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Publié par Abbé Alain Arbez le 14 août 2018


A l’heure des grands débats et engagements œcuméniques, la vénération mariale constitue toujours un obstacle pour un grand nombre de chrétiens non catholiques. Ils voient de la part des catholiques et des orthodoxes une déviance cultuelle qui leur semble étrangère à leur conception du message biblique.

Ce qui peut en effet faire problème pour tout chrétien authentique, c’est une mariologie exacerbée et un culte marial déconnectés de l’Ecriture Sainte.

Rappelons avant tout que la Révélation est close à la mort du dernier apôtre, et que tout message marial ou autre ne pourra jamais entrer en concurrence avec le contenu de foi initial et officiel de l’Eglise apostolique. Les messages d’apparitions mariales ne peuvent en aucun cas être mises sur le même plan que l’annonce de l’évangile.

Il y a donc un véritable problème lorsque la dévotion mariale prétend usurper la place du Christ. Certains « prient » Marie comme on prie Dieu, ce qui constitue une offense à la transcendance de Dieu. Dieu seul est source de vie et de grâce. Marie est là pour conduire au Christ qui lui-même s’efface devant le Père (voir l’évangile de Jean qui insiste : « ce que je dis ne vient pas de moi mais du Père qui m’a envoyé »).

On peut donc légitimement demander à Marie d’intercéder, on peut sincèrement l’invoquer, rien ne s’y oppose. Le Je vous salue Marie ne dit-il pas très clairement : « prie pour nous… » ? Cela rappelle explicitement qu’au sens strictement évangélique, on ne prie que Dieu seul, par le Christ et dans l’Esprit.

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Le pape Paul VI en 1974, dans son exhortation apostolique « Marialis cultus » donne le cap :

« La volonté de l’Eglise catholique, sans atténuer le caractère propre du culte marial, est d’éviter avec soin toute exagération susceptible d’induire en erreur les autres frères chrétiens sur la doctrine authentique de l’Eglise ».

Pourquoi invoquer Marie ?

Les Ecritures sont d’une étonnante discrétion sur la Vierge Marie. En revanche dans certaines « apparitions », la Vierge semble terriblement loquace. Or, on voit bien que dans l’enseignement de Jésus ou des apôtres, son rôle est manifestement en retrait. Mais le rôle de Marie n’est pas à comprendre à côté ou en plus du Christ, comme il existait pour lui-même. Tout disciple est appelé à faire les mêmes œuvres que le Christ. « Celui ou celle qui fait la volonté de mon Père est ma mère, mon frère, ma soeur… »

Cette maternité spirituelle s’applique à Marie lorsque l’évangile la présente debout au pied de la croix (Jn 19.25), elle s’associe à la passion de son fils et collabore de tout son être à son œuvre de salut. A la manière de l’Eglise dans l’apocalypse, elle est la « femme dans les douleurs de l’enfantement » (Apoc 12.1). Comme Paul, elle complète en sa chair ce qui manque aux épreuves du

Christ ; volontairement en communion avec lui dans sa Pâque, elle est mère de l’Eglise et des croyants qui cheminent vers la Jérusalem céleste.

On voit bien qu’une dévotion mariale éclairée, fondée sur la spiritualité évangélique et biblique fortifie la foi et rapproche du Dieu d’Abraham, de Moïse et des prophètes d’Israël, dont Jésus récapitule l’alliance dans sa personne. Certains courants dévotionnels dans l’Eglise catholique ont fait pression que Marie soit proclamée « co-rédemptrice ». L’Eglise a toujours refusé cette approche mettant en cause le christocentrisme du salut. Marie n’est pas co-rédemptrice, seul le Christ est rédempteur.

MYRIAM, FILLE D’ISRAEL

Pour rendre à Marie une place cohérente dans notre spiritualité, il faut reprendre conscience de son réel enracinement dans les saintes Ecritures d’Israël.

La réflexion théologique sur Marie, mère du Christ et mère de l’Eglise n’est pas un en-soi : elle est à situer à l’intérieur de la christologie, issue de l’histoire biblique du salut exprimée dans l’aventure du peuple d’Israël.

Marie ne correspond évidemment pas à la quasi divinité imaginée par le Coran (les musulmans imaginent que les chrétiens voient en elle la troisième personne de la trinité!). Marie est humaine, c’est une jeune femme juive membre du peuple choisi et elle nous dit que tout lui vient de Dieu. Fille de Sion, Marie réalise en elle par son oui la destinée du Peuple de Dieu. Ce peuple est constitué au 1er siècle par l’Eglise de la Circoncision et par l’Eglise des nations.

Marie connaît l’histoire de son peuple. Ses parents, Anne et Joachim, lui ont donné le nom de la sœur de Moïse et ils l’ont instruite dans la spiritualité des « anawim », les pauvres de Yahvé. Permettant à la promesse divine de prendre chair, Marie s’inscrit dans la lignée des Matriarches d’Israël : Sara, Rébecca, Rachel et Léa. Chacune d’elle contribue à l’enfantement providentiel du fils de la promesse accompli au temps voulu par le Père.

Sara mère du peuple élu. « Abraham, écoute la voix de Sara, la voix de l’Esprit en elle » (1 S 15.1).

Pierre, dans sa 1ère épître, en fait la mère des croyants.

