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Publié par Manuel Gomez le 1 septembre 2018
Hôpital de Constantine

Hier il était question de la saleté et de l’état déplorable des plages en Algérie, mais il y a beaucoup plus grave, mortel même, car si les plages sont sales on peut ne pas s’y rendre pour s’y baigner, mais aujourd’hui il est question des hôpitaux d’Algérie et dans les hôpitaux on ne s’y rend pas par plaisir, bien au contraire.

Or, si les plages sont dans un état lamentable en ce qui concerne les hôpitaux c’est bien pire et l’actuelle épidémie de choléra qui se développe les place à la « Une » de l’actualité.

Les médias algériens s’indignent et déplorent l’état défaillant des services d’hygiène et médicaux du pays et ne comprennent pas l’absence totale de réaction du gouvernement, le silence du ministre de l’Intérieur et de celui de la santé, qui brillent par leur absence de communication.

Un collectif autonome de médecins résidents algériens a lancé le « hashtag » -BalanceTonHosto- accompagné de publications, de photos et de vidéos prouvant l’état lamentable des hôpitaux algériens.

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De très nombreuses manifestations sont maîtrisées violemment.

Le corps médical algérien et une majorité de la population, déplorent que 100 milliards de dinars (Plus de 800 millions de dollars) aient été utilisés pour construire la « plus grande mosquée du Maghreb » alors que cet argent aurait permis la construction de 20 hôpitaux modernes et l’équipement des hôpitaux existants.
Sur les réseaux sociaux les témoignages accablants se multiplient.

L’Hôpital de Sétif, construit en 1934, pour une population de 30.000 habitants, est aujourd’hui le seul CHU présent pour une population de 6 millions d’Algériens sans qu’aucun investissement ait été réalisé depuis un demi-siècle et il manque de tout : Pas d’IRM, le « Scanner » en panne deux jours sur trois, pas d’ophtalmo, ni de dermato, de gastro ou d’urologue. En gynécologie se sont des obstétriciens chinois qui opèrent.

Dans tous les hôpitaux, les médecins ne peuvent même pas pratiquer leur spécialité faute de matériel adéquat.

Les services sensibles, comme la chirurgie ou l’hémodialyse ne sont pas épargnés par le manque d’hygiène et le désordre.

Notamment le Centre de transfusion sanguine de l’hôpital de Béni-Messous où des flaques d’eau stagnantes développent des bactéries dangereuses qui sont vecteurs de maladies par les mouches et les moustiques.

Le centre Pierre et Marie Curie, à Alger, qui est le plus important centre de traitement du cancer, est dans un état accablant : murs dégradés, traces de sang dans les toilettes, insalubrité des lieux.

Le pire étant les délais d’attente, il est quelquefois jusqu’à six mois pour être admis au service des cancéreux, car il est constamment surchargé.

De nombreux patients meurent avant d’y avoir une place.

Selon le Professeur Kamel Bouzid, chef du service d’oncologie, 20.000 cancéreux décèdent chaque année sans avoir pu être hospitalisés.

Dire qu’il y a des patients en phase terminale qui finissent leur vie dans de tels endroits est inadmissible.

A l’hôpital Mustapha Bacha les toilettes et les lavoirs sont infects. Dans les chambres, d’une saleté repoussante, se promènent les cafards et volent les moustiques. Les patients doivent s’acheter eux-mêmes des masques pour se protéger des infections et quelquefois des médicaments car ils ne sont pas disponibles. Les repas doivent être amenés de l’extérieur tant la nourriture est infecte.

Le ministre de la santé a osé dire l’an dernier, à Annaba, que les hôpitaux algériens étaient mieux que les européens. C’est un véritable sketch comique. Tout le monde se méfie des hôpitaux en Algérie, on a même souvent peur d’y aller. Il manque du personnel, du matériel, les conditions d’hygiène sont lamentables. On laisse crever les patients.

En gynécologie, parfois trois patientes se trouvent dans le même lit, têtes bêches.

Le nombre de décès qui aurait pu être évité par manque de médicaments et de matériel est passé sous silence.

Le manque cruel de médecin est devenu un problème national, or, ce ne sont pas les médecins algériens qui manquent, ils sont des milliers mais refusent de travailler en Algérie dans de telles conditions.

L’Algérie est le premier pays fournisseur de médecins pour la France. En 2017, selon le CNOM (Conseil de l’Ordre des Médecins) 9365 médecins algériens exerçaient dans notre pays.

Ils représentaient 25% des médecins étrangers en France, sur 40.354.

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Sur ces 25%, seuls 27% étaient diplômés en Algérie. (41% sont psychiatres, 37% ophtalmologues, 21% des chirurgiens et 16% gynécologues).

Un constat navrant du corps médical français déplore que le niveau des médecins fournis par l’Algérie soit bien inférieur aujourd’hui à ce qu’il était il y a quinze ans.

Le nombre des médecins algériens exerçant en France a augmenté de 56% en 10 ans.

Ils choisissent en majorité (62%) d’exercer comme salariés dans les hôpitaux.

1500 occupent des postes à responsabilité dans nos hôpitaux et ont une ancienneté de plusieurs années.

Après les Algériens viennent les Roumains (le nombre a été multiplié par 7 depuis son entrée dans l’UE, en 2007), puis les Syriens (11%), les Marocains (9%) et les Tunisiens (7%).

Bien entendu, l’état déplorables des hôpitaux algériens ne concernent nullement les « riches » Algériens qui se font soignés hors de leur pays, en Europe, à l’exemple du président Abdelaziz Bouteflika qui a multiplié ses séjours dans les services médicalisés européens, depuis le « Val de Grace » en mai 2013 (son premier AVC), puis en 2016 à Grenoble et, actuellement, à Genève (Suisse) depuis le lundi 27 août.

Et que certains commentaires ne viennent pas souligner ma « nostalgériefrançaise » ou le « temps béni des colonies », l’Algérie m’intéresse parce que j’y ai passé ma jeunesse comme ce serait le cas si je l’avais passé en Provence, en Bretagne ou en Alsace. La seule différence, mais considérable, c’est que ces provinces françaises ont évolué en un demi-siècle et qu’en revanche l’Algérie…mais vous m’avez compris, n’est-ce-pas ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.

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