée, ce dernier indique qu’il n’a plus de relations avec sa sœur depuis qu’elle a « écrit son livre dans lequel elle écrit pas mal de méchancetés sur (s)a famille ». « J’ai coupé les ponts, mais je la croise de temps en temps quand il y a un mariage dans la famille, poursuit-il. […] Notre différence d’âge a toujours fait que nous n’avons jamais été proches. Mais depuis toutes ces histoires, je ne veux plus avoir quoi que ce soit avec elle. […] Je tiens à vous préciser que, lorsque j’ai entendu qu’elle avait déposé plainte dans les médias, honnêtement, je me suis dit qu’elle allait réussir à avoir ce qu’elle voulait depuis toujours, la gloire. Elle a toujours rêvé d’être connue. Pour moi, c’est une opportuniste. Sur le viol en question, moi, je n’y crois pas, mais, bon, je ne sais pas. »

Questionné sur la date précise du 26 mai 2012, le frère cadet d’Henda Ayari précise que « c’était le jour de [s]on mariage ». « Il avait lieu à Petit-Couronne à 7 ou 8 kilomètres de Rouen. […] La fête a commencé vers 18 ou 19 heures. J’ai le souvenir que ma sœur était présente ce soir-là. Elle était avec ses trois enfants. Je ne saurais pas vous dire à quelle heure elle est partie. […] Dans mes souvenirs, elle était présente et souriante, atteste-t-il devant les policiers de la crim. Il me semble qu’on la voit sur une vidéo du mariage qui est gravée sur un DVD. »

Le frère cadet se fait ensuite très critique sur la façon de s’habiller de sa sœur. « Elle n’a pas de bonnes mœurs. Elle s’habille de façon provocante. Parfois, quand elle venait chez moi, j’avais honte de sa tenue. » « Je sais que psychologiquement elle est folle. Elle est déséquilibrée. […] C’est une grosse mythomane. Elle est manipulatrice. Elle a plusieurs personnalités. […] En tout cas, la date du 26 mai 2012 ne tient pas debout. »

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« De 20 heures à 3 heures du matin »

Au lendemain de ces déclarations, les enquêteurs ont récupéré deux clichés photographiques du mariage en date du 26 mai sur lesquels figure Henda Ayari. Le frère assure encore que sa sœur était finalement présente à cette cérémonie de « 20 heures à 3 heures du matin environ et était installée à la table des amies de la mariée ». « Mme Henda El Ayari est vêtue d’une longue robe blanche à motif fleuri, elle porte un bijou tour de tête supportant une fleur blanche sur le côté droit », décrit encore un policier dans son procès-verbal en date du 10 juillet à propos des fameux clichés. Les mêmes policiers ont également eu confirmation auprès du service d’état civil de la mairie de Rouen que le frère d’Henda Ayari s’était bien marié à la date du 26 mai 2012.

Autant d’éléments qui pourraient, peut-être, amener les juges à reconsidérer la mise en examen de Tariq Ramadan et à le placer sous le statut de témoin assisté concernant les faits dénoncés par cette plaignante.

Source : Lepoint

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