Rebecca « vierge, aucun homme ne l’ayant approchée » (Gn 24.16).

Rachel bénie parce qu’elle a nourri Joseph de son sein (Gn 49.25). On en retrouve l’écho en Lc 11.27 : « Heureuses les entrailles qui t’ont porté et le sein que tu as tété ».

Léa dont le dernier fils, Juda, (Yehouda) porte un nom qui signifie louange de Dieu, et en raison de quoi elle n’engendra plus après lui. L’écrivain juif Philon d’Alexandrie en donne un commentaire applicable tel quel à Marie, mère de Jésus « sa matrice avait terminé son œuvre puisqu’en elle avait fleuri le fruit parfait ».

D’autres mères citées dans la Bible hébraïque nous parlent encore de Marie.

Yokebed (gloire de Dieu) mère de Moïse le libérateur. Reprise comme épouse par son mari Amram qui voulait la délaisser par désespoir, elle est revirginisée.

La femme de Manoah, mère de Samson : « L’ange du Seigneur lui apparut et lui dit : Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; ce garçon sera consacré à Dieu dès le sein maternel et c’est lui qui commencera à sauver Israël de la main des Philistins ». (Jg 13.5) Totale confiance en la parole agissante de Dieu.

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Anne mère de Samuel. Après avoir connu la souffrance de la stérilité, elle chante une action de grâces à la suite de la naissance d’un fils (2 S 16.10).

« Quant au petit Samuel, il grandissait en taille et en beauté devant Dieu et devant les hommes ». (1 S 2.26)

Pour Jésus, Luc utilisera exactement la même expression.

(Lc 2.52) La mère des jeunes Maccabîm qui assiste au martyre des ses 7 fils, en les soutenant jusqu’au bout dans leur choix de rester fidèles au vrai Dieu (2 Ma 7.27) malgré la persécution d’Antiochus Epiphane.

D’autres femmes de la Bible hébraïque reçoivent le titre de prophétesse. Elles font preuve de responsabilité en accueillant l’appel de Dieu et en chantant sa louange dans des situations difficiles. Marie possède en elle les caractères de ces ancêtres féminins ayant marqué l’histoire de son peuple.

Myriam sœur de Moïse, courage et résistance. Lors du passage de la mer des Roseaux (Ex 15.20), elle célèbre le Dieu libérateur en prenant le tambourin et en chantant le salut de Dieu.

Déborah prophétesse résistante contre l’envahisseur philistin (Jg 4.4), victorieuse malgré le découragement des hommes. Son cantique chante le Dieu unique (Jg 5.1) et l’espérance quoi qu’il arrive.

Ruth étrangère mariée à Booz, qui reconnaît dans le Dieu de son époux le seul vrai Dieu. « Où tu iras, j’irai. Ton peuple sera mon peuple et ton Dieu mon Dieu. » (Rt 1.16).

Ruth et Booz symbolisent par leur union celle de Dieu avec son peuple Israël. « Etends l’aile de ton manteau sur ta servante » (Rt3.9). L’aile qui s’étend est le symbole des épousailles. Lorsque Jésus prie au temple, il s’enveloppe du tallit, châle de prière qui représente l’union de Dieu avec son peuple.

A l’annonciation, l’ange avait dit à Marie : « Le Très-Haut te prendra sous son ombre » (Lc 1.35).

Judith femme juive intelligente et belle, s’imposant des exigences pour vivre selon la loi de Dieu, est confrontée à Holopherne, incarnation des puissances du mal, et elle le tue pour sauver les siens. Son cantique d’action de grâces (Jdt 16.1) est repris dans la liturgie de la Vierge Marie.

Esther résistante face à l’hostilité antijuive, parvient courageusement à éviter l’extermination des siens en prenant des risques et en tuant Amman, mandaté par le roi perse Xerxès.

Dans son cantique du magnificat, on peut dire que Marie reprend et résume tous les cantiques de ces femmes d’Israël. Avec Anne, mère de Samuel, elle chante les bienfaits de Dieu pour le peuple de la promesse.

« Saint est son Nom ! » (Lc 1.48). Barukh Ha Shem, Ha Kadosh, barukh Hu !

Jean a reçu de Jésus Marie pour mère. Comme le disciple donné en modèle, nous pouvons aussi l’accueillir dans notre demeure intérieure : afin qu’elle nous suggère comment vivre dans la bénédiction de Dieu et nous attacher à la Parole vivante de Dieu.

N’oublions pas que lorsque Marie est saluée par l’ange, Gabriel ne lui dit pas « Shalom ! ». Il lui dit : « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi ». Ce qui reprend pratiquement les mots du prophète Sophonie :

« Simhi, Bath Tsion, melekh Israel Adonai beqirbekh », c’est-à-dire : « Réjouis-toi, Fille de Sion, le Seigneur est en toi » (So 3.14).

Marie est saluée comme la Fille de Sion, cœur du peuple d’Israël. Mystère de l’alliance qui prend chair et se poursuit. Car Marie humble servante du Seigneur nous conduit à intérioriser cette histoire sainte sur laquelle nous sommes greffés par grâce. Ainsi elle nous aide à rester conscients de notre enracinement toujours actuel dans la tradition vitale du peuple juif à qui Dieu ne reprendra jamais sa promesse.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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