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Publié par Abbé Alain Arbez le 2 septembre 2018

Un dialogue entre l’abbé Alain René Arbez et le Professeur Georges Abraham, sexologue, à Genève.

ARA : Professeur Abraham, vous êtes né dans une famille judéo-catholique. Vous êtes docteur en médecine et docteur en philosophie. Vous êtes un des fondateurs de la sexologie européenne, et un membre formateur à la Société suisse de psychanalyse et membre d’honneur du groupe de psychiatres genevois. Votre parcours de formation vous donne des références professionnelles pluridisciplinaires, c’est là un atout constructif dans votre approche des problèmes humains ?

PGA : oui, dans le sens où j’ai pu bénéficier de formations spécialisées, comme la neurologie, mais aussi la sexologie aux Etats unis ; ces disciplines m’ont ainsi permis de mettre au point une approche plus complète et plus globale de l’être humain dans sa sexualité. Je me suis également formé à la psychanalyse à Genève avec De Saussure. J’ai enseigné durant 12 ans à la Faculté de médecine de Genève et donné des cours à Turin et à Marseille. Je coordonne la parution du numéro de sexologie de la revue médicale suisse.

ARA : votre écoute des problèmes de sexualité n’est-elle que scientifique ou prend-elle en compte une autre dimension liée à vos convictions humanistes et spirituelles enracinées dans la Tradition judéo-chrétienne?

PGA : lorsqu’un praticien veut aider quelqu’un à soigner ses troubles, il devrait y avoir d’abord une compréhension de certains mécanismes psychologiques mais aussi une vision plus globale de l’être humain, incluant sa dimension spirituelle. Par exemple, je me distancie des neurosciences qui bénéficient certes d’une aura, mais qui ont tendance à réduire l’être humain à des interactions neuronales. Dans cette optique réductrice, le moi est une illusion et la liberté quasiment inexistante. Une vision mécaniste des pulsions de l’être humain n’est pas satisfaisante, ni en terme de diagnostic ni dans un projet de soins de la personne.

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ARA : les médias se sont engouffrés dans le créneau porteur de la mise au jour de problèmes de pédophilie impliquant des prêtres et des religieux, un peu partout dans le monde. Comment avez-vous analysé cette situation ?

PGA : l’Eglise est particulièrement la cible, mais de ces excès peut sortir un bien, en ce sens que l’Eglise peut montrer qu’elle a pris sérieusement les choses en mains, tant dans les procédures, que dans la formation du clergé ainsi que dans la prévention de dérapages dramatiques, non seulement en termes d’image, mais avant tout pour les victimes. C’est bien la seule institution à l’avoir fait, grâce surtout à Benoît XVI qui a exigé la plus grande rigueur de la part de tous les évêques. Ses successeurs ont poursuivi dans le même sens.

ARA : comme vous l’avez constaté, de nombreux médias en profitent pour mettre en cause le célibat comme statut générateur de frustrations sexuelles, ce qui expliquerait la pédophilie. Mais on induit par là que les prêtres seraient tous plus ou moins pédophiles de par leur choix de vie.

PGA : c’est un non sens. Les prêtres ne peuvent pas être pédophiles en tant que tels, mais certains pédophiles ont pu devenir prêtres, comme d’autres ont été attirés vers des professions où l’on rencontre facilement des enfants, dans l’enseignement, l’animation, le sport, etc.

Le célibat n’a rien à voir avec la tendance pédophile. Il est évident, pour tous les observateurs sérieux, que la pédophilie est perpétrée au sein des familles dans la majorité des cas. Le 98% des pédophiles sont des hommes mariés, par conséquent, les prêtres impliqués ne sont qu’un infime pourcentage des pédophiles et de l’ensemble du clergé.

ARA : l’Eglise catholique, à laquelle vous appartenez, est particulièrement montrée du doigt. Qu’en pensez-vous en tant que praticien expérimenté des troubles de la sexualité ?

PGA : professionnellement, je vois qu’il y a de la pédophilie dans tous les milieux offrant un contact de proximité avec des mineurs, par exemple, avec certains moniteurs de sport, des éducateurs, des chefs scouts, des enseignants, des précepteurs, des personnes ayant une autorité. Mais on omet souvent de parler de la pédophilie féminine qui est en augmentation.

ARA : j’aimerais avoir votre point de vue de professionnel sur la responsabilité du pédophile. Est-ce un malade qu’il faut seulement soigner, ou est-ce un citoyen, délinquant sexuel à risques, qu’il faut durement sanctionner ?

PGA : réduire la pédophilie à une maladie et prétendre que les pédophiles ne sont que des malades, serait assez simpliste. Il faut penser aux victimes, des enfants dont la personnalité va être fragilisée et marquée durablement. Les pédophiles sont atteints de troubles de la personnalité, certes, mais ce ne sont pas des irresponsables. La société a le devoir de protéger les plus faibles des agissements de ces personnes qui, par immaturité et/ou perversion, ne choisissent pas une relation sensitive d’adulte à adulte.

ARA : les troubles du comportement chez un homme qui cherche du plaisir avec des enfants sont-ils curables ?

PGA : il y a des variantes. Certaines personnes parviennent à transformer leur état après un travail thérapeutique exigeant, mais rien n’est garanti. Les récidives sont fréquentes. Il faut travailler par rapport à ces pulsions et aider le délinquant sexuel à comprendre ce qui se passe en lui pour maîtriser ses réactions dangereuses. On peut associer la thérapie, les médicaments et pour certains, l’appui spirituel.

ARA : en quelques mots, comment présenteriez-vous cet engrenage complexe qui pousse un adulte apparemment normal à des actes pédophiles ?

PGA : tout le problème réside autour du lien entre sensation et émotion. Comme dans d’autres addictions, telles le tabagisme, la drogue, l’alcoolisme, l’acte pédophile résulte d’un passage direct et incontrôlé de l’émotionnel au sensitif. Si l’émotion prend le pouvoir sur la réflexion, ou sur la maîtrise liée à des critères moraux ou spirituels, alors le dérapage a lieu. Il y a déconnection au niveau de la volonté. Selon le même processus, une personne qui a peur peut entrer dans une rage disproportionnée, et la honte peut devenir excitation agressive, le sentiment religieux peut se dévoyer en délire mystique, la jalousie elle-même peut provoquer des dégâts considérables !

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ARA : quels sont les stimuli de notre environnement actuel dans une société hypersexualisée ?

PGA : la perte générale des repères joue un rôle, sur fond d’individualisme et de jouissance tous azimuths. La culture ambiante a donc un impact déterminant sur toutes les problématiques en sexologie. Mais dans le traitement des cas individuels, un symptôme, quel qu’il soit, a toujours un sens, une utilité pour la personne en cause.

ARA : comment voyez-vous la tendance actuelle ?

PGA : l’érotisme est banalisé, dévalorisé, d’où la recherche de sensations ailleurs, même dans la perversion.

ARA : en conclusion, quelles recommandations formuleriez-vous par rapport à la question de la pédophilie et du risque dans l’institution ecclésiale?

PGA : le souci de la formation des prêtres, la vérification de l’équilibre psycho-affectif des candidats, et ensuite un accompagnement par un tuteur de proximité dans les divers ministères confiés. J’ajoute qu’il faut distinguer entre sexualité et génitalité : une personne ayant fait un choix de vie abstinent a toujours une sexualité, mais sans activité génitale, ce qui suppose un ancrage solide dans des valeurs spirituelles, afin de gérer ses pulsions, et un engagement altruiste impliquant une authentique maîtrise de soi.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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