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Publié par Magali Marc le 13 août 2018

Benyamin Netanyahou s’est livré à un effort diplomatique important pour tenter d’obtenir les appuis des pays sud-américains. En Colombie et au Brésil, en particulier, ses efforts semblent avoir porté leurs fruits.

Plusieurs analystes se sont intéressés à cette question. Cet article est une synthèse de l’article de Charles Bybelezer and Dima Abumaria pour le site The Media Line, paru le 9 août (traduit et adapté par Marc Brzustowski pour le site Jforum, 12 août); de celui de Marcus M. Gilban correspondant de l’agence juive JTA à Rio de Janeiro (paru le 8 août); et l’article de Joshua Davidovich et Raphaël Ahren paru le 18 juin dernier dans le Times of Israel.

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La Colombie

Un jour après l’annonce par le ministre des Affaires étrangères de la Colombie de la reconnaissance par le pays d’un État palestinien, le gouvernement a fait marche arrière et s’est engagé à revoir cette décision. La décision initiale a été prise par l’ancien président, Juan Manuel Santos, juste avant d’être remplacé par Ivan Duque, qui a prêté serment mardi.

Sous le président sortant Juan Manuel Santos, la Colombie est devenue l’un des meilleurs amis d’Israël en Amérique latine. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a visité le pays lors d’un échange en Amérique latine en 2017.

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En octobre 2012, Santos a déclaré que le monde devrait reconnaître Israël comme État du peuple juif.

« Il y a eu des relations solides entre les deux pays. La Colombie est l’un des rares pays d’Amérique latine qui n’a pas voté en faveur d’élever le statut de la «Palestine» à «État non membre» de l’ONU il y a quelques années », a déclaré l’an dernier, l’universitaire Arie M. Kacowicz .

La Colombie, qui a combattu les rebelles des FARC pendant des décennies jusqu’à ce qu’un traité de paix soit signé en 2016, achète régulièrement des armes israéliennes.

Leah Soibel, la fondatrice de Fuente Latina, une organisation qui promeut des liens plus étroits entre Israël et l’Amérique latine, a déclaré l’an dernier que les relations entre le pays étaient mûres pour un développement.

« La Colombie a traditionnellement été le partenaire le plus fort d’Israël dans la région en ce qui concerne les liens militaires et de sécurité », a-t-elle déclaré.

Lors de la visite de Netanyahou, le directeur du ministère des Affaires étrangères, Yuval Rotem, a exprimé l’espoir qu’Israël pourrait faire une transition dans ses relations commerciales avec Bogotá vers des projets d’infrastructure.

Le Honduras, et le Guatemala

Le gouvernement israélien a fait de l’Amérique du Sud, et plus largement de l’Amérique latine, le centre d’un important effort diplomatique. Netanyahou a été le premier Premier ministre à se rendre, en septembre dernier, en Argentine, au Paraguay, en Colombie et au Mexique.

Tous ces pays se sont abstenus lors d’un vote à l’Assemblée générale des Nations Unies sur une résolution demandant aux États-Unis de revenir sur sa reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Les liens d’Israël avec des pays comme le Honduras, qui ont voté contre la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies, et le Guatemala, qui a suivi l’exemple américain en mai en déplaçant son ambassade à Jérusalem, semblent également avoir atteint des sommets.

 

Le Brésil

Le principal candidat à la présidentielle brésilien, Jair Bolsonaro, a promis cette semaine de fermer la mission palestinienne à Brasilia et de déplacer l’ambassade de son pays s’il remportait les élections d’octobre.

« La Palestine est-elle un pays ? La Palestine n’est pas un pays, donc il ne devrait pas y avoir d’ambassade ici » a déclaré Jair Bolsonaro, député du Parti social-libéral, lors de la réouverture du Congrès national après trois semaines de vacances.

Le législateur de droite est un admirateur et un partisan convaincu d’Israël. Il a critiqué le fait que la représentation diplomatique de l’Autorité palestinienne se trouve à moins de trois kilomètres du siège du gouvernement brésilien, le palais Planalto.

Le Brésil devrait tenir ses élections le 7 octobre.

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Ce pays sud-américain a reconnu la Palestine comme État indépendant en 2010, dans le cadre de l’alignement de l’ancien président d’extrême gauche Luis Inacio Lula da Silva avec les gouvernements extrémistes tels que l’Iran et la Libye.

Bolsonaro, un politicien conservateur âgé de 62 ans a participé à quelques interviews télévisées ces dernières semaines, affirmant qu’il a l’intention de transférer l’ambassade du Brésil à Jérusalem de Tel-Aviv.

(L’ancien président brésilien Luis Inacio Lula da Silva avait fait don de 10 millions de dollars au Hamas, qui régit la bande de Gaza et s’est engagé à détruire Israël. La disciple de Lula, Dilma Rousseff, a maintenu une politique pro-palestinienne jusqu’à sa destitution il y a deux ans. Rousseff a torpillé la nomination de Dani Dayan à titre d’ambassadeur d’Israël à Brasilia en prétextant son plaidoyer passé en faveur de la construction d’implantations juives en Judée-Samarie).

Le Parti des Travailleurs brésilien, de gauche, a lancé la campagne officielle de Lula pour la présidence malgré le fait que l’ancien chef de l’État, tout charismatique qu’il soit, purge en ce moment une peine de 12 ans de prison pour corruption et blanchiment d’argent et ne figurera probablement pas sur les bulletins de vote.

Selon les instituts de sondage brésiliens, Lula et Bolsonaro seraient au coude à coude.

Conclusion

Selon le professeur Emmanuel Navon, chargé de cours en relations internationales à l’université de Tel-Aviv et chercheur à l’Institut d’études stratégiques de Jérusalem, l’approche des pays face au conflit israélo-palestinien « dépend beaucoup de la nature du pouvoir. La droite en Amérique Latine semble être plus proche de la communauté évangélique aux États-Unis, alors que la gauche semble devenir plus radicale ».

« Donc, selon qui gagne les élections, Israël doit adopter une approche ciblée », a-t-il déclaré à Media Line. En effet, les pays d’Amérique Latine n’ont pas de tradition démocratique, ce sont donc les dirigeants qui prennent les décisions. Ce n’est pas une priorité pour les électeurs.

Le Dr. Navon a souligné que l’une des principales raisons de l’incursion diplomatique d’Israël dans les Amériques est de contrecarrer l’expansionnisme iranien. « Le Hezbollah et l’Iran sont très présents dans cette région. L’Argentine en est un bon exemple, alors que l’ancienne dirigeante, Cristina Fernandez de Kirchner -aujourd’hui poursuivie pour corruption aggravée à tous les niveaux du pouvoir-, a cherché à dissimuler le rôle joué par Téhéran dans l’attaque à la bombe en 1994 d’un centre communautaire juif à Buenos Aires. »

Aujourd’hui, le président Mauricio Macri tente d’envoyer les responsables devant les tribunaux.

Alors que de nombreux pays sud-américains restent fermement dans le camp anti-israélien, au premier rang desquels le Venezuela, un allié de l’Iran, ainsi que la Bolivie sous Evo Morales, les choses semblent aller, à présent, en sens inverse.

L’hémisphère sud pourrait très bien devenir le prochain grand champ de bataille diplomatique du conflit israélo-palestinien.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Adaptation et traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Sources:

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