Publié par Hélios d'Alexandrie le 1 juillet 2018

Nous sommes en 2024, le réchauffement de la planète a fait grimper le niveau des océans, plusieurs îles du Pacifique ont été submergées, leurs habitants ont dû être évacués par les secouristes internationaux sous l’égide de l’ONU. Le Québec, comme d’autres pays occidentaux, a démontré sa générosité en accueillant quelques tribus d’anthropophages sauvés in extrémis de la noyade.

Installées au Québec, ces tribus ont tôt fait de réaliser les difficultés liées à la poursuite de leurs habitudes et au maintien de leurs traditions, particulièrement dans le champ de l’alimentation. Ignorant tout des actions à entreprendre, ils consultèrent un avocat expert dans la défense des communautés culturelles. Ce dernier entreprit certaines démarches et aida le représentant de leur communauté, Monsieur Doc Kanibal, à rédiger une lettre à la Commission québécoise des droits de la personne. Dans cette lettre, monsieur Kanibal s’est plaint des difficultés rencontrées par sa communauté à vivre selon ses traditions et a réclamé que les Québécois fassent preuve d’ouverture. La réponse du directeur de la Commission ne s’est pas fait attendre, il nous fait plaisir de la reproduire intégralement.

Cher Monsieur Kanibal,

Votre souci de bien manger vous fait honneur ! Hélas ! En ce qui nous concerne, les traditions culinaires dont vous vous réclamez appartiennent désormais à un passé révolu. Dans notre Québec multiculturel où certains osent encore exprimer leurs opinions, on se risque de temps en temps à « manger » symboliquement son prochain, rien de plus.

Mais on aurait tort de ne pas répondre à votre appel au secours, après tout vos ancêtres anthropophages si décriés, n’étaient-ils pas à l’avant-garde de la préservation de l’environnement et des écologistes avant la lettre ?

Contrairement aux idées reçues, l’anthropophagie en tant que solution écologiste à la surpopulation, permettait à vos ancêtres de conjurer toute menace sérieuse à l’environnement. La mauvaise réputation qui leur a été faite n’était-elle pas délibérée afin de justifier leur extermination? Eux au moins se gardaient d’exterminer leurs ennemis ; après tout, on ne détruit pas son garde-manger !

Imaginons à présent la planète sans êtres humains ou peuplée uniquement d’anthropophages, ne deviendrait-elle pas un paradis écologiste ?

Les écologistes qui ont de la suite dans les idées et qui ne dédaignent pas d’explorer toutes les avenues possibles devraient songer sérieusement à réhabiliter le cannibalisme. On serait tenté de croire que cela ne sera pas facile, puisque nombre d’entre eux militent avec nous pour les droits de l’homme ! Qu’on se rassure, il n’y a aucune contradiction entre le cannibalisme et les droits de l’homme, pas plus qu’il n’y a de contradiction à défendre les droits des criminels et à ignorer ceux des victimes.

D’ailleurs, de quel droit et au nom de quelle morale se permet-on de juger une culture différente mais tout compte fait égale (sinon supérieure) à la nôtre ? Une culture qui remonte au paléolithique, riche de traditions et proche de la nature. Le cannibalisme reposant sur une tradition ancestrale est fondé en droit : le droit de se nourrir selon ses coutumes et sa culture et celui probablement moins « intéressant », mais combien utile, de devenir soi-même nourriture pour la perpétuation de l’espèce mais aussi pour prévenir toute explosion démographique.

Je prends à cœur votre cause et soumettrai votre demande aux membres de la Commission ; j’entreprendrai aussi des démarches auprès du Premier Ministre du Québec.

Je profite de l’occasion pour souligner votre apport à la civilisation. L’art culinaire et la gastronomie s’enrichissent désormais des mets et des recettes que vous rapportez dans votre lettre. Ceux qui se préoccupent de bien manger devraient en prendre acte.

