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Publié par Gaia - Dreuz le 19 août 2018


Des campements ont été attaqués et brûlés samedi 18 août sur fond de tensions entre Brésiliens et migrants vénézuéliens.

Des camps de Vénézuéliens qui ont fui la crise politique et économique dans leur pays ont été attaqués, incendiés et en partie détruits samedi 18 août par des voisins en colère à Pacaraima, une ville du nord du Brésil. Trois Brésiliens ont été blessés au cours des affrontements, a indiqué la police militaire. Cette attaque est la dernière en date dans l’Etat brésilien de Roraima (nord), frontalier du Venezuela en crise, où les tensions montent entre les habitants locaux et les migrants vénézuéliens.

Samedi matin, un commerçant brésilien a été blessé et sa famille a accusé un migrant vénézuélien de l’avoir agressé et volé à Pacaraima, ville de 12 000 habitants auxquels s’ajoutent un millier de migrants qui vivent dans la rue.

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Des camps de migrants incendiés

En représailles, des dizaines d’habitants ont attaqué les deux principaux campements improvisés de migrants et ont brûlé leurs biens, a indiqué le groupe de travail local chargé de gérer le flux migratoire. Des images diffusées par les chaînes de télévision locales montrent des parties d’un camp de migrants incendiées. « Il est connu (le commerçant blessé), c’est un voisin, il y a eu un vent d’indignation lorsque la nouvelle de son vol a été connue. Les gens ont commencé à expulser les Vénézuéliens établis dans la ville, pour les forcer à rentrer dans leur pays », a déclaré à l’AFP un habitant de Pacaraima requérant l’anonymat.

Trois Brésiliens ont été blessés et personne n’a été arrêté, a déclaré un porte-parole de la Police militaire. Aucune indication n’est disponible sur d’éventuels blessés parmi les Vénézuéliens, qui ont pour beaucoup traversé la frontière pour retourner dans leur pays, selon des images diffusées par les habitants de la ville.

Le calme est revenu à Pacaraima pendant la nuit, ont précisé les autorités. Dans un communiqué, le gouvernement du Venezuela a demandé à l’exécutif brésilien de « prendre toutes les mesures de protection et de sécurité » concernant les ressortissants vénézuéliens, « leurs familles et leurs biens ».

« Des coups de feu »

La gouverneure de l’Etat du Roraima, Suely Campos, a demandé à Brasilia des renforts de sécurité pour « faire face à l’augmentation de la criminalité » qu’elle attribue à l’accroissement du nombre de Vénézuéliens dans la région.

Le ministère brésilien de la Sécurité publique a informé qu’il enverrait un contingent de 60 hommes, qui arriveront lundi et rejoindront les équipes déjà présentes dans la région.

Des vidéos filmées par les habitants de Pacaraima, ville frontalière, témoignent de scènes d’affrontements, alors que les rues bordant la frontière étaient jonchées de décombres. « C’est terrible, ils ont brûlé les tentes et tout ce qui était à l’intérieur », a déclaré Carol Marcano, une Vénézuélienne qui travaille dans la capitale régionale Boa Vista et qui était samedi à la frontière. « Il y a eu des coups de feu, ils ont brûlé des pneus ».

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Selon elle, des migrants vénézuéliens ont réagi en s’en prenant à une voiture avec une immatriculation brésilienne, alors que d’autres se sont réfugiés du côté vénézuélien de la frontière.
Des dizaines de milliers de migrants Vénézuéliens au Brésil

L’arrivée massive de Vénézuéliens fuyant la crise politique et économique dans leur pays a créé une situation délicate dans l’Etat de Roraima.

Depuis 2017, plus de 127 000 Vénézuéliens ont franchi la frontière terrestre avec le Brésil, dont près de 69 000 ont poursuivi leur route vers un autre pays, selon les autorités brésiliennes. Et au cours des six premiers mois de 2018, quelque 56 000 Vénézuéliens ont aussi demandé à régulariser leur statut au Brésil, selon les données brésiliennes.

Plus d’un million de personnes ont migré du Venezuela vers la Colombie voisine depuis début 2017, avait indiqué en juin le gouvernement colombien.

En outre, un demi-million de Vénézuéliens se sont réfugiés en Equateur depuis le début de l’année, selon le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR). La majeure partie de ces migrants ont toutefois poursuivi leur route jusqu’au Pérou, voire au Chili.

Source : Lemonde

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