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Publié par Gilles William Goldnadel le 20 août 2018

Si on veut se convaincre, pour autant que ce soit encore nécessaire, de l’hypocrisie de la gauche prétendument antiraciste, le cas de Monsieur Corbyn nous l’apporte sur un plateau.

Voilà déjà plus d’un an, je me désolais encore du silence de la presse convenue, ordinairement à l’affût de tout ce qui peut ressembler de près mais surtout de très loin au racisme, à l’égard de celui de Monsieur Corbyn, leader très islamo-gauchiste du parti travailliste britannique.

Alors même que le terrorisme islamiste ensanglantait l’Angleterre, du pont de Londres jusqu’à Manchester, je vitupérais le fait que nul, des deux côtés de la Manche, ne se soit vraiment intéressé au cas d’un homme qui avait multiplié les contacts avec l’islamisme le plus radical et le plus antisémite.

Las, la presse avait préféré chercher mauvaise querelle à la conservatrice Madame May pour son alliance avec un parti de droite unioniste irlandais, ce qui avait permis à son rival travailliste, pourtant contesté de l’intérieur, de réaliser un score plus qu’honorable aux élections législatives qui lui permettait d’affermir son pouvoir sur son parti.

Déjà, en 2017, les preuves ne manquaient pas contre le patron du parti travailliste anglais : il avait accueilli des délégations du Hamas et du Hezbollah terroristes lors d’une rencontre parlementaire en leur donnant du « mes amis ».

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Après l’avoir nié, Corbyn, peu économe en dénégations, admit avoir rencontré à Londres en 2009 Dyade Abou Jajah, ancien combattant du Hezbollah et leader en Belgique d’un mouvement islamiste radical, la ligue arabe européenne, qui avait organisé à Anvers en 2002 des manifestations communautaires violentes.

Corbyn avait aussi assisté à des réunions du groupe « Deir Yassin Remembered » fondé par le négationniste Paul Eison. Enfin, il était acquis aux débats que Monsieur Corbyn avait tenté, en vain, d’intervenir auprès de la banque HSBC qui venait de clôturer d’autorité le compte de la mosquée de Finsbury.

Une enquête de la BBC avait établi que cette décision était prise afin d’éviter l’inscription du lieu de culte sur un fichier de vigilance bancaire sous la rubrique « terrorisme » en raison de ses activités antérieures. L’interdiction bancaire était aussi liée, selon la BBC, à la présence au conseil d’administration de la mosquée de Mohamed Sawalah, figure des Frères musulmans, soupçonné d’être un ancien commandant du Hamas à Gaza.

Enfin, Corbyn avait participé à Londres, le 12 février 2006 à une manifestation contre les caricatures de Mahomet.

Jeremy Corbyn a déposé une gerbe à la mémoire de plusieurs des terroristes palestiniens ayant assassiné 11 athlètes israéliens à Munich en 1972

À propos des attentats de Paris, le député avait diffusé à la Chambre des Communes une motion qui ne faisait pas allusion à l’attaque meurtrière contre l’hyper casher mais exprimait sa sympathie à l’égard des victimes de l’attentat contre Charlie hebdo.

Nous en étions là en 2017 quand, en juillet 2018, de nouvelles preuves de la radicalité pro- islamiste et de l’antisémitisme de Monsieur Corbyn sont apparues. Jean-Louis Thiériot, essayiste et avocat, les a parfaitement résumées lors d’un entretien dans le Figaro, le 14 août. Il était désormais acquis que Jeremy Corbyn, ainsi que le prouvaient des photos publiées par le Daily Mail dont il avait reconnu la véracité, avait déposé une gerbe à la mémoire de plusieurs des terroristes palestiniens ayant assassiné 11 athlètes israéliens à Munich en 1972.

Ainsi que le rappelait Jean-Louis Thériault, le député d’extrême gauche s’était également opposé à la destruction d’une fresque murale représentant un « juif au nez crochu » jouant avec le monde au Monopoly. Image rappelant les clichés des années 30 et les illustrations du Juif Suss, diffusés à profusion sous le nazisme.

N’en jetons plus. Pour tenter de s’en sortir, Corbyn a fini par admettre « qu’il y avait un problème d’antisémitisme au sein du Labour » mais avec la modestie de s’oublier.

Dès lors, osons cette question un brin irrévérencieuse : la presse française de gauche, antiraciste jusqu’à l’obsession, de Libération au Monde, a-t-elle donné grande publicité à ce qui vient d’être rappelé ? Poser la question c’est y répondre.

On comparera avec les tonnes d’admonestations et d’imprécations qu’aura reçues Monsieur Orban, taxé d’antisémite, pour avoir osé critiquer George Soros, sans la moindre allusion à son judaïsme.

Plus pédagogue encore, Edwy Plenel aura donné une leçon de lutte contre l’antisémitisme à notre hebdomadaire pour avoir consacré sa Une critique au spéculateur hongrois immigrationniste et très généreux avec la presse gauchisante et gentille à son endroit.

Il est vrai que le patron de Mediapart est bien placé, on le sait, en matière de judéophilie attendrie, lui qui, en son âge tendre, avait applaudi au massacre de Munich, faisant ainsi des corbinades avant Corbyn.

Plus fort encore, une opinion récemment publiée dans le Monde aura administré sans complexe les mêmes leçons de lutte contre l’antisémitisme… au Premier ministre israélien, coupable d’entretenir des intelligences politiques avec les dirigeants polonais et autrichiens… et encore a-t-elle oublié Salvini.

Une telle sollicitude est vraiment touchante, mais Le Monde n’aura consacré tardivement cet été qu’un seul article au scandale Corbyn, les griefs étant soigneusement triés, l’accent y étant mis davantage sur son anti-israélisme sans doute un peu radical, que sur un antisémitisme évoqué indirectement avec grande précaution.

Certes, nous n’avons pas attendu l’été 2018 pour savoir combien la presse française a toujours fait montre à l’égard de l’islamo-gauchisme d’une révérence obséquieuse identique à celle dont elle faisait montre il y a trois décennies à l’égard du communisme.

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Nous n’avons pas attendu l’été 2018 pour savoir que l’extrême-gauche française n’avait rien à envier en matière d’antisémitisme ou de complaisance à l’égard du terrorisme islamiste criminel à ses cousins à la mode de Grande-Bretagne.

Entre le maire communiste de Bezons, Dominique Lesparre, qui fait ériger des monuments antisionistes ou qui relaient les messages antisémites de son fils, Clémentine Autain et ses camarades soumis qui veulent se rendre en Israël pour visiter dans leur prison des terroristes ayant assassiné des civils juifs ou ayant projeté de le faire, et le travaillisme en perdition, le cousinage idéologique est effrayant.

Ceci est tellement vrai, que d’aucuns évoquent un complot sioniste et que l’ineffable insoumis, Thomas Guénolé, décernait hier encore sur Twitter un brevet de philosémitisme au leader travailliste.

À la limite, nous ne demandons rien. Dans trente ans, après bien d’autres massacres, ils ne se rendront même plus compte, comme après le goulag, de l’errance dans laquelle ils se trouvaient.

La seule chose utile, que nous puissions souhaiter, c’est que de déconsidérations en déconsidérations, leurs sentencieuses leçons de morale antiraciste, relativement à la question migratoire ou aux autres sujets de société, ne produisent plus qu’un large haussement d’épaules, à moins qu’il ne s’agisse d’un grand éclat de rire.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation de Valeurs actuelles.

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