Gastronomiquement vôtre,

R. Macdo

Directeur de la Commission des droits de la personne du Québec

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R. Macdo a tenu parole et a écrit au Premier Ministre du Québec. Nous reproduisons ici l’intégralité de sa lettre :

Monsieur le Premier Ministre,

Il me fait plaisir de plaider auprès de vous la cause des réfugiés anthropophages que notre Belle Province multiculturelle et pluraliste a accueillis pour enrichir sa mosaïque communautaire. Permettez-moi de déplorer d’emblée le peu d’efforts déployés par le ministère des communautés culturelles pour évaluer et combler les besoins de ces nouveaux arrivants. Les préjugés bien ancrés voire les sentiments racistes à l’égard de ces personnes sont pour beaucoup dans le manque d’empressement de la part des fonctionnaires du ministère responsable.

Les cannibales sont gens civilisés, nous les regardons simplement à travers la lentille déformante de notre civilisation. Nous, de la Commission des droits de la personne, sommes résolus à défendre leur droit à vivre selon leur culture et leurs valeurs. Toute opposition aux pratiques des anthropophages sera donc considérée comme motivée par le racisme, elle sera publiquement dénoncée et se méritera une sanction exemplaire.

Nous vous enjoignons à faire le maximum pour accommoder raisonnablement ces gens. Alors que l’excision des filles, l’étranglement des femmes qui refusent de se voiler et le meurtre des apostats ont été finalement décriminalisés, il n’est pas concevable d’interdire aux anthropophages de s’alimenter à leur façon !

Votre gouvernement est tenu de prendre les choses en mains. Les ministères de la sécurité publique, de la justice, de l’éducation et de la santé devront s’ajuster dans un premier temps. Il y aura lieu de permettre les pratiques culinaires tant qu’elles s’exercent à l’intérieur de la communauté. Cependant rien n’interdit que des Québécois de souche adhèrent à ces pratiques. Se nourrir ne sera pas considéré comme criminel ; il est vrai que le consentement à servir de nourriture peut poser problème, mais les juges devront statuer sur un accommodement raisonnable, comme par exemple décréter que seuls ceux qui se nourrissent de chair humaine peuvent être considérés comme source de nourriture. Cependant il faudra « surveiller de près les dérapages ». Les membres de la communauté cannibale auront le droit en tout temps de quitter la communauté; cependant le fait qu’ils constituent une source de nourriture ne s’éteindra qu’après un laps de temps qu’il restera à définir par un commun accord avec les leaders de la communauté cannibale.

La société protectrice des animaux sera poursuivie pour propos racistes si elle s’avisait de lancer une campagne à l’encontre du cannibalisme. Les curés devront s’abstenir de prêcher contre le cannibalisme, il y aura lieu de prévoir, en faveur des cannibales, une exemption en ce qui concerne le commandement: « Tu ne tueras pas ».

Les programmes scolaires devront aussi être modifiés pour introduire les nouvelles notions de respect de la différence, et expliquer aux écoliers que le cannibalisme est juste une façon différente de manger. Pour l’occasion, des cannibales seront invités à rencontrer les enfants et leur parler, des films et des diaporamas seront aussi prévus à cet effet, des avis seront aussi envoyés aux parents. Cependant les échanges entre communautés cannibales et les autres devront être laissés à l’initiative des personnes, l’état n’encourageant et ne décourageant aucun choix culinaire.

Dans les écoles recevant un nombre significatif d’enfants cannibales, les cantines scolaires devront s’adapter à la clientèle; cependant les mets préparés à leur intention viendront directement de la communauté et seront servis dans des comptoirs séparés.

Une étape cruciale consistera à enchâsser le droit des cannibales dans la constitution, un amendement à la charte des droits et libertés en ce sens devra être voté par une majorité des deux tiers à l’Assemblée nationale.

Les cannibales devront être représentés dignement dans toutes les instances politiques tant municipales que nationales, la présence de maires, de députés voire de ministres cannibales doit être encouragée.

Cet exposé n’est probablement pas exhaustif mais nous n’en sommes qu’au début de la réflexion.

En terminant, je compte sur votre diligence coutumière pour apporter les correctifs qui s’imposent et ainsi permettre aux réfugiés anthropophages de s’épanouir pleinement au Québec.
Bien à vous,
R. Macdo
Directeur de la Commission des droits de la personne du Québec

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Hélios d’Alexandrie pour Dreuz.info.

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