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Publié par Magali Marc le 30 juillet 2018

Une fois n’est pas coutume, je trouve utile de présenter l’analyse d’un Républicain anti-Trump qui donne des conseils aux Démocrates. Son évaluation de Trump est mauvaise, mais son analyse de la stratégie (perdante) des Démocrates est intéressante.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit cette opinion de * Ed Rogers, parue dans le Washington Post, le 26 juillet. Je souligne que ne suis pas d’accord du tout avec son estimation des politiques de Trump.

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Les Démocrates cherchent-ils à faire réélire Trump ?

Le New York Times a récemment jeté un regard attentif sur la liste des candidats à la présidentielle les plus probables pour le Parti Démocrate en 2020. Les élections de mi-mandat auront lieu dans environ quatre mois, cela signifie que certaines organisations de campagnes officielles pour 2020 vont démarrer dans les six mois, voire encore plus tôt.

Il y aura beaucoup de discussions visant à évaluer les différents candidats et à déterminer la place qu’ils occupent et les appuis sur lesquels ils pourront compter parmi les partisans démocrates.

Plutôt que de se lancer dans une critique de tel ou tel candidat à ce stade-ci, quelques questions fondamentales sont à considérer quand on songe à la dynamique pour les présidentielles de 2020 qui commence à se faire jour.

Une question fondamentale se pose : qui sera le candidat « anti-Trump » ?

Autrement dit, quel candidat pourra le mieux être contrasté avec le président ?

Si le président Donald Trump représentait, au moins partiellement, une réaction contre Barack Obama, à quoi ressemblera une réaction contre Trump ?

Est-ce que les Démocrates pensent que Trump est tellement mauvais que n’importe quel Démocrate est sûr de le battre ?

Ensuite, les enjeux électoraux seront-ils importants en 2020 ? Ou suffira-t-il simplement d’être le candidat qui n’est pas Trump pour gagner ?

La plupart des Républicains espèrent bien que les Démocrates vont se tirer dans le pied en galvanisant leurs partisans autour d’une nouvelle série d’enjeux tels que la défense des villes sanctuaires, l’abolition de l’agence de police douanière et de contrôle des frontières (ICE), la promotion des soins de santé, et la remise en question du système capitaliste.

Les Républicains veulent croire que cette embardée sur la gauche représente l’abandon du centre par les Démocrates, ce qui devrait permettre au GOP (Grand Old Party) de se présenter comme étant un parti rationnel – surtout si les Démocrates ne parviennent pas à articuler un message économique clair.

Si l’économie connaît une croissance relativement robuste et que les Démocrates se positionnent contre les politiques qui ont produit de bons résultats, ils en seront réduits à vociférer en émettant de banals slogans gauchistes tandis que les Républicains seront en mesure de faire campagne sur l’idée qu’un vote pour un Démocrate est un vote pour la débâcle économique.

Nous n’aurons pas à attendre jusqu’en 2020 pour voir si les Démocrates en font trop.

Un autre article du New York Times suggère que les courses menées pour choisir des candidats en vue des élections de mi-mandat cette année ont constitué une sorte de test pour les Démocrates.

Le journaliste du New York Times, Alexander Burns, note que « des progressistes plus jeunes ont battu des leaders politiques bien établis, ont évincé des législateurs vétérans au niveau des États, en Pennsylvanie et au Maryland et ont rejeté, dans le nord de l’État de New York, un candidat au Congrès recruté par le parti au niveau national. La pression exercée par une nouvelle génération de gauchistes portés sur la confrontation place les Démocrates au bord d’une transition radicale, loin non seulement de l’esprit centriste des années Bill Clinton, mais aussi, peut-être, du gauchisme modéré de Barack Obama. »

Les Démocrates n’ont-ils plus envie de nommer le genre de candidats calmes, au style modéré qui ont remporté les élections présidentielles en 1992 et en 2008 ? Clinton ou Obama pourrait-il être nommé par le Parti Démocrate d’aujourd’hui ?

Historiquement, un parti obtient presque toujours deux mandats à la Maison Blanche, donc 2020 devrait théoriquement favoriser le président sortant.

Mais qui peut prédire ce qui arrivera avec Trump ?

Aujourd’hui, avec ses politiques commerciales erratiques qui agitent les fermiers et certains fabricants dans le pays, les Républicains du Congrès qui n’ont aucune confiance dans sa façon de gérer les relations avec la Russie et les drames quotidiens peu flatteurs pour Trump qui sont rapportés tous les jours dans les nouvelle, les Démocrates doivent flairer l’opportunité. (NdT: les sondages montrent que les appuis envers Trump vont en augmentant dans le public mais certains Républicains au Congrès sont des Never-Trump incorrigibles).

Il est trop tôt pour extrapoler ce qui arrivera en novembre 2020.

Mais d’après ce que je peux voir, les Démocrates sont incapables de réagir. Il est facile pour eux de croire qu’ils vont pouvoir gagner avec n’importe qui et qu’ils n’ont donc pas besoin de se situer raisonnablement au Centre du spectre politique.

Ils pourraient être en train de se diriger vers un cas classique de sous-estimation de l’adversaire et de surestimation de leurs possibilités. S’ils ne remportent pas une grande victoire en novembre et ne prennent pas le contrôle de la Chambre des Représentants et s’ils perdent plus d’un siège au Sénat, ils devront se réajuster.

Pour l’instant, la dynamique qu’ils ont créée est propre à favoriser la réélection de Trump en 2020.

* Ed Rogers a travaillé à la Maison Blanche pour Ronald Reagan et George HW Bush.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Source : Washington Post

 